Les 17, 18 Mai 2008
Position : une île au milieu de l'Atlantique
Enfin, oui, c'est bien vrai... nous avons rallié la terre !! La terre ferme. Quel soulagement immense, après ces trépidations maritimes éprouvantes...
Blue Wave oscille tranquillement, en plein coeur de l'effervescence du port d'Horta, sur la charmante petite île de Faial.
Accostage attendue avec une impatience grandissante après un vendredi et une nuit ventée, agitée. Ce dernier soufflant avec vigueur de Nord-Nord-Ouest, entre 15, 20 noeuds et quelques
pointes à 25... Nous avons effectué les derniers milles au moteur, en effet, nous étions déventés à cause de la présence des îles et de leurs pics volcaniques.
Nous décompressons, actuellement, dans ce trés bel archipel des Açores, perdu au milieu de l'Atlantique Nord. Ce groupe d'îles portugaises se situe en plein centre de l'Océan Atlantique à
environ 760 milles de l'Europe.
Cet archipel se trouve quasiment à la même latitude que Lisbonne : 39°43'/39°55'.
Certains y voient même les vestiges de l'Atlantide !
Cet archipel regroupe neuf îles d'origine volcanique, bénéficiant d'un climat océanique, trés humide.
Faial, notre île de prédilection, est considérée comme la pointe la plus extrême de l'Europe. Elle doit son nom à la présence de nombreux hêtres - faial en portugais. Mais elle est connue,
également, sous le doux nom d'Ilha Azul, l'île bleue, en raison du foisonnement des hortensias, fleurissant en été.
Ce petit bout de terre représente un véritable concentré de toutes les formations volcaniques que l'on rencontre dans l'archipel.
Elle occupe une surface de 173 km2 et possède une forme pentagonale avec une longueur de 21 kms pour une largeur de 14 kms.
La Caldeira, le volcan maintenant éteint, à l'origine de l'île, domine le paysage de sa masse imposante. On y a, (on ira vérifier), une vue spectaculaire sur les îles voisines entre
autres, Pico, située à 6 kms à l'est et Sao Jorge.
C'est en 1957 et 1958 qu'eurent lieu les terribles éruptions volcaniques du Volcao de Capelinhos. De cette catastrophe géologique, subsiste aujourd'hui, un paysage lunaire composé de
montagnes de cendres.
Au large de l'île, une vingtaine d'espèces de cétacés, dauphins, cachalots, baleines, globicéphales habitent les eaux açoriennes...
Le port d'Horta figure une escale incontournable pour les marins, de tous les horizons, effectuant une traversée de l'Atlantique.
Ici, se côtoient, se mélangent, des bateaux, des équipages, des histoires étranges, fascinantes, toujours palpitantes...
Sur la jetée, les dalles de béton sont couvertes d'un patchwork de peintures, de graffitis, reproduisant d'innombrables tranches de vie, des témoignages à la manière d'ex-voto peints.
Les dessins sont si nombreux qu'ils débordent du port vers la ville.
Les portugais possèdent un vrai sens de l'accueil et donnent à chacun des marins arrivant au port l'impression d'être le bienvenu...
Après les formalités d'usage...Dans le calme et la sérénité retrouvés, nous décompressons, tout en douceur...
En débutant la vie à terre... par une douche... "Le plaisir sans pareil", d'une eau chaude coulant sur nos corps endoloris, après 19 jours de mer, sans véritables ablutions...
En poursuivant... par une sieste... "Le plaisir sans pareil" de plonger, dans le creux d'un sommeil insondable... sans la pression d'être réveillés en sursaut, poussés par l'urgence d'une
manoeuvre en plein coeur d'une dépression...
En continuant... par un petit gueuleton... les équipets se vident... "Le plaisir sans pareil" d'acheter local... de manger sereinement sans avoir peur que tout bascule, emporté par un grand
coup de roulis...
A ce sujet, un incident malheureux est à déplorer... Il y a cinq jours environ, en tendant à Jean-Marie, un bol de soupe bouillante, j'ai perdu l'équilibre, le bol a basculé sur les pieds de
mon co-équipier. Le liquide brûlant s'est répandu sur ses chaussures. En voulant vérifier l'état des blessures, notre stupéfaction est à son comble quand on constate que de vilaines cloques
se forment sur ses doigts de pied. Je me précipite dans les équipets où sont rangées les boîtes à pharmacie et en extrait celle portant la mention "brûlures".
Je m'empresse de passer crème, pommade et de protéger le tout par des compresses appropriées.
La cicatrisation s'opère doucement. Les déplacements restent malgré tout, douloureux...
A petits pas, donc, nous prenons possession des lieux... Peu après notre arrivée, nous sommes allés manger dans le mythique bar "Chez Peter" au Café Sport... Véritable institution
depuis trois générations. Tous les marins du monde y faisant escale peuvent y changer de l'argent, poster du courrier, recevoir des messages, échanger au gré des
conversations.
Le lieu abrite de nombreuses cartes marines, une quantité impressionnante de souvenirs de voyage , des portraits de grands navigateurs. A l'étage, on peut y admirer une collection de dents
de cachalots (scrimshaws) gravées et sculptées.
Au petit matin, dans la nuit du 17 mai, un bruit lancinant de moteur, trouble la quiétude ambiante... Un pressentiment... C'est Lady Jo. qui après son premier périple, rejoint la terre ferme
à son tour... Retrouvailles sur les pontons en plein coeur de l'obscurité. Nous sommes heureux de les savoir à bon port, positionnés face à nous, de l'autre côté du
ponton... Eux aussi, manifestent un vif soulagement à l'idée d'être arrivés...
Ce matin, le réveil est vraiment dur... Courbatures, mal au dos... Il semble que cela soit dû au contre-coup de la fatigue accumulée. Nos corps sont perclus de douleurs lancinantes,
insidieuses qui vont, en tout cas, nous l'espérons, diminuer dans les jours qui viennent...
Cette nouvelle escale promet d'être active... Nous débutons, malgré les élancements, par un grand nettoyage intérieur et extérieur... Blue Wave en ressent un besoin urgent,
flagrant...
Il faudra également consacrer du temps aux réparations, plus particulièrement à la réfection des vaches à eau... à la détection des fuites... à la remise en état de la porte de communication
entre le carré et les sanitaires...
Plus tard, nous nous retrouvons tous chez Peter pour un sympathique apéro de retrouvailles sur terre, suivi d'un repas reconstituant, plein de chaleur... marqué par le récit et les
souvenirs des dernières aventures survenues en mer...