Mardi 22 avril 2008


Les 5, 6, 7, 8, 9 avril 2008,

En attendant de surfer au gré de l'histoire en train de se vivre au jour le jour.... Quelques photos de plus dans l'album "Saint-Martin"...
La suite après la photo du mouillage...

 

 

 

 


























Retrouvailles émues dans l'ambiance tropicale de l'île de Saint-Martin.
A peine le tarmac foulé, en sortant de l'aéroport, on est happé, enveloppé par une brume de chaleur...
Quelques averses sporadiques sur la route, en taxi, avant d'atteindre le mouillage de Marigot Bay et de s'apprêter à monter en annexe... L'annexe avec son moteur flambant neuf...!!
Les navires se côtoient dans ce vaste espace, et oscillent doucement au bout de leur chaîne, installés dans une eau d'un vert saisissant, surréel. Les fonds de sable blanc donnent à l'océan cette coloration menthe à l'eau. 
Dans ce mouillage, protégé par la houle du nord, on coule des jours tranquilles, sereins, constamment éblouis, par l'intensité d'une lumière qui explose à la rétine et se répercute, le long d'un panorama ponctué de couleur...
Blue Wave, parfaitement à son aise, a trouvé un espace idéal, à proximité de la digue. La houle s'y fait discrète, le ponton des dinghies est tout proche, ce qui évite d'être arrosés à chaque navette entre la terre et le bateau.
Ce ponton dessert la gare maritime, qui assure un trafic intense entre l'île d'Anguilla et l'île de Saint-Barthélémy et permet d'accèder à un marché artisanal aux coloris chatoyants. On y trouve pêle-mêle, bijoux, poteries, vanneries, tissus, paréos ondoyant au rythme de la brise des alizés.
La marina, en plein coeur de la ville est à 5 minutes du mouillage, nous y retrouvons l'équipage de Lady Jo. autour d'un ti-punch réglementaire... Le soir, promenades le long du front de mer bordés de terrasses de café, de restaurants créoles, de commerces chics et luxueux.
De nombreux lieux d'excursion s'offrent à nous. Nous débutons par une escalade vers le Fort Louis, construit en 1789. De ce point culminant, on domine un vaste paysage, de mornes, de vallées, de maisons en pointillé de couleurs, de bateaux éparpillés sur l'immensité, d'océan aux tonalités d'un bleu profond, contrastant avec le vert d'une grande douceur aux abords de l'île.
On y aperçoit Anguilla. Nous prévoyons entre autres projets d'y aller en bateau. Des sites de snorkling de toute beauté, en perspective...
Toutefois, avant de s'adonner à un programme complet de balades paresseuses, de découvertes magiques, une installation s'impose... Celle du régulateur d'allure...
Le mousse, zélé et studieux, a ramené de La Rochelle, quelques clichés, pris en direct de l'atelier du fabricant. Précaution nécessaire afin que nous puissions déterminer la pièce qui pose problème, la remettre en l'état par nos propres moyens, ajuster ensuite les éléments au millimètre près (ça s'est moins sûr) et assembler ensuite les pièces (il faut pour cela outre une dextérité sans faille, une patience inébranlable...).
Opération, donc, plus longue, complexe et laborieuse qu'il n'y paraît au premier abord !!... Maintenant, il ne reste plus qu'à tester l'efficacité du régulateur... Les prochaines sorties en mer permettront de vérifier son bon fonctionnement de barreur...
Nous tremblons un peu, et sommes sceptiques quant au résultat...
A propos de sorties, il va falloir se décider... Nous étudions les cartes...  Que faisons-nous, où allons-nous ? Nous n'avons, il est vrai, que l'embarras du choix...
Ne serait-ce qu'à Saint-Martin où se multiplient à foison les mouillages tentateurs.
Friar's Bay ; Happy Bay ; Grand Case, qui est paraît-il "le" mouillage, le plus pittoresque de l'île, escale incontournable pour un premier ou dernier jour de croisière ; l'Anse Marcel, aux eaux, toutefois, légèrement rouleuses ; Pinel Island, haut lieu du tourisme Saint-Martinois. Ou alors, peut-être l'îlot Tintamarre aux eaux cristallines, parcourues de longs reflets turquoise. Ce petit bout de terre, en forme de mirage ou de miracle, c'est selon... fait partie de la Réserve naturelle. Son labyrinthe de coraux abrite des quantités impressionnantes de poissons tropicaux,  évoluant au coeur d'une végétation sous-marine, récupérant doucement des méfaits infligés par le cyclone Luis en 1995. Cette configuration est en fait un site de snorkeling impressionnant de beauté... selon les échos de mouillage et de ponton. Mais, ça n'est pas tout, Green Cay, située à proximité de la plage de la Baie Orientale, internationalement connue sous le nom d'Orient Beach, recèle également des merveilles sous-marines... Plus loin, le Rocher créole, nous tend les bras, ou alors Oyster Pond pour décoller en fin de parcours vers l'île de Saint-Barth...
Décidément, l'île de Saint-Martin regorge de trésors infinis. Elle regroupe trois grands écosystèmes caractérisés par la mangrove, les herbiers de phanérogames marins et les récifs coralliens...
Y circule une faune abondante et diversifiée. Le Parc marin de la Réserve naturelle est situé sur un important plateau qui s'étend de l'île d'Anguilla à Saint-Martin et à Saint-Barthélémy. La profondeur de cet espace ne dépasse pas trente mètres. C'est là que les mammifères marins comme les grands dauphins et les baleines à bosse ont établi leur zone de prédilection pour la chasse et les parades amoureuses.
Nous verrons, lors de nos promenades en mer, si nous avons la chance d'en croiser quelques uns sur notre route... Les tortues y font également quelques apparitions inédites... Mais, on rencontre plutôt celles-ci, au moment des plongées, au niveau des fonds rocheux...
Avant de se décider sur la conduite à tenir, nous filons en bus à Philisburg en compagnie de Bernard, devenu un inséparable complice...
Dans le centre-ville, on trouve quantité de boutiques "duty free", de nombreux produits hors taxe sont commercialisés à des prix défiant toute concurrence...
Farniente sur le front de mer face à Great Bay où nous constatons que les bateaux roulent et se dandinent en permanence sous l'impact de la houle...
La mer aux scintillements vert intense hypnotise, ensorcelle. Un soleil impitoyable darde ses rayons. Nous n'avons plus le courage de bouger et d'aller plus loin. Quelques bières fraîches plus tard, permettent de récupérer l'énergie suffisante pour déambuler sous les palmiers et les cocotiers bordant de leurs branches langoureuses, la longue promenade.
Coupe de cheveux indispensable pour les "garçons" chez un barbier local, oeuvrant avec grande dextérité. Dans la soirée, nous louvoyons entre les innombrables boutiques de bijoux pour rejoindre le bus. Cette prolifération de dorures, de gemmes, de pierres, de joyaux est pour le moins surprenante... Nous n'en avons jamais vu autant, concentré dans un espace aussi restreint. Y a t-il autant de touristes acheteurs, que de bijoux à vendre ?...  
Notre projet de destination s'affine, se profile avec plus de netteté... Bernard avec son grand sens de la persuasion, nous vante les charmes des îles Vierges britanniques, nous exhorte à y aller... Nous expliquant qu'il est impossible de venir ici à Saint-Martin sans aller découvrir ces merveilles de la nature... Son discours loin de nous laisser indifférents, fait battre en chamade, nos coeurs d'aventuriers, amateurs d'inconnu et de terres nouvelles.... Le hic, aurons-nous suffisamment de temps, pour profiter de notre séjour sur place, le co-équipier de Joël arrivant le jeudi 17 et sachant que pour revenir, nous allons nous retrouver confrontés à un prés serré, des plus inconfortables... 
En prévision de ces escapades, nous pourvoyons à l'avitaillement du bateau... Les équipets se remplissent... Eau douce, gasoil...
C'est autour d'un ti-punch, pris en commun avec les amis de Bernard, fraîchement débarqués de la Métropole, que nous prenons notre décision...
Les Vierges pèsent décidément trés lourd dans la balance de nos désirs de voyage...
Demain, jeudi à la tombée de la nuit, nous remonterons l'ancre en duo et filerons, poussés par un vent portant, sous les étoiles, vers ces îles tellement prometteuses.... 



 
par Joêl publié dans : Rencontres et Découvertes
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Jeudi 3 avril 2008

Les 27, 28, 29, 30, 31 mars 2008,

Après quelques angoisses et sueurs froides, l'ordinateur est de nouveau opérationnel. Au hasard d'une rencontre dans un bar wifi, une connaissance providentielle, grâce à de judicieux conseils, m'a permis de récupérer les fonctionnalités de mon indispensable outil de communication.
 Il me semble que celui-ci est également salé et quelques peu encrassé. Un nettoyage minutieux est à prévoir... 
Récemment, je me suis occupé du carénage de la flottaison du bateau, encrassé lui aussi. Opération indispensable, pour les escapades futures prévues dans les îles Vierges. Si le temps le permet !! Projet qui n'a actuellement rien d'une certitude, étant donné les mauvaises conditions météo.  
Parmi les aventures minuscules, résultats d'une vie trépidante au port, j'en ai vécu une, particulièrement inédite...
Je revenais sur Blue Wave, en annexe, muni d'un balluchon de linge, que j'ai voulu expédier dans le cockpit. En manoeuvrant, j'ai malheureusement glissé, l'annexe a fait un grand bond en avant, j'ai basculé de mon côté en arrière, la moitié de mon corps suspendu au-dessus des flots, sans pouvoir me redresser !! Il ne restait plus d'autre solution que de me laisser basculer dans l'eau avec mon linge. Mon petit paquet est parti à la dérive d'un côté en bouchonnant, tandis que l'annexe glissait sur l'eau, emportée par le courant. Non sans mal, j'ai réussi à récupérer, in extremis ma précieuse annexe, ainsi que mon paquet de linge... 
Le temps reste mi-figue, mi-raisin. Les pluies, avec vent soutenu, sont relayées par des grains, avec rafales puissantes !! C'est dire !... Ce scénario dure depuis une huitaine de jours environ. De quoi plomber le moral...
La houle omniprésente, tenace, persistante secoue, malmènne sans pitié les bateaux installés au mouillage.
Des programmes de visite en perspective.
Nous partons faire le tour de l'île avec Bernard... Avant de s'adonner aux joies du tourisme, ce dernier doit m'aider à nettoyer  l'hélice sous le bateau qui est dans un état de saleté redoutable...
Puis nous partons, ensuite, bras dessus-bras dessous, tantôt en bus, tantôt en stop, "pérégriner" de baies en anses, de plages en sentiers avec vue imprenable sur l'océan...
Nous découvrons ainsi la baie de Grand'Case, deuxième agglomération de la partie française de l'île. Celle-ci dispose d'un petit aéroport assumant les liaisons avec la Guadeloupe et Saint-Barth. Certains navigateurs préférent ce mouillage à celui de Marigot pour des raisons économiques. Mais il paraît que celui-ci peut s'avérer rouleur par vent établi de Nord-Est.
Nous poursuivons par l'anse Marcel, réputée bon abri, sauf par houle de Nord.
 Nous visitons, la marina de Port Lonvilliers. Infrastructure touristique avec hôtel "haut de gamme", appartements d'architecture créole, restaurants, nombreux commerces...
Nous continuons sur Oyster Pond, mouillage particulièrement redouté par les plaisanciers par mer houleuse. De nombreux balisages permettent d'y louvoyer sans risques majeurs. L'endroit est agréable...
Le soir, fourbus, assommés par le soleil, nous aspirons à une pause réconfortante et surtout revigorante... Nous rejoignons Simpson Bay, situé parès de l'aéroport, fief névralgique de la nuit, avec nombreux restaurants, bars... pour y festoyer, dans un restaurant argentin... Ambiance conviviale et chaleureuse. Nous rentrons au milieu de la nuit, véhiculés par un bus de ramassage ouvrier.

