Les 21, 22, 23, 24, 25, 26 avril 2008
Lundi en début de soirée, Blue Wave arrive, plus sale que jamais, s'installer sur le ponton du chantier. Afin d'y être grutté dés le lendemain à la première heure. Un
nettoyage en règle s'impose...
La manoeuvre devient laborieuse en raison du courant vigoureux, nous poussant et nous bousculant sur l'arrière.
Les copains marins, également en instance de départ, nous rejoignent pour un dîner animé. Jean-Marie, mon co-équipier s'accoutume progressivement aux ardeurs du soleil Saint-Martinois... dans la
douleur !!...
Les coups de soleil se suivent et sont tous plus cuisants les uns que les autres !! Une pommade miraculeuse, portant le doux nom de Biafine, est appliquée tous les soirs, sur les
épaules et le dos meurtris du malheureux second, par la main apaisante et réconfortante d'un capitaine attentif...
Engoncés dans nos combinaisons blanches, tels des spationautes posant les pieds sur une terre brûlante, nous observons Blue Wave évoluer dans les airs, maintenus par les sangles d'une grue
géante, le transportant sur sa future zone de transformation.
Un employé du chantier lave le bateau au karscher. Nous peaufinons le travail en grattant et rabotant les nombreux coquillages et anatifes restant
agglutinés, amassés sous la coque. Un ponçage minutieux des aspérités donnent déjà meilleure allure à l'ensemble.
Un des ouvriers du chantier trace, à notre demande, une démarcation bien nette, afin de remonter la ligne de flottaison... Le bateau sera chargé pour le retour, cette précaution semble
nécessaire...
Quelques pauses indispensables, ponctuent nos manoeuvres. Les équipages amis viennent se faire offrir un café ou simplement discuter, prendre des nouvelles, prodiguer des encouragements...
Ca donne du coeur à l'ouvrage...
Cette première journée de carénage fut particulièrement éprouvante.
La chaleur, plus intense d'heure en heure, pèse comme un couvercle. Le vent d'alizé jusqu'ici omniprésent, est inscrit depuis plusieurs jours, aux abonnés absents.
Ca y est, la première couche d'antifouling vient d'être étalée, d'une main de maître.
Après cette longue journée da galérien, à évoluer dans la poussière, la touffeur d'un air moite, nous nous écroulons sans avoir la force de prolonger la soirée...
Dés le lendemain, et sans attendre, nous mettons la dernière main aux travaux et réglons les
ultimes détails.
La deuxième couche d'antifouling vient d'être étalée.
La coque d'un blanc renouvelé, rutile au soleil... Nous venons d'y appliquer un produit à base de jus de citron effaçant les taches d'une douteuse couleur jaune .
Une mauvaise surprise, nous venons de retrouver l'annexe que nous avions laissée en stand bye sur le ponton du chantier, endommagée par un gros trou sur son boudin gauche. Ces
pontons, négligés au niveau de l'entretien, sont truffés de planches de bois effritées, coupantes et de bouts de ferraille rouillée.
Décidément c'est la scoumoune avec les annexes...
Il va falloir réparer cet accroc dans la journée...
Blue Wave s'élève de nouveau dans les airs, avec bien meilleure apparence
cette fois-ci.
Le fier navire est aussi beau qu'au premier jour...
Nouvel avatar dans la liste qui continue de s'allonger. Après sa remise à l'eau, le moteur ne veut plus démarrer...
Je schinte donc la batterie moteur sur les batteries service. Le moteur sollicité par ce traitement de choc, ronfle de nouveau. Toutefois, une conséquence néfaste, plus ou moins prévisible... La
batterie moteur est dorénavant à ranger aux accessoires des instruments à remplacer. Il ne reste plus qu'à en acheter une nouvelle.... Bernard m'emmène acheter cet outil indispensable à
bord de son dinghy impeccable. C'est la cinquième batterie depuis le départ...
Etant à proximité de la pompe, nous faisons les pleins de gasoil dans le réservoir et remplissons les bidons d'appoint.
Profitant de ma présence à la pompe, je remplis, par la même occasion, les bidons du bateau Paréo, 200 litres. Je retourne faire ma livraison au mouillage. Blue Wave, transformé pour
l'occasion en véritable pétrolier...
Au terme de ces journées de dur labeur, intenses en émotions, nous sommes épuisés. La chaleur d'étuve, les positions dans lesquelles nous n'avons pas l'habitude d'évoluer...
Nous reprenons notre place au mouillage. L'équipage de Lady Jo. annonce qu'il rentre au port dés vendredi, emplacement stratégique pour préparer le départ.
Un départ présumé pour mardi prochain.
Sans certitude toutefois, le vent restant pour l'instant inexistant, un vague zéphyr évanescent...
Après réflexion, nous décidons d'opter pour la même stratégie et nous installons au port, à couple de Lady Jo.
L'équipe se rend ensuite dans le supermarché local, le plus proche du port, pour régler l'avitaillement. Nous avions concocté la liste complète le matin même.
Le magasin s'occupe de faire la livraison gratuite de l'ensemble de nos achats. Cela nous convient pafaitement. Ainsi, nous ferons l'économie de la location d'une voiture.
Intention prévue au départ...
Branle-bas de combat, effervescence... Le grand rangement s'organise dans la moindre des équipets disponibles du bateau. Chaque espace libre est investi, pris d'assaut par les boîtes de conserve
et autres denrées indispensables....
Il ne reste plus que le frais à acheter... Démarche négociée au dernier moment...
Grand nettoyage et ménage de printemps. Etant au port, nous profitons de l'eau ainsi que des nombreuses facilités et commodités pour organiser les ultimes préparatifs. Bientôt
prêts pour entamer la "Grande Traversée".
Le mouillage de Marigot Bay se remplit de bateaux de jour en jour. Les équipages attendent le vent favorable pour partir et patientent comme nous tous...
Jusqu'à quand ?...
Depuis le 25, il pleut... Les orages tournent, quelques éclairs zèbrent un ciel noir d'encre... Ce temps sombre et frais, inhabituel aux Antilles, rappelle une journée vécue
aux Virgin, dans un des mouillages de l'île de Jost Van Dyke.
Nous venons de festoyer sur le bateau Paréo. Jean et Sophie, les amis belges, rencontrés sur le bateau de Bernard, ont préparé des plats locaux accompagnés d'un vin à se
pâmer. Digestif pour faire couler... La vie est douce...
Ces dernières mises au point sur le bateau annoncent la fin d'une aventure...
Jacky et moi avons maintenant hâte de partir... Il est temps de se lancer, proue en avant. Des retrouvailles avec l'Atlantique... Que nous espérons "pacifiques"...