Lundi 19 novembre 2007

Le 7 novembre 2007 restera gravé dans les mémoires, puisque c'est ce fameux soir que les prix furent décernés aux coureurs de la Mini-Transat. Et naturellement, parmi tous les valeureux concurrents, aux vainqueurs, dont David, arrivé 2ème, sur cette course. Le fils, marin "prodige", de la famille... 

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Les festivités battent leur plein.

                

      

             

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Mais, la fête n'a qu'un temps... limité. Demain est un autre jour. De nombreuses révisions sont à organiser sur le bateau pour un départ prévu lundi 12 novembre prochain.
Parmi ces activités en prévision des traversées à venir, changement des drisses du régulateur d'allure ; réglage de l'anémomètre en tête de mât ; révision de la tension du haubannage ; nécessité de recoudre la capote malmenée par le voyage (Christine, la femme du skipper a heureusement transporté dans ses bagages, une capote en meilleure état) ; nettoyage complet du bateau ; vidage des fonds ; avitaillement. D'autres co-équipiers nous rejoignent dés dimanche en la personne de Clothilde et Sébastien, membres de la famille du skipper. Avant de prendre en charge, l'ensemble de ce nouveau travail, nous profitons de la présence de nos femmes pour aller visiter une des plus belles îles de la baie de Tous les Saints : l'île d'Itaparica. Cette île, située en face de Salvador, est ralliée en bateau de tourisme, visitée en mini bus. Ce dernier moyen de locomotion surprend, conduit par un chauffeur auquel aucun nid de poule ne fait peur est manipulé comme un engin de course. Les rues bordées de maisons de couleurs vives sont ce jour là désertes comme abandonnées. Cette ambiance sereine, ce calme inattendu soulage après le bruit incessant de la grande ville. Nous goûtons à notre première langouste grillée sur la plage. C'est un repas pantagruèlique dégusté, les pieds dans l'eau... Et quelle eau... Chaude.... Nous n'osons plus ressortir, tellement la température est douce, voluptueuse. Surtout qu'un vent soutenu d'alizé fait dresser le poil sur la plage.  
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Après la visite des ruelles aux maisons de couleur, le repas pris sous les palmiers... On dirait que nos trois marins apprécient ce qu'il y a sur la table!! Une sieste réparatrice sur les transats, devient vraiment incontournable !! 
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A Dans la marina de Bahia, les bateaux démâtés, oscillent, bercés par le ressac du port. Les Mini vont revenir en France, transportés par cargos  Ce spectacle, insolite, sonne la fin d'une belle aventure.
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par Joêl publié dans : Souvenirs marquants
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Lundi 19 novembre 2007

Les 5, 6 novembre 2007

Après avoir arpenté les nombreuses ruelles et places du centre historique de Bahia, vibré aux sons des rythmes syncopés, observé la maîtrise et la démesure des danses et capoiras de rue, une décision est prise. Celle d'aller à notre tour se laisser envoûter par les sortilèges d'une petite île au nom évocateur "l'ilha da Tinharé" appelée également Morro da Sao Paulo du nom de son principal village.
De nombreux coureurs de la Mini sont allés s'y prélasser afin d'oublier les fatigues de la course. Leurs échos sont particulièrement évocateurs.
Nous rallions l'île, en deux petites heures, véhiculés par un catamaran à grande vitesse sur une eau aux couleurs lagon.
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Et que voyons-nous apparaître en approchant, des maisons de tuiles roses englouties au milieu d'une végétation luxuriante, fleurie, bigarrée. Sacs au dos, notre groupe se met en quête d'un lieu pour passer la nuit. Nous optons pour la première pousada construite sur l'île, quasiment les pieds dans l'eau. Les chambres dominent la mer. Le bruit des vagues bercent nos rêves. Des hamacs accrochés sur la terrasse laissent augurer de siestes réparatrices. Un premier repas local, dégusté tranquillement, sur la plage, pose l'ambiance, après un bain, dans une eau chaude, quasi transparente. On y aperçoit quelques poissons frétillants aux reflets argent. Ces poissons sont directement pêchés par les petits restaurateurs des barracas aménagées sur la plage, et cuisinés selon une recette savoureuse, en "moquecas de peixe".   

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Sur la plage, le spectacle reste varié, inattendu. Des processions d'ânes transportent de lourdes charges sur le dos ; des hommes musculeux crapahutent, charriant des carrés de gazon dans des brouettes ; des marins reviennent du large avec quelques prises frémissantes qu'ils transportent au sommet de leurs têtes, ils amarrent leurs embarcations colorées, dans l'enclave de petites baies aux eaux paisibles, face à la plage.  
Promenade langoureuse sur les longues plages bordées de palétuviers, de palmiers aux feuilles crissant dans le vent des alizés. Les étals des nombreux artisans installés sur les chemins et sentiers, en front de mer sont passés au crible ainsi que les jolies boutiques, les ruelles pavées...tout représente un enchantement pour les yeux...
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La marche épuise l'énergie des randonneurs. Rien de mieux pour récupérer que de goûter la saveur des capairinhas fruitées. La capairinha connaît un succès sans faille dans notre groupe depuis que nous avons posé les pieds sur la terre ferme. Rappelons que la "capi" est concoctée à base de cachaça, alcool de canne, avec lequel les Brésiliens préparent ces délicieux cocktails... Des fruits locaux agrémentent cette dégustation : marracujas, mangues, ananas, papayes, citrons verts... Celles dégustées avec gourmandise sur l'île ont vraiment été les meilleures du voyage. Nous en garderons un souvenir ému. Saurons-nous reproduire la recette et agiter le shaker avec autant d'art et de savoir-faire que nos préparateurs locaux...?
Dans la soirée, après un retour épique et fortement agité à bord du catamaran. Vent puissant dans le nez, et embruns voltigeant en bourrasques, nous rejoignons le port de Bahia.
Nous sommes un mardi, jour de musique dans la capitale noire, de fête sans fin. La soirée ne fait que commencer... Nos marins, jusqu'ici en mer, vont faire leur baptême des cadences et tempos brésiliens. La leçon à retenir : être trés en forme pour danser la samba.  
   
 



par Joêl publié dans : Souvenirs marquants
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Jeudi 15 novembre 2007



De la mer à la terre, il n'y a qu'un pas...
Dans la ville bruyante et trépidante, l'étourdissement guette...
Après la solitude des espace immenses et sans fin, les ruelles déversent des flots de musique, un spectacle permanent, bigarré, coloré, chatoyant mais aussi sordide et misérable.

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Plus de 365 églises dans  Salvador da Bahia de Todos os santos.
En groupe, nous visitons et arpentons le quartier historique du Pelourinho (dit le "petit pilori" car c'est là que les esclaves étaient punis), inscrit par l'UNESCO au patrimoine mondial de l'Humanité. Ruelles aux pavés inégaux où il faut faire attention de ne pas tordre ses chevilles ; façades de maisons polychromes aux couleurs vives, ornées de décorations en stuc. La ville est divisée entre sa partie haute composée par le Pelourinho et sa partie basse (cidade baixa) où se trouve entre autres la première cathédrale construite au Brésil. Un ascenseur impressionnant "l'Elevator Lacerda" relie les deux parties de la ville. Nous l'empruntons plusieurs fois par jour pour rejoindre le "mercado modelo" où se trouvent de nombreux artisans et la marina dans laquelle, restent à régler de nombreux détails techniques et logistiques. 
La ville immense, impressionnante s'étend sur une longue superficie composée d'ensembles de gratte-ciels ; de pavillons de couleurs, disséminés le long des routes ; de favelas au coeur de la ville. Bahia est surnommée la "Rome noire" en raison de ses habitants dont la plupart ont des ascendances africaines. 

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    Tout, ici, rappelle la culture africaine : la nourriture épicée ; les rites vaudous (les cérémonies de Condemblé) ; les danses : l'axé et la samba. Les percussions résonnent en écho à travers la ville et dés que la nuit tombe vers 18 H le soir, les rues vibrent au son des rythmes endiablés, se répercutant en vibrations intenses. Autre atmosphère... au détour d'une petite place, à la devanture d'un café ou d'un restaurant, des accords plaqués de guitare accompagnent nos pas, des voix douces rappellent que Gilberto Gil est l'enfant de la ville.
Les Bahianais ont une solide réputation, celle de se consacrer essentiellement à faire la fête. Le mardi est un jour sacré ou païen, tout dépend le sens où on l'entend. Des concerts se déroulent dans tous les quartiers. La musique explose et se mélange en circonvolutions débridées, de place en place, de ruelles en ruelles. Les brésiliens dansent éperdument, à la limite de l'épuisement. C'est un moyen d'expression dans lequel, ils sont passés maîtres. Leur manière d'évoluer et de bouger leur corps est fascinante. On se laisse entraînés par cette transe collective. L'envoûtement et le charme sont entiers, vertigineux...

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La superbe plage de Barra réserve bien des surprises. Son lait de coco légèrement sucré désaltère. On y assiste à des couchers de soleil romantiques sur une colline appelée "le jardin des amoureux"... On y est même invité à formuler un voeu, qui, s'il est exprimé au moment même où le soleil plonge dans les confins de l'océan, a toutes les chances de se réaliser!!... Devinez qu'avons-nous tous fait ce soir là ?...IMG-0009.JPG  IMG-0012compress--.JPG





De retour dans le centre, nous vibrons au rythme incandescent des batucadas. La fête n'en finit plus de battre son plein. La rue entière vibre et ondule à l'unisson. Les vibrations se répercutent avec une telle force, un tel magnétisme, qu'on a l'impression que le courant de la musique se transmet du sol directement à nos jambes et parcourt nos corps. 
IMG-0023compress--.JPG  Après la samba dansée éperdumment, tout au long de la nuit. Le lendemain, dans les rues, le spectacle de la capoeira.

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 Art martial puisant ses racines dans les méthodes de combat et les danses des peuples africains au temps de l'esclavage.
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Jeudi 15 novembre 2007

Le passage du Pot au Noir et de l'Equateur a été marqué par de belles périodes de soleil intense et d'averses chaudes. Cette eau providentielle tombée du ciel a permis de s'ébrouer comme sous une bonne douche. Et au soleil de nous réchauffer agréablement. Le spectacle de la mer reste quant à lui, toujours magique :

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Les dauphins joueurs et primesautiers, aimant la compagnie des humains et surtout de la vague d'étrave, émettent un son bien particulier pour signaler leur présence. Leurs reptations restent vraiment difficiles à capter par nos appareils. Ils sont tellement véloces. A défaut d'intercepter leurs sourires, leurs ailerons laissent deviner le rythme d'une danse toujours renouvelée à laquelle, nous avons à chaque fois pris un plaisir immense. 


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Jeudi 15 novembre 2007

Fin octobre, le passage de l'Equateur. 
Des photos transmises ultérieurement et qui méritent un arrêt sur images

Photoarriv--e-087compress--.jpg  Degré zéro !... Ca y est, nous franchissons la "ligne". Cet endroit unique symbolise un rite de passage pour tous les marins et les voyageurs, c'est l'occasion de faire la fête. La "ligne" se traverse, et se commémore par un "baptême" qui se vit en mer. Tout d'abord en débouchant une bonne bouteille de champagne... Puis, en essayant d'oublier que la pluie coule à flot.
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Photoarriv--e-081compress--.jpg Jean-Claude, déjà connaisseur du lieu initie ses co-équipiers et les grime en s'aidant d'un bouchon, de champagne carbonisé, selon une étrange tradition !!
Blue wave trace sa route. Le Brésil approche... Photoarriv--e-096compress--.jpg








DSC-0068compress--.JPGEn mer, nous n'avons pas oublié de fêter la trés belle performance de David.
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Mercredi 14 novembre 2007

Une entrée sereine dans la marina mais un amarrage délicat.... Ah ces pendilles qui traînent partout et qui ne sont pas signalées !!
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Le bateau accoste enfin le long du quai après une marche arrière périlleuse (le courant, les pendilles) et un amarrage acrobatique. 4563 milles nautiques parcourus sur une durée de quatre semaines complètes : ce qui correspond à 8461 kilomètres depuis le départ de La Rochelle. 145 heures de moteur !! Il fallait bien avancer dans la pétole et les calmasses. En étant, toutefois, le plus possible économe et vigilant au niveau de la consommation de gasoil. Les transvasements de jerrican dans le réservoir, quelle galère...!! Durant ces milles et ces jours passés sous le soleil, le cuir a tanné et la barbe a poussé. C'est à peine, si on les reconnaît nos hommes ! Nos marins au regard rempli d'espace et d'ailleurs... Nous évaluons d'un coup d'oeil rapide les mensurations : maigris, pas maigris... forcis, pas forcis !!! Hum, hum, nous constatons qu'aucun n'a souffert de malnutrition à bord... Les sourires en disent longs sur le bonheur d'arriver et sur la fierté d'avoir accompli ce périple aux antipodes.

Photoarriv--e-portclaudette-061compress--.jpg Depuis le temps que nous en rêvions de la boire, notre "capi", la voilà... Apportée, fort gracieusement, et tout exprès pour nous par une accorte brésilienne. Sur le plateau des tranches de fruits frais : pastèques, ananas, mangues, goyages, saveurs incomparables à nos palais en manque !! Nous avons commis l'erreur de ne pas nous arrêter à Mindelo au Cap Vert pour s'avitailler en fruits et légumes frais. Denrées qui nous ont beaucoup manqué. Nous allons nous rattraper et ça commence, ici et maintenant, sur les pontons... On trinque, on n'en revient pas de se revoir, après tout ce temps, après toutes ces distances qui nous ont séparés. Dans la lueur du jour déclinant, de l'émoi, de la fièvre... Mais, il n'est décidément pas possible de déguster une "capi' en paix. A peine, foulons-nous les pontons que nous sommes projetés à l'eau, (l'eau du port : nauséabonde et polluée) sans que nous n'ayons rien vu venir. Les acolytes des autres bateaux accompagnateurs, quelques coureurs, dont David, ont préparé ce traquenard, qui obéit à un rituel bien établi. Chaque coureur a eu droit à ce baptême bahianais... !!      

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Après une douche, au jet, sur le bateau, un séchage rapide, c'est la tournée générale, la valse des "capi" au bar de la marina. La tête tourne et tangue... Mal de terre, ivresse de l'arrivée... Il s'agit maintenant de manger du solide. Un restaurant d'excellente viande rouge (après quatre semaines d'un régime de daurades coryphènes !!) nous est opportunément conseillé par David qui on s'en doute, connaît par coeur les bonnes adresses !! Entre festoyer et faire bombance, il faut choisir...

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Mardi 13 novembre 2007

Le 2 novembre 2007 à 18 H 30
Jour J, jour de l'arrivée

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La grande ville tentaculaire se précise face à nous. Les buildings et autres monstres modernes apparaissent. Les perspectives se précisent, se métamorphosent devant nos yeux. Après le bleu chatoyant et toujours changeant de l'océan ; les formes mouvantes, ondoyantes, douces au regard ; les reliefs cubiques dressés vers le ciel laissent deviner un changement d'atmosphère.

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Blue wave, coque blanche et bleue minuscule, trace son dernier sillage, accompagné par plusieurs bateaux. Les voiles sont ferlées, le moteur tourne à plein régime. La barre est fermement prise en main par le skipper. L'équipage approche à pas de loup et va bientôt se glisser dans la marina. 
Dans le bar de cette même marina, juchée en hauteur, et qui domine le paysage maritime, plusieurs personnes (devinez lesquelles) trépignent d'impatience... Pour tromper l'attente, des capairinhas ont été commandées... Blue wave annoncé depuis un certain temps déjà, est deviné au large. Les jumelles balaient l'horizon... Les coeurs palpitent d'émotion... 

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Mardi 13 novembre 2007

Les 29, 30, 31 octobre 2007
Position dans l'océan, le 30 octobre 2007, 5° S ; 32° W
 
Nous cheminons à un rythme régulier, bercés par une mer, au doux roulis tranquille et monotone. Sachant que beaucoup de nos compagnons de route sont déjà arrivés au port, nous ressentons une certaine impatience et un fort désir de toucher terre.

    
Ce petit vent de sud-est force 4 permet une progression honnête. Sous bonne voilure, grand-voile et grand génois, nous totalisons 140 à 150 milles par jour.  
Le 31 octobre, l'air marin transporte vers nous des promesses de vibrations tropicales. 300 milles et nous frémirons au contact de l'ambiance survoltée de Salvador de Bahia.
Nos femmes, déjà arrivées à bon port, profitent des charmes multiformes de cette ville étonnante et palpitante.
Le 1er novembre étire devant nous son long ruban de lumière argentée. Les dernières heures deviennent lancinantes... Cette attente, ces ultimes moments de solitude en mer, font bondir nos coeurs. 
Le 2 novembre est à marquer dans les annales. Dernier grand virage au large... Nous sommes obligés de tirer un grand bord avant d'envisager de rejoindre la marina. Le vent, positionné, juste dans notre nez, ne nous permet pas, sur cet ultime parcours, de rallier la terre directement. Ce sont les charmes de la navigation... les surprises impromptues et les retournements de situation inattendues.
 Il faudra patienter jusqu'à ce soir pour siroter notre capairinha glacée... !!   

       

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Vendredi 26 octobre 2007

Les 24, 25, 26 octobre 2007
Nos positions le 24 octobre à 19 H 35 : 3.24° N ; 28.57° W

C'est au près que nous avançons. Vraiment sans se presser, ni se bousculer. Notre vitesse oscille entre 3,5 et 4 noeuds. Progression pénible, difficile et surtout inconfortable. Le positif dans toute cette histoire de lutte contre le vent, c'est que nous continuons dans le bon sens. Nous venons juste d'apprendre la victoire de David et son remarquable parcours. Ca s'arrose...
 

                     

Nous naviguons à proximité du 364 "A chacun son cap" et du 384, le Mini de Grégory Magne "Upian com". Il reste tout de même quelques 980 milles à parcourir avant d'accoster dans la "baie promise" et continuer de veiller à ce qu'aucune anomalie sérieuse ne vienne troubler le reste du parcours des Ministes à proximité. La météo n'est guère enthousiasmante, puisqu'on ne nous annonce que des vents légers. Petits zéphyrs au souffle transparent. En effet, avec le décalage de l'anticyclone vers l'est, les alizés vont aller en mollissant lentement le long de la route qui mène vers Bahia. Nous ne sommes pas encore arrivés. Nous profitons des grands calmes océaniques...

Le 25 octobre à 20 H 18, notre position a quelque peu changé : 2.11° N ; 29.43° W.

La nuit qui vient de s'écouler fut difficile et périlleuse. Sur le pied de guerre, nous n'avons pas fermé l'oeil, et concentré toute notre énergie sur les manoeuvres, fort nombreuses. La matinée grise, triste pèse sur l'océan tout autour de notre flotille. La pluie s'égoutte dans un doux martèlement. Le vent oscille dans tous les sens. Répétition des manoeuvres, pour faire avancer le bateau dans le bon sens. Des anomalies magnétiques perturbent les données du GPS, la girouette s'affole indiquant de fausses informations. Un courant contraire de 1 noeud à 1,5 noeud s'acharne, ralentissant notre laborieuse progression.
Une note optimiste dans notre navigation, nous avons, enfin, retrouvé depuis 16 H des vents de sud-sud-est !!! Ce fameux vent annoncé que l'on attendait depuis 4 jours et qui n'avait pas encore daigné faire son apparition. Le voilà, oui, il est bien là. !!... Nous filons à plus de 5 noeuds dans la direction des îles Penedos de Sao Pedro que l'on doublera demain vers midi. Ensuite, devant nous, un passage obligé qui fait battre notre coeur, le fameux Equateur, ligne de démarcation mythique et symbolique !
Notre latitude fond à vue d'oeil. Nous ne sommes plus qu'à 2.11°.
Quand, nous constaterons sur le GPS que nous avons atteint 00° de latitude, moment fatidique pour tous marins, cela signifie que nous basculerons dans l'hémisphère sud, direction la Samba. Nous fonctionnons en heure TU, Temps Universel.
Jean-Claude, éreinté a dormi comme un loir tout l'après-midi. J'ai profité d'un grain qui passait par là pour prendre une bonne douche. Un soleil timide fait son apparition.

Le 26 octobre, nouvelles positions : 0.45° N ; 30.09° W
Un véritable déluge noie le paysage et ses contours. Des cascades, véritables trombes d'eau chaude dégringolent du ciel à un rythme ininterrompu. Nous sommes trempés.  Notre petite coque, havre de sécurité, errant sous ces monstres nuageux, déversant sur nos têtes toute l'eau du ciel, nous donne la sensation d'être minuscules et seuls au monde.. Sous ces cataractes, le vent démisionne et tourne les talons, nous n'avançons plus. Un grain, tout à l'heure, un des seuls depuis notre départ, a secoué violemment le navire ainsi que notre sérénité. A midi, le cuisinier a mitonné la pêche du jour, un genre d'orphie locale, remplie d'arêtes. Elle ne nous laissera pas un souvenir gustatif impérissable. Plus que 45 milles à parcourir et nous passons l'Equateur. Nous sommes impatients d'y être, nous allons enfin pouvoir ouvrir nos cadeaux... Et déboucher le champagne...    

par Joêl publié dans : Nouvelles du bateau
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Mercredi 24 octobre 2007

Les 22, 23 octobre 2007
Qu'il fait chaud !!
La position relevée le 22 octobre à 18 H 50 : 5.31° N ; 27.35° W

En plein océan et pleine calmasse, l'atmosphère reste pesante. Si on veut résumer, et donner la mesure de l'ambiance à bord : chaleur... moiteur...sueur... pas un souffle de vent...Moteur... il faut tout de même songer à avancer un tout petit peu... Nous pourrions rester englués dans cette mer qui ressemble à s'y méprendre à un véritable pot de colle. Le moteur permet d'avancer et de ventiler, d'apporter un semblant d'air. Sans cela, la situation deviendrait vite l'enfer sur "mer"...
Elle est déjà loin notre averse salvatrice, dont nous garderons un souvenir reconnaissant...
Ce matin, il a fallu s'atteler à une tâche ingrate mais nécessaire, faire le plein de gasoil. Pour cette opération des plus laborieuses : extraction du bidon ad hoc du fin fond d'un des coffres ; installation du bec verseur en position stratégique ;  se mettre en position de verser le précieux liquide en faisant l'effort d'économiser chaque goutte ce qui signifie en "renverser" le moins possible. Situation, quasi impossible, dans la houle qui déséquilibre tout sur son passage. Ouf,  ça y est, l'opération vient de se terminer ! Nous sommes débarrassés de cette corvée... pour un moment du moins...
Nous sortons, pas à pas, du Pot au Noir. Lecture à l'ombre du parasol-parapluie...
Nous cheminons à portée de voix des Minis 265 et 427.
Joël, notre équipier, aux multiples talents, vient de pêcher une belle daurade coryphène. Sa chair blanche, tendre et savoureuse va améliorer notre ordinaire.
Une nuit lancinante vient de passer. Quarts dans l'obscurité.

Le 23 octobre à 21 H 50, nos nouvelles positions : 4.24° N ; 28.23° W.
Nous pensions (pensées trop optimistes) en avoir définitivement terminé avec ce sinistre Pot au Noir. Mais, alors, que nous croyions avoir dépassé et laissé derrière nous, ses miasmes et marasmes, le vent reste toujours inscrit aux abonnés absents... Le peu dont nous bénéficions, nous parvient en plein dans le nez !! Cette situation, pire que contraire, carrément crispante, n'arrange vraiment pas nos affaires !!
Depuis 17 H, nous bourlinguons au moteur. Et bien évidemment, notre réserve de gasoil s'en ressent fortement !! Il va falloir gérer l'adversité, faire en sorte de bénéficier du précieux liquide noir jusqu'à la fin, sans frémir d'angoisse, à chaque fois que l'on tourne la clé du diesel...
Nous espérons que le vent de sud annoncé par la météo va se pointer dans les voiles, dare dare. Pour l'instant, nous constatons que les prévisions sont fausses. Le vent vient d'ouest-sud-ouest. Le courant contraire s'acharne, un noeud dans le pif. 
Restons patients, stoïques, zen......ZZZZeeenNNNNN.....

                  
   
Jacques-Yves Seyrig sur son mini 364 navigue à proximité de notre coque. Nous prenons quelques photos...
La chaleur, moins accablante, permet de vaquer à d'autres occupations sans provoquer notre anéantissement.
Un autre problème commence à devenir crucial, celui de se mettre quelque chose à manger sous la dent. Les poissons ne se bousculent plus sous la ligne. Chacun de nous commençons à se lasser des conserves... (Serait-ce le début d'un régime forcé, qui ne pourrait que faire du bien à certains ?)... Les poubelles s'entassent. Se pose la question de leur stockage, sans que celles-ci soient gênantes au niveau des odeurs.

Un moment important en perspective : le passage de l'Equateur...
Le champagne est au frais. Quelques cadeaux, distribués sur terre, au moment du départ, attendent cette ligne de démarcation symbolique, pour être ouverts.
Surprise, attente, suspense...

Et, bonheur pour tout l'équipage. Nous apprenons que David vient d'arriver à Salvador de Bahia. Il occupe la 2ème place dans le peloton  de tête. Bravo David, nous n'avons jamais douté de tes remarquables talents de marin. Nous sommes heureux et fiers de partager ta victoire. Moment exceptionnel...



  

               
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