Pour l'instant, bien installé dans le mouillage,  blotti à l'abri près du rivage, je subis en pointillé les soubresauts de la houle, j'y vis donc dans un relatif confort. Malgré tout, je commence à ronger mon frein !!  Un désir de grand large se fait sentir depuis plusieurs jours... Des envies de départ, d'inconnu, de nouveauté.... de palpitations au gré des vagues, au détour de la luxuriance des îles croisées sur le chemin... 
Entre jalons, balises, amers, pistes et chemins de traverse... De nombreuses invites, en forme de pépites... Archipels éparpillés à portée d'étrave...    
         

par Joêl publié dans : Rencontres et Découvertes
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Lundi 10 mars 2008

Les 4, 5, 6 mars 2008

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Maintenant que le  laborieux chapitre du moteur est clos, je vais pouvoir rejoindre l'archipel des Saintes. Je commence à avoir une certaine connaissance du parcours...
Alors même que je sors du port et avant de m'engager dans la passe pour rejoindre le large, j'envoie la Grand-Voile. A ma consternation, je constate que la manille s'est détachée de la têtiaire de la Grand-Voile. La drisse virevolte au dessus des barres de flèche, dans un grand mouvement de balancier... Il ne me reste plus qu'à faire demi-tour, à revenir m'amarrer sur un ponton de la marina, afin de trouver une solution rapidement.
Un voisin voileux m'indique qu'il n'est pas nécessaire de monter au mât pour faire la manoeuvre. Il suffit d'entortiller la balancine autour de la drisse de Grand-Voile, de tirer l'ensemble pour récupérer cette dernière. Ce conseil astucieux me permet de régler le problème.
Je largue de nouveau les amarres vers 10H30, en me posant la question de savoir quelle sera ma prochaine destination. Finalement, est-ce que je décide d'aller aux Saintes, comme prévu initialement, ou alors, est-ce que je file directement sur Deshaies ? J'opte pour la deuxième solution. Toutefois, je n'ai pas intérêt à traîner en chemin si je veux arriver avant la tombée de la la nuit ! Je n'aimerais pas me retrouver empêtré dans les casiers de pêcheurs, nombreux sur la côte et difficile à distinguer sur l'espace mouvant de l'océan, en pleine obscurité...
Je vais essayer d'atteindre mon but dans les temps, en m'aidant du moteur. Je fais route en direction de Basse-Terre. Basse-Terre est montagneuse, abrupte, son point culminant, le volcan de la Soufrière domine le paysage. La côte, ponctuée de bananeraies, de champs de canne à sucre, alternent au milieu de la forêt tropicale, plongeant directement dans la mer. Je double, sur mon parcours, quelques bourgades de ce littoral ouest : Vieux Habitants, qui est l'une des plus anciennes commune de la Guadeloupe, du côté Caraïbe ; Bouillante, dont le nom provient des multiples sources d'eau chaude situées sur le territoire communal. Bouillante est surtout connue comme étant la capitale de la plongée sous-marine. La réserve Cousteau est située à proximité des îlets Pigeon. C'est ici que Jean-Yves Cousteau a tourné une partie de son célèbre documentaire : "Le monde du silence"... Les fonds marins comprennent de nombreuses espèces de coraux, gorgones, éponges, poissons tropicaux ainsi que des langoustes et de nombreuses tortues. En janvier-février, il est possible d'y entendre le chant des baleines à bosse en pleine parade nuptiale au large. Mais, de passage... Trop rapide... Je n'ai rien entendu... Pourtant j'ai tendu l'oreille...
Je poursuis ma route, en passant devant Pointe Noire... c'est ici que les férus de Zouk Love viennent de toute la Guadeloupe pour chalouper à la discothèque "l'espace Vaneau"...
J'approche de Deshaies, après avoir maintenu une belle moyenne de 6,5 noeuds. Cette baie est une des plus profondes et des mieux protégées de la côte Caraïbe.  "La Haye" est d'ailleurs le lieu de la côte où l'on peut faire escale, et qui est donc à l'origine du nom de la commune. Cette baie servit d'abri aux aventuriers de la flibuste et autres corsaires.
Je place le bateau à côté du Grand Morne. L'endroit est d'un calme presque suspect... Une réunion se déroule sur la place publique en prévision des élections municipales... Pour l'instant, "La haye" mérite son appellation de havre...
C'est vers 20H30 que les évènements se précipitent. Un vent furieux descend en trombe des montagnes environnantes, s'engouffre avec violence dans le mouillage et fait grincer, hurler, gémir, drisses et haubannages. 
Les bateaux réunis se mettent à tourner en tous sens...oscillent dans une sarabande inquiétante...
La nuit fut un véritable enfer. Le vent s'intensifie... Tous les skippers et propriétaires de bateaux ont préféré rester de garde, à surveiller les alentours... En prévision de décrochages éventuels.... munis de lampes torches...
Je n'ai donc pas fermé l'oeil de la nuit...
A 8 H, le lendemain matin, je prends la décision de partir de cet endroit mal famé... Décidément, cette année aux Antilles est une "année à vent", paroles de locaux...!! 
Je prépare le bateau... Trinquette à poste, 3 ris dans la Grand-Voile... Cap sur Antigua, située à environ 50 milles... Le vent souffle à 30 noeuds.... Mais, il est bien placé, est-sud-est. Je vais pouvoir naviguer au bon plein...Le bateau cogne, tape dans la vague. Les embruns explosent, tournoient dans l'air avant de rebondir sur le rouf dans un grand jaillissement d'écume... Blue Wave progresse, avance sans faillir dans les lames. Le cap'tain, brassé dans tous les sens commence à ressentir douleur et inconfort dans le dos, les épaules, les cervicales... Trempé de la tête aux pieds, le regard fixé sur l'horizon, il distingue une terre qui se précise au fur et à mesure de sa progression.... Antigua étire son profil sur l'eau aux reflets d'ombre... 
Je trouve l'entrée, trés bien "cachée", d'ailleurs réputée difficile à trouver...
Qui vois-je en arrivant dans ce mouillage, bien abrité, Lady Jo. se dandinant tranquillement. L'équipage fait la sieste après une navigation houleuse, effectuée la veille. Nous évoquons les perturbations récentes, engendrant des problèmes de sommeil dans les mouillages. Nous allons nous reposer quelques jours sur Antigua avant de partir en direction de Saint-Kitts.
Demain, un programme de découverte de l'île nous attend...

par Joêl publié dans : Rencontres et Découvertes
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Samedi 1 mars 2008

Les 24, 25, 26, 27 février 2008,

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Après une soirée de bamboche avec mon voisin de ponton ... Histoire d'effacer la nostalgie du départ que l'on ne voudrait pas voir s'inscrire dans le calendrier du coeur, le cap'tain se retrouve en solo, sur son bateau, l'âme en peine, mais le regard restant fixé sur l'horizon... 
Il y a tant de perspectives de visites dans cette grande île, dont les habitants portent le doux nom de Pointois... Les Abymes, l'Anse Bertrand, Bouillante, Capesterre, Belle-Eau, Deshaies, Morne-à-l'Eau, Petit-Bourg, Pointe-Noire, Trois Rivières, Vieux Habitants et tant d'autres...  
Une diversion, en ce dimanche qui prenait le ton de la morosité, une rencontre au détour d'un ponton. Un marin à la recherche d'un bateau. En duo, nous visitons de nombreux navires ensemble. Ce dernier a besoin des conseils avisés d'une personne s'y entendant mieux que lui dans le domaine du nautisme. On s'en donne à coeur joie... Il souhaite s'acheter un bateau pour partir... C'est évident.... Mais pas n'importe où... A Tahiti... Comme nous avons sympathisé, il me propose de l'accompagner dans son prochain périple... Me voyant seul et apparemment libre comme l'air... Mais, je lui explique ma réalité à moi, mon retour, prévu en Métropole, mi-mai... Nous échafaudons de nombreux projets autour d'un apéritif prolongé , le fameux "feu des Antilles"... Ce subtil trio rhum, sirop de canne, citrons verts... qui inspire et fait s'envoler les esprits... 
Je prends le temps de m'occuper du bateau, grand rangement, nettoyage, lavage des vaches. Courses-avitaillement, lessive...
Mardi, je retrouve l'équipage de Lady Joséphine au grand complet. De La Dominique, ils ont fait escale à Marie-Galante, ces petits veinards...  Ils arrivent, tous les quatre, sur leur dinghy, après avoir accosté sur un des pontons, plus proche des commerces et commodités, mais plus bruyant. Dîner sur leur bateau.
Nous prévoyons de naviguer vers Antigua en flottille... Nous allons d'abord faire une étape sur les Saintes, puis nous diriger vers le mouillage de Deshaies, situé au nord de la Guadeloupe, en Basse-terre, avant d'envisager une traversée plus conséquente, totalisant une cinquantaine de milles vers Antigua. 
Je m'occupe de remplir de nombreux réservoirs : eau potable, gasoil, essence pour le moteur de l'annexe...
Le 27, visite de Pointe-à-Pitre, avec les copains navigateurs de Lady Joséphine. De la Place de la Victoire, au musée Saint-John Perse, de la cathédrale Saint-Pierre au musée Victor Schoelcher. Les petites rues commerçantes nous conduisent au marché. Un envoûtement pour les narines... Outre, les senteurs de citronnelle, de basilic, la muscade, le curry, la cannelle, le café dominent dans ce festival d'odeurs. Les étals regorgent d'avocats dodus, de fruits à pain, de bananes légumes, de bananes fruits... Les goyaves s'entassent en grappes à côté des pommes cannelles rutilantes, les caramboles jaune-orangé déploient leurs pétales à proximité de la tête touffue des ananas, les oranges caraïbe se confondent avec les citrons verts, les grosses baies vertes, ovales et allongées des papayes contrastent avec la peau orangée, tachetée, des prunes de cythère... L'ammoncellement, le foisonnement déborde, envahit l'espace. Nous circulons entre les allées, ne sachant plus quoi choisir. Les différents produits, rhums arrangés, épices sont moins chers qu'au marché de Fort-de-France en Martinique.
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Au retour, halte dans un bar wifi, pour envoyer des messages, des photos, des nouvelles.
Le temps mitigé, oscille entre ciel bleu et lourds nuages menaçants de gros grains.
Le vent n'arrête pas de souffler fort et frais...
Vendredi, je devance Jacky et sa bande, je retourne dans le mouillage de Terre-de-Haut, dans l'archipel des Saintes. La vie dans les ports n'est pas des plus économique. Envie de changer d'air... Dernière étape avant un ultime retour sur la Guadeloupe...
par Joêl publié dans : Rencontres et Découvertes
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Mardi 19 février 2008

Les 13, 14, 15, 16 février 2008,

La boucle est bouclée au niveau des préparatifs. Avant d'aller découvrir d'autres horizons du côté du grand large, des amis martiniquais viennent nous rejoindre pour passer la journée sur le bateau. Discussions et échanges, entre soleil, grains par intermittence, le vent poursuit ses saccades et danse en rafales.
Jeudi, une légère accalmie s'annonce. Nous levons l'ancre du mouillage du Marin, sous la menace de sombres nuées, gravitant à toute allure dans un ciel mi figue-mi raisin...
Vestes de quart pour se protéger d'une pluie diluvienne. Arcs en ciel déployant leurs couleurs surréelles. Poussés par un vent nord-nord-est soufflant à 20 noeuds, nous filons au bon plein, sous trinquette et Grand Voile à 2 ris.
Nous longeons, bousculés par la houle, la Pointe Borgnesse, la Pointe Figuier, apercevons le village de Sainte-Luce. Déjà en face de nous, se profile la masse imposante du rocher du Diamant. La mer, particulièrement agitée à cet endroit, malmènne notre embarcation. Des rafales couchent le bateau sur son flanc babord. Quelques vagues pernicieuses sautent sur le pont et éclaboussent tout sur leur passage. Après avoir été douchés par les grains, les vagues tourbillonnantes nous salent copieusement au passage. Nous approchons de la Pointe du Diamant, la doublons dans des geysers d'écume et poursuivons notre trajectoire en direction des Anses d'Arlet. A la hauteur de la Pointe de la Baleine, le vent s'intensifie. Des rafales à 30, 35 noeuds en plein dans le nez du bateau, nous oblige à mettre le moteur. Nous ne pouvons envisager de progresser uniquement sous voiles à cette allure... A la Pointe du Bout, nous avons l'impression que nous ne pouvons plus avancer du tout, le bateau fait du sur place. Il est question de faire demi-tour pour aller mouiller dans la Grande Anse d'Arlet. Nous effectuons une dernière tentative en mettons les gaz plein pot... Grâce à cette poussée diesel, nous avançons péniblement à 2 noeuds. Quelle épreuve... Nous arrivons, enfin, dans l'Anse Mitan. Où nous comptons rester 2 jours. Le mouillage est laborieux ! Peu de place où s'installer, un vent furieux s'engouffre entre les navires. Belle manoeuvre d'ancrage réussie du premier coup ! Le bateau se stabilise. Nous allons découvrir les lieux auec l'annexe entre les averses. De nombreuses belles boutiques sur cette Pointe du Bout. Endroit trés touristique ne présentant à notre goût que peu d'intérêt. Nous retrouvons sur place, des amis rochelais au détour de la marina.
La pluie, le vendredi, envahit le paysage. Pas un coin de ciel bleu... Pas la moindre perspective d'une éclaircie... Serons-nous condamnés à rester cloîtrés dans le carré ? Finalement, les nuages, chassés par le vent furieux, éloignent les grains devenus, décidément, trés envahissants... Nous en profitons pour aller passer la journée à Fort de France, en empruntant le bateau passeur... Les rues grouillantes de monde et d'animation. Le marché aux senteurs parfumés réservent de belles surprises. Des étals chargés de papayes, goyaves, bananes, citrons verts... épices aux senteurs suggestives, rhums arrangés. Nous remplissons notre panier... des agapes futures à préparer... Un livre de recette indispensable pour mettre en pratique de nombreuses gourmandises pour un ti-manger.  
Après une dernière nuit agitée au mouillage, nous levons l'ancre afin d'aller en face du village de Saint-Pierre, situé au nord de l'île. Point stratégique pour effectuer, ensuite, la traversée vers la Dominique. Le temps selon les pronostics de la météo est en voie d'amélioration. Sceptiques, nous demandons à voir...
Le jour de notre départ, un bon vent d'est nord-est d'environ 15 noeuds, guilleret et de bon augure, permet de progresser de façon tout à fait honorable et de profiter de la beauté des côtes escarpées. Les pitons austères s'élèvent vers un ciel plus serein. Nous dépassons Case-Pilote, Bellefontaine, Le Carbet et arrivons en fin de matinée sur Saint-Pierre.
Mer étincelante aux fonds transparents. Le mouillage roule un peu. Pour l'instant, rien d'inconfortable. Après une sieste nonchalante, nous allons visiter le village... au pied de la Montagne Pelée... 

par Joêl publié dans : Rencontres et Découvertes
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Mardi 12 février 2008

Les 9, 10, 11, 12 février 2008

Le marin solitaire a enfin retrouvé son second tant attendu (débarquée à Fort de France le 9)  et s'apprête à vivre en sa compagnie, de nouvelles aventures terriennes et bien entendu maritimes. Les retrouvailles se fêtent dignement en trinquant, quelques verres de ti-punch !! Le second constate que le vent n'a pas failli en intensité depuis son départ, un mois plus tôt... Blue wave, depuis samedi, se trouve de nouveau à l'ancre, dans le mouillage du Marin.
Ambiance survoltée dans le bar wifi, où nous essayons, actuellement, tant bien que mal, d'aligner trois phrases cohérentes, au milieu d'un brouhaha de conversations se répercutant dans toutes les langues et d'une musique tonitruante... Ca balance, ça swingue en continu au niveau cacophonie... Tempête de bruit, choc des décibels... Concentration en berne.... Mais essayons malgré tout de rassembler nos idées et de récapituler dans un semblant d'ordre chronologique les derniers évènements intervenus dans nos existences mouvantes.
Le cap'tain ayant loué une voiture, cette sage intitiative a permis de partir à la découverte de cette île jardin qu'est la Martinique.
Dés dimanche, nous filons vers le nord, en compagnie, de l'équipage du bateau Tymor, Jean-Louis et Christiane. Nous longeons la côte au vent, versant atlantique. Les routes sinueuses permettent d'aborder des panoramas vertigineux aux contours luxuriants. Bananeraies, champs de canne à sucre, têtes chercheuses des cocotiers ployant sous la brise, flamboyants, arbres du voyageur, baies aux eaux miroitantes, étincelantes, clignotant sous les rayons d'un soleil intermittent.
Nous allons prendre quelques repères et découvrir le mouillage du Robert. Notre périple nous emmène ensuite sur les routes intérieures de l'île. On se croirait dans une jungle. La végétation s'entremêle dans un fouillis inextricable, de lianes, de fougères arborescentes, de démesure végétale. 
Quelques cascades et points d'eau. De nombreux virages en épingles à cheveux. Après avoir dépassé Morne Rouge, et avant d'atteindre le village de Saint-Pierre, nous admirons la somptuosité du site au pied de la Montagne Pelée.
Nous voulions visiter la distillerie Depaz. Mais le dimanche, tout est fermé...C'est l'heure d'une pause face à la mer des Caraïbes.
 Assiettes créoles prises les pieds dans l'eau. Plus tard, c'est en sortant du village de Saint-Pierre que nous attrapons un regrettable accident de voiture... Dans les petites rues étroites, un refus de priorité à droite et la journée insouciante prend du plomb dans l'aile. La voiture de location devient inutilisable. Constat, discussions, contacts téléphoniques, mise en relation avec le société de location, arrivée d'une dépanneuse, retour sur Fort de France, changement de véhicule de location, j'en passe et des meilleures... Au final de cette malencontreuse aventure, plus de peur que de mal. De la tôle froissée et beaucoup de temps passé à négocier et régler les détails administratifs .
Dés le lendemain, profitant de la location, nous décidons de diriger nos pas sur Rivière Pilote et visiter la distillerie La Mauny. Dégustation de rhums, papilles en extase. Quelques bouteilles vont lester les cales du bateau... N'ayant pas agi en égoïstes, nous avons pensé à certains d'entre vous !! Mais il faudra faire preuve de patience et attendre le retour du Grand Voyageur pour tremper ses lèvres dans ces breuvages aux arômes envoûtants...
Par de toutes petites routes en lacets, dominant des sites aux perspectives saisissantes, nous rejoignons la Rivière Salée. Visite de villages d'artisans, retour sur le Marin. Nous avons rendez-vous ce soir avec Guillaume, un collègue de travail de Joël et toute sa famille. Les hasards des voyages et des rencontres ont fait que nos routes se sont croisées... Soirée trés conviviale...

Depuis, ce matin, le vent a forci.... Déjà intense, ces jours derniers, il gagne encore en puissance...
Journée consacrée aux préparatifs de départ : avitaillement en eau, gasoil, nourriture... Demain, retrouvailles avec des amis martiniquais. Jeudi, nous remontons sur la côte, dans le mouillage de Grand-Anse.  
 

par Joêl publié dans : Rencontres et Découvertes
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Dimanche 9 décembre 2007

Les 5, 6, 7, 8 décembre 2007

Malgré la présence de la jungle à proximité qui appellent à l'exploration, et de nombreuses possibilités d'excursion, il faut poursuivre les travaux et réparations sur le bateau.
 

Près du port de commerce, les coques des bateaux de bourlingueurs cohabitent. Les traces et stigmates de chocs sur les coques délavées par le temps, évoquent d'inoubliables péripéties et de longues histoires de mer. Mais, ça fait une éternité que la plupart d'entre eux, n'ont pas connu les soubresauts joyeux des vagues, battant la chamade, le long de l'étrave. Prt-degrade--de-canne-005compress--.jpg  Prt-degrade--de-canne-009colpress--.jpg

  
Vision du port dans lequel, le Cap' coule des jours caniculaires et laborieux !!! 
Parmi les multiples occupations, gonfler l'annexe et caréner la ligne d'étrave autour du bateau ont fait partie des opérations rendues délicates par un clapot rageur, trempant le capitaine des pieds à la tête... Pour ce qui est de l'électricité à bord, les deux batteries neuves remplissent leur office. Il est probable qu'il faudra en faire l'acquisition de nouvelles aux Antilles. Mais à chaque jour suffit sa peine !! Les panneaux solaires ont été remis à niveau, leur position actuelle, semblent mieux adaptée. Au milieu des activités de préparation, les conversations avec le voisinage battent leur plein. J'ai récemment siroté un ti-punch avec un breton, originaire de Concarneau, dont la mission en Guyane, est de travailler comme grimpeur en plein coeur de la forêt vierge, pour le compte de scientifiques. Afin d'appréhender cette mission pour le moins atypique, ce breton téméraire, m'a prêté un cédérom qui explique en détails l'ensemble de ses responsabilités. D'autre part, un constat, beaucoup de Brésiliens viennent en Guyane pour trouver un emploi, mais ils sont exploités, sous-payés par les entreprises qui font appel à leurs services. Les échanges de pontons permettent de découvrir des situations douloureuses. Les résidents de cette marina, habitent ici depuis lontemps, ils possèdent un regard renseigné sur les modes de fonctionnement de la société locale. 
Le départ approche... Ce qui implique Courses avec un C majuscule. Les équipets vont se remplir à ras bord, de denrées en prévision des fêtes de Noël. En Guyane, que c'est cher !! Entre 20 à 30 % supérieur aux prix de la Métropole... Un point positif,  on revit, au détour des allées de supermarché, rafraîchi, par une climatisation revigorante... Mais... en sortant... on atteint des pics de liquéfaction....Dehors, il règne une chaleur mortelle... Bientôt, le vent des alizés, soufflant dans les voiles va permettre de nouveau, de ventiler et d'aérer, un cap'tain fourbu.
Le fruits et les légumes apparaissent à foison sur les marchés locaux :
       IMGA0200compress--.JPG  On ne sait plus où donner de la tête, choisir entre les goyaves, les ananas, les papayes, les bananes, les maracoudjas, les corossols. La promenade au coeur du marché de Cayenne reste un moment unique. Tous les sens restent en alerte. Des senteurs inconnues effleurent et sollicitent les narines en permanence... Des effluves d'épices, de piments, de plantes fraîches, de citronnelle... La cuisine guyanaise est réputée pour ses saveurs associant un mélange de gastronomie créole, chinoise, africaine, brésilienne... A ce sujet, je n'ai pas encore goûté le fameux bouillon d'Aoura, qui est, paraît-il, le plus typique des plats du pays. La coutume dit que celui qui en aura mangé reviendra obligatoirement, un jour, en Guyane.  

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IMGA0206compress--.JPG Le panier d'osier bien rempli, retour sur Blue Wave pour les ultimes rangements. Il reste encore à déboucher la sortie d'eau du mini frigo, indispensable en ces contrées surchauffées...
Et aussi à étanchéifier le petit hublot rond qui continue à fuir par forte pluie. Demain, visite du centre spatial de Kourou. Ce soir, j'observe d'un oeil attentif, les prévisions météo, pour le début de la semaine, sur le logiciel Maxsea. 
Bientôt, des contours nouveaux vont se dessiner devant l'étrave de Blue Wave. Ca sera le début de l'aventure vers le sud des Petites Antilles et de ses îles volcaniques.... aux reliefs prometteurs...

par Joêl publié dans : Rencontres et Découvertes
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Mercredi 5 décembre 2007

Les 1er, 2, 3, 4 décembre 2007
La position reste inchangée : 4.51° N ; 52.16° W
Blue Wave amarré solidement le long d'un ponton au coeur d'une jungle foisonnante 

Depuis plusieurs heures, j'oeuvre en solo, mon co-équipier Jean-Claude, est reparti en France comme prévu, pour préparer de son côté, d'autres aventures maritimes, notamment la Grande Traversée La Rochelle-Québec.
 Après la location d'une voiture permettant de bénéficier d'une autonomie à travers le territoire. Degrade-Des-Cannes est loin de tout !! Appréciation et découverte des lieux et des possibilités de s'approvisionner, en matériel de navigation indispensable (les réparations vont bientôt commencer) et autres opportunités locales.
Une précision, en Guyane, le décalage horaire est de 4 H. La température moyenne de 27 °. L'humidité omniprésente. Il n'est pas facile de s'accoutumer à cette chaleur touffue, dés qu'il s'agit d'être actif et de pourvoir à de nombreuses occupations...
Le 4 décembre, 15 H 20 (heure guyanaise), le cap'tain, à l'instar, des autres navigateurs voisins, vient de terminer une sieste réparatrice, dans le cockpit, protégé par le taud... Au sortir, de cette douce torpeur, la conscience le ramène à certaines réalités. Il est nécessaire de réparer les plaies et les bosses du navire, après sa longue bourlingue, et préparer les traversées à venir...
Les deux spis viennent d'être lavés. Ils sèchent sous un beau soleil providentiel. Nous sommes actuellement en petite saison des pluies, les grains fréquents déversent leurs gouttes chaudes avec vigueur.  Mes deux spis, à la toile fine et soyeuse, étaient imprégnés de sel et complètement  humides.  
Le 3, j'ai attaqué le grand nettoyage du poste avant. Celui-ci rempli d'eau commence à m'inquiéter. Je m'en suis posé des questions, à essayer de déterminer d'où pouvait venir une si importante quantité d'eau, une fuite quelque part... Oui, Mais où ?... Au terme de nombreux tâtonnements, je pense avoir détecté le point litigieux. J'ai réparé en utilisant du silicone. J'en ai profité pour regalvaniser la chaîne de l'ancre. La rouille rongeait les anneaux à de nombreux endroits. Il a fallu battre la campagne pour trouver du galva en bombe . Ce soir, je branche mes nouvelles batteries, les deux anciennes devenues inutilisables. Je m'apprête à réaliser une série de tests.
Ensuite, j'attaque un vaste ménage intérieur...
Vendredi prochain, j'irai faire un peu de tourisme, visiter, entre autres, le centre spatial, à Kourou ouvert de 8 H à 13 H. Rappelons que Kourou est le berceau de l'aventure spatiale européenne. Ses installations sont les plus modernes et les mieux situées au monde. Elles sont particulièrement adaptées aux opérations de préparation et de lancement des satellites et des véhicules spatiaux.
J'aurais apprécié de pouvoir naviguer sur un bateau touriste sur l'un des  nombreux fleuves sillonnant l'immense forêt amazonienne. La Guyane est recouverte à 94 % de forêt, dont plus de la moitié est classée en zone protégée. Il s'agit d'un patrimoine d'une richesse exceptionnelle, composé d'environ 1300 essences d'arbres, 190 espèces de mammifères, 720 espèces d'oiseaux, 480 espèces de poissons. Je suis en face d'un des plus grands espaces naturels à explorer.
La Guyane, c'est aussi le triste souvenir du bagne. Peut-être, irais-je visiter le "camp de transportation" de Saint-Laurent du Maroni. La ville est à environ 200 kilomètres de l'endroit où je réside. Je ne pourrai aller sur les Iles du Salut, lieu d'exil de milliers de bagnards dont les plus célèbres furent Papillon et Dreyfus.
La route qui relie, Remire-Montjoly au port, permet de découvrir, une côte encore sauvage. D'un côté, la mer, de l'autre la forêt luxuriante. Les plages, dans ce coin, sont boueuses et sales. Nous nous situons à l'embouchure du Mahury. Des tribus indiennes habitent un peu plus haut, dans la jungle, en amont du fleuve.

En attendant, je sirote, avec modération, un ti-punch, au milieu d'un paysage de mangrove. La nuit, étrange et mystérieuse, résonne de milliers de bruits ténus se répercutant en écho. La proximité de la jungle et de ses occupants nocturnes occupent l'espace, rythment le sommeil. 
Je pense larguer les amarres lundi ou mardi prochain. Un timing à respecter pour rallier les Antilles...
Dans mon lieu de villégiature, tout est calme. Peu d'action, un peu de passage en la personne de quelques pêcheurs brésiliens embauchés par les mareyeurs guyanais. Cette minuscule communauté vit repliée sur elle-même, et a une forte tendance à sombrer dans la paresse et l'oisiveté. L'impression d'avoir échoué dans un trou perdu active mon désir de partir. Entre les travaux, je me repose sous la chaleur tropicale. J'ai fait l'acquisition d'un petit ventilateur, achat indispensable pour le confort à bord. 
La totalité des bateaux présents sont équipés en climatisation.
Un sapin de Noël miniature attend son heure au fond d'une équipet. Ici, les magasins regorgent d'objets de décoration, de nombreux trésors pour les fêtes de fin d'année qui approchent...   

par Joêl publié dans : Rencontres et Découvertes
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Dimanche 2 décembre 2007

Le jeudi 29 novembre 2007,
 position : 4.51° N ; 52.16° W

Quelques précisions géographiques indispensables, nous nous déplaçons donc toujours sur le continent sud-américain, entre l'Equateur et le Tropique du Cancer par 53 ° de longitude ouest, et par 4° de latitude nord. Le climat équatorial humide fait peser le poids d'une chaleur moite. Comme nous sommes en décembre, nous entrons dans la petite saison des pluies. La célèbre ville de Cayenne, commune française, située dans la région d'Outre Mer Guyane est trés proche du lieu où nous faisons relâche.

Nous arrivons dans le port de Degrad-Des-Cannes. Amarrage enregistré 
sur le ponton à 11 H.
998 milles, parcourus en à peine 6 jours. Nous sommes fiers de cette belle traversée, effectuée en un temps record. La journée la plus marquante, qui restera gravée dans nos mémoires ainsi que dans les annales de l'histoire de ce bon vieux Blue Wave, a été vécue mardi dernier : 196 milles inscrits au compteur, réalisés en 24 H. Notre navire caracolait sur les vagues avec des pointes à 9 noeuds sur le fond. Ce record, enthousiasmant, risque maintenant d'être difficile à battre !! Nous garderons un souvenir fort de cette traversée, ponctuée par une mer ample, majestueuse, des grains intermittents, un vent de travers soutenu, véritable point d'orgue favorisant notre progression éclair.
L'arrivée dans un port, soulève soit l'enthousiasme, soit laisse mitigé. Que dire de l'endroit où nous venons d'accoster ?... Celui-ci est situé à 10 kilomètres de Cayenne, à l'intérieur des terres, sur la rivière Mahuri. Ce petit port regroupe une flottille d'environ 30 bateaux, dont quelques uns donnent tout bonnement, l'impression d'être abandonnés. Les autres navires présents, sont occupés par des gens travaillant sur zone. Cet endroit de bout du monde, entouré de mangroves, donne une impression de solitude. Plus loin, un port de commerce important, le port de Degrad-Des-Cannes, situé sur le territoire de Remire-Montjoly. Grâce à la présence de ce complexe important, Cayenne représente la plate-forme d'import-export de la Guyane. Nous constatons l'abscence de nombreuses commodités d'où la nécessité de louer un véhicule dans les plus brefs délais, afin de rester autonomes et pourvoir aux nombreux travaux à venir, dont entre autres l'acquisition et le transport de matériel adéquat sur le bateau. 
La jungle proche permet d'entendre le concert des animaux et volatiles s'ébrouant dans les branchages d'une végétation luxuriante. A l'heure qu'il est, nous avons déjà fait la connaissance de certains spécimens à la sinistre réputation. Les moustiques !! Pour échapper à cette invasion, et nous protéger de leurs "cuisantes" piqûres ! il a fallu s'enfermer dans le carré. Où nous transpirons à grosses gouttes !! Heureusement, nous avions anticipé ce scénario, en fabriquant et découpant des moustiquaires, avec le matériel acheté à La Rochelle, avant le départ. Confection, mise en oeuvre, deux jours avant notre arrivée... en pleine mer... Quand les hordes vrombissantes de moustiques se seront éloignées de notre orbite (ils sévissent à un moment précis de la journée), il faudra songer à remplir les formalités de la douane et faire enregistrer notre arrivée sur le territoire. Pour se donner du coeur à l'ouvrage, nous venons de savourer un copieux morceau de camembert, généreusement offert par nos voisins de ponton avec qui nous venons de lier connaissance. Bon présage...  
Avant d'aller visiter, Kourou ou Saint-Laurent du Maroni, beaucoup de travail en perspective... La devise de la ville de Cayenne, (inscrite sur ses armes) n'est-elle pas la suivante : "Fert Aurum Industria" signifiant "le travail procure la richesse". On va bien voir ce que cela donne...  

Patience, pour les photos, elles arrivent, elles arrivent.... Il y en aura même de nouvelles, qui vont enrichir les précédents articles déjà rédigés, et notamment, ceux concernant le Brésil. Le capitaine s'étant fait voler son appareil, il a fallu trouver d'autres alternatives pour continuer à voyager en images. Joël, ancien co-équipier, de cap'tain Joe, (qui rappelons-le, a quitté le bateau à Salvador début novembre) vient d'en envoyer une cargaison. Nous lui transmettons mille mercis et toute notre sincère amitié.
 

par Joêl publié dans : Rencontres et Découvertes
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Jeudi 4 octobre 2007

panorama-du-port.JPGEntre le 28 septembre et le 4 octobre 2007

Les jours passent vite quand on a tant à faire. Et, chacun de nous rêve d'aller marcher et découvrir les rues et ruelles de Funchal. Toutefois, quelques contraintes et réparations nous mobilisent sur place et obligent à évoluer dans un périmètre restreint. Le port, les ships,
le PC course, le bateau. 
 
Après avoir battu la campagne et sonné à de nombreuses portes, nous échouons à trouver le matériel dont nous avons besoin, pourtant indispensable à la poursuite sereine de notre voyage. Mais tout n'est pas perdu, car....  
au détour d'un ponton, nous apprenons qu'Antoine Grault, le médecin de la course décolle de La Rochelle en avion, le mercredi 3 octobre et atterrit à Madère le soir même. Après une prise de contact téléphonique pour mettre au point les détails pratiques, celui-ci confirme qu'il peut réceptionner le matériel manquant, impossible à trouver sur place et le transporter par avion. Mais à condition, bien sûr de trouver celui-ci. Christine, la femme du skipper, est missionnée pour trouver un récepteur BLU et un filtre à eau Vetus sur la zone technique des Minimes à La Rochelle.
Une fois, ces pièces trouvées et réunies (ouf, mille fois ouf !), elle les dépose en mains propres à la femme d'Antoine qui assure que le tout sera déposé sur Blue Wave à la date convenue.

C'est un immense soulagement !! Dégagés de ces contraintes, nous allons, enfin, pouvoir sillonner Madère dans ses moindres coins et recoins. Apercevoir des hauteurs des routes tortueuses empruntées en voiture, des paysages arides ou luxuriants, aux perspectives vertigineuses. Un vent de liberté souffle sur nos humeurs et les escapades vont se succéder durant deux jours.  Nous retrouvons sur place, un copain de ponton de La Rochelle qui, lui, se morfond, de son côté dans une marina à 30 kilomètres de Funchal, avant de traverser l'Atlantique. 
Nous louons une voiture à plusieurs et voilà ce que nos yeux éblouis découvrent au détour de nos pérégrinations hasardeuses   

  PISCINE-SUR-FOND-DE-MERcompress--.JPG

Bateaux de pêche madériens et vue plongeante vers des pentes escarpées.

  PISTE-DE-RANDONNEEcompress--.JPG
Paysage vallonné, changeant à chaque virage. Un sentier de randonnée que nous n'avons pas eu le courage d'affronter...

PLAGE-DE-SABLE-NOIRcompress--.JPG  PORT-DE-JACKYcompress--.JPG
Une plage de sable noire. Le petit port où séjourne Jacky.
par Joêl publié dans : Rencontres et Découvertes
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