Dimanche 9 décembre 2007

Les 5, 6, 7, 8 décembre 2007

Malgré la présence de la jungle à proximité qui appellent à l'exploration, et de nombreuses possibilités d'excursion, il faut poursuivre les travaux et réparations sur le bateau.
 

Près du port de commerce, les coques des bateaux de bourlingueurs cohabitent. Les traces et stigmates de chocs sur les coques délavées par le temps, évoquent d'inoubliables péripéties et de longues histoires de mer. Mais, ça fait une éternité que la plupart d'entre eux, n'ont pas connu les soubresauts joyeux des vagues, battant la chamade, le long de l'étrave. Prt-degrade--de-canne-005compress--.jpg  Prt-degrade--de-canne-009colpress--.jpg

  
Vision du port dans lequel, le Cap' coule des jours caniculaires et laborieux !!! 
Parmi les multiples occupations, gonfler l'annexe et caréner la ligne d'étrave autour du bateau ont fait partie des opérations rendues délicates par un clapot rageur, trempant le capitaine des pieds à la tête... Pour ce qui est de l'électricité à bord, les deux batteries neuves remplissent leur office. Il est probable qu'il faudra en faire l'acquisition de nouvelles aux Antilles. Mais à chaque jour suffit sa peine !! Les panneaux solaires ont été remis à niveau, leur position actuelle, semblent mieux adaptée. Au milieu des activités de préparation, les conversations avec le voisinage battent leur plein. J'ai récemment siroté un ti-punch avec un breton, originaire de Concarneau, dont la mission en Guyane, est de travailler comme grimpeur en plein coeur de la forêt vierge, pour le compte de scientifiques. Afin d'appréhender cette mission pour le moins atypique, ce breton téméraire, m'a prêté un cédérom qui explique en détails l'ensemble de ses responsabilités. D'autre part, un constat, beaucoup de Brésiliens viennent en Guyane pour trouver un emploi, mais ils sont exploités, sous-payés par les entreprises qui font appel à leurs services. Les échanges de pontons permettent de découvrir des situations douloureuses. Les résidents de cette marina, habitent ici depuis lontemps, ils possèdent un regard renseigné sur les modes de fonctionnement de la société locale. 
Le départ approche... Ce qui implique Courses avec un C majuscule. Les équipets vont se remplir à ras bord, de denrées en prévision des fêtes de Noël. En Guyane, que c'est cher !! Entre 20 à 30 % supérieur aux prix de la Métropole... Un point positif,  on revit, au détour des allées de supermarché, rafraîchi, par une climatisation revigorante... Mais... en sortant... on atteint des pics de liquéfaction....Dehors, il règne une chaleur mortelle... Bientôt, le vent des alizés, soufflant dans les voiles va permettre de nouveau, de ventiler et d'aérer, un cap'tain fourbu.
Le fruits et les légumes apparaissent à foison sur les marchés locaux :
       IMGA0200compress--.JPG  On ne sait plus où donner de la tête, choisir entre les goyaves, les ananas, les papayes, les bananes, les maracoudjas, les corossols. La promenade au coeur du marché de Cayenne reste un moment unique. Tous les sens restent en alerte. Des senteurs inconnues effleurent et sollicitent les narines en permanence... Des effluves d'épices, de piments, de plantes fraîches, de citronnelle... La cuisine guyanaise est réputée pour ses saveurs associant un mélange de gastronomie créole, chinoise, africaine, brésilienne... A ce sujet, je n'ai pas encore goûté le fameux bouillon d'Aoura, qui est, paraît-il, le plus typique des plats du pays. La coutume dit que celui qui en aura mangé reviendra obligatoirement, un jour, en Guyane.  

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IMGA0206compress--.JPG Le panier d'osier bien rempli, retour sur Blue Wave pour les ultimes rangements. Il reste encore à déboucher la sortie d'eau du mini frigo, indispensable en ces contrées surchauffées...
Et aussi à étanchéifier le petit hublot rond qui continue à fuir par forte pluie. Demain, visite du centre spatial de Kourou. Ce soir, j'observe d'un oeil attentif, les prévisions météo, pour le début de la semaine, sur le logiciel Maxsea. 
Bientôt, des contours nouveaux vont se dessiner devant l'étrave de Blue Wave. Ca sera le début de l'aventure vers le sud des Petites Antilles et de ses îles volcaniques.... aux reliefs prometteurs...

par Joêl publié dans : Rencontres et Découvertes
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Mercredi 5 décembre 2007

Les 1er, 2, 3, 4 décembre 2007
La position reste inchangée : 4.51° N ; 52.16° W
Blue Wave amarré solidement le long d'un ponton au coeur d'une jungle foisonnante 

Depuis plusieurs heures, j'oeuvre en solo, mon co-équipier Jean-Claude, est reparti en France comme prévu, pour préparer de son côté, d'autres aventures maritimes, notamment la Grande Traversée La Rochelle-Québec.
 Après la location d'une voiture permettant de bénéficier d'une autonomie à travers le territoire. Degrade-Des-Cannes est loin de tout !! Appréciation et découverte des lieux et des possibilités de s'approvisionner, en matériel de navigation indispensable (les réparations vont bientôt commencer) et autres opportunités locales.
Une précision, en Guyane, le décalage horaire est de 4 H. La température moyenne de 27 °. L'humidité omniprésente. Il n'est pas facile de s'accoutumer à cette chaleur touffue, dés qu'il s'agit d'être actif et de pourvoir à de nombreuses occupations...
Le 4 décembre, 15 H 20 (heure guyanaise), le cap'tain, à l'instar, des autres navigateurs voisins, vient de terminer une sieste réparatrice, dans le cockpit, protégé par le taud... Au sortir, de cette douce torpeur, la conscience le ramène à certaines réalités. Il est nécessaire de réparer les plaies et les bosses du navire, après sa longue bourlingue, et préparer les traversées à venir...
Les deux spis viennent d'être lavés. Ils sèchent sous un beau soleil providentiel. Nous sommes actuellement en petite saison des pluies, les grains fréquents déversent leurs gouttes chaudes avec vigueur.  Mes deux spis, à la toile fine et soyeuse, étaient imprégnés de sel et complètement  humides.  
Le 3, j'ai attaqué le grand nettoyage du poste avant. Celui-ci rempli d'eau commence à m'inquiéter. Je m'en suis posé des questions, à essayer de déterminer d'où pouvait venir une si importante quantité d'eau, une fuite quelque part... Oui, Mais où ?... Au terme de nombreux tâtonnements, je pense avoir détecté le point litigieux. J'ai réparé en utilisant du silicone. J'en ai profité pour regalvaniser la chaîne de l'ancre. La rouille rongeait les anneaux à de nombreux endroits. Il a fallu battre la campagne pour trouver du galva en bombe . Ce soir, je branche mes nouvelles batteries, les deux anciennes devenues inutilisables. Je m'apprête à réaliser une série de tests.
Ensuite, j'attaque un vaste ménage intérieur...
Vendredi prochain, j'irai faire un peu de tourisme, visiter, entre autres, le centre spatial, à Kourou ouvert de 8 H à 13 H. Rappelons que Kourou est le berceau de l'aventure spatiale européenne. Ses installations sont les plus modernes et les mieux situées au monde. Elles sont particulièrement adaptées aux opérations de préparation et de lancement des satellites et des véhicules spatiaux.
J'aurais apprécié de pouvoir naviguer sur un bateau touriste sur l'un des  nombreux fleuves sillonnant l'immense forêt amazonienne. La Guyane est recouverte à 94 % de forêt, dont plus de la moitié est classée en zone protégée. Il s'agit d'un patrimoine d'une richesse exceptionnelle, composé d'environ 1300 essences d'arbres, 190 espèces de mammifères, 720 espèces d'oiseaux, 480 espèces de poissons. Je suis en face d'un des plus grands espaces naturels à explorer.
La Guyane, c'est aussi le triste souvenir du bagne. Peut-être, irais-je visiter le "camp de transportation" de Saint-Laurent du Maroni. La ville est à environ 200 kilomètres de l'endroit où je réside. Je ne pourrai aller sur les Iles du Salut, lieu d'exil de milliers de bagnards dont les plus célèbres furent Papillon et Dreyfus.
La route qui relie, Remire-Montjoly au port, permet de découvrir, une côte encore sauvage. D'un côté, la mer, de l'autre la forêt luxuriante. Les plages, dans ce coin, sont boueuses et sales. Nous nous situons à l'embouchure du Mahury. Des tribus indiennes habitent un peu plus haut, dans la jungle, en amont du fleuve.

En attendant, je sirote, avec modération, un ti-punch, au milieu d'un paysage de mangrove. La nuit, étrange et mystérieuse, résonne de milliers de bruits ténus se répercutant en écho. La proximité de la jungle et de ses occupants nocturnes occupent l'espace, rythment le sommeil. 
Je pense larguer les amarres lundi ou mardi prochain. Un timing à respecter pour rallier les Antilles...
Dans mon lieu de villégiature, tout est calme. Peu d'action, un peu de passage en la personne de quelques pêcheurs brésiliens embauchés par les mareyeurs guyanais. Cette minuscule communauté vit repliée sur elle-même, et a une forte tendance à sombrer dans la paresse et l'oisiveté. L'impression d'avoir échoué dans un trou perdu active mon désir de partir. Entre les travaux, je me repose sous la chaleur tropicale. J'ai fait l'acquisition d'un petit ventilateur, achat indispensable pour le confort à bord. 
La totalité des bateaux présents sont équipés en climatisation.
Un sapin de Noël miniature attend son heure au fond d'une équipet. Ici, les magasins regorgent d'objets de décoration, de nombreux trésors pour les fêtes de fin d'année qui approchent...   

par Joêl publié dans : Rencontres et Découvertes
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Dimanche 2 décembre 2007

Le jeudi 29 novembre 2007,
 position : 4.51° N ; 52.16° W

Quelques précisions géographiques indispensables, nous nous déplaçons donc toujours sur le continent sud-américain, entre l'Equateur et le Tropique du Cancer par 53 ° de longitude ouest, et par 4° de latitude nord. Le climat équatorial humide fait peser le poids d'une chaleur moite. Comme nous sommes en décembre, nous entrons dans la petite saison des pluies. La célèbre ville de Cayenne, commune française, située dans la région d'Outre Mer Guyane est trés proche du lieu où nous faisons relâche.

Nous arrivons dans le port de Degrad-Des-Cannes. Amarrage enregistré 
sur le ponton à 11 H.
998 milles, parcourus en à peine 6 jours. Nous sommes fiers de cette belle traversée, effectuée en un temps record. La journée la plus marquante, qui restera gravée dans nos mémoires ainsi que dans les annales de l'histoire de ce bon vieux Blue Wave, a été vécue mardi dernier : 196 milles inscrits au compteur, réalisés en 24 H. Notre navire caracolait sur les vagues avec des pointes à 9 noeuds sur le fond. Ce record, enthousiasmant, risque maintenant d'être difficile à battre !! Nous garderons un souvenir fort de cette traversée, ponctuée par une mer ample, majestueuse, des grains intermittents, un vent de travers soutenu, véritable point d'orgue favorisant notre progression éclair.
L'arrivée dans un port, soulève soit l'enthousiasme, soit laisse mitigé. Que dire de l'endroit où nous venons d'accoster ?... Celui-ci est situé à 10 kilomètres de Cayenne, à l'intérieur des terres, sur la rivière Mahuri. Ce petit port regroupe une flottille d'environ 30 bateaux, dont quelques uns donnent tout bonnement, l'impression d'être abandonnés. Les autres navires présents, sont occupés par des gens travaillant sur zone. Cet endroit de bout du monde, entouré de mangroves, donne une impression de solitude. Plus loin, un port de commerce important, le port de Degrad-Des-Cannes, situé sur le territoire de Remire-Montjoly. Grâce à la présence de ce complexe important, Cayenne représente la plate-forme d'import-export de la Guyane. Nous constatons l'abscence de nombreuses commodités d'où la nécessité de louer un véhicule dans les plus brefs délais, afin de rester autonomes et pourvoir aux nombreux travaux à venir, dont entre autres l'acquisition et le transport de matériel adéquat sur le bateau. 
La jungle proche permet d'entendre le concert des animaux et volatiles s'ébrouant dans les branchages d'une végétation luxuriante. A l'heure qu'il est, nous avons déjà fait la connaissance de certains spécimens à la sinistre réputation. Les moustiques !! Pour échapper à cette invasion, et nous protéger de leurs "cuisantes" piqûres ! il a fallu s'enfermer dans le carré. Où nous transpirons à grosses gouttes !! Heureusement, nous avions anticipé ce scénario, en fabriquant et découpant des moustiquaires, avec le matériel acheté à La Rochelle, avant le départ. Confection, mise en oeuvre, deux jours avant notre arrivée... en pleine mer... Quand les hordes vrombissantes de moustiques se seront éloignées de notre orbite (ils sévissent à un moment précis de la journée), il faudra songer à remplir les formalités de la douane et faire enregistrer notre arrivée sur le territoire. Pour se donner du coeur à l'ouvrage, nous venons de savourer un copieux morceau de camembert, généreusement offert par nos voisins de ponton avec qui nous venons de lier connaissance. Bon présage...  
Avant d'aller visiter, Kourou ou Saint-Laurent du Maroni, beaucoup de travail en perspective... La devise de la ville de Cayenne, (inscrite sur ses armes) n'est-elle pas la suivante : "Fert Aurum Industria" signifiant "le travail procure la richesse". On va bien voir ce que cela donne...  

Patience, pour les photos, elles arrivent, elles arrivent.... Il y en aura même de nouvelles, qui vont enrichir les précédents articles déjà rédigés, et notamment, ceux concernant le Brésil. Le capitaine s'étant fait voler son appareil, il a fallu trouver d'autres alternatives pour continuer à voyager en images. Joël, ancien co-équipier, de cap'tain Joe, (qui rappelons-le, a quitté le bateau à Salvador début novembre) vient d'en envoyer une cargaison. Nous lui transmettons mille mercis et toute notre sincère amitié.
 

par Joêl publié dans : Rencontres et Découvertes
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Mercredi 28 novembre 2007

Les 26, 27, 28 novembre 2007
 Le mardi 27 novembre à 16 H 30, position : 2.39 N ; 47.34 W.

Ce sont de véritables surfs vécus en plein océan. Blue wave fonce entre 8 et 9 noeuds sur le fond. Vitesse, célérité, euphorie, balancement de la coque dans la houle. Depuis notre départ de la marina de Fortaleza, nous battons tous les jours notre record : 170 milles hier, 26 novembre. Nous allons atteindre 185 milles à minuit. A ce rythme trépidant, particulièrement soutenu, nous prévoyons un atterrissage du côté de Cayenne, jeudi dans le courant de l'après-midi. A part, cette progression vertigineuse, le reste de la navigation ne présente aucun caractère exceptionnel. Le ciel d'un azur immuable fait brutalement grise mine. Des grains circulent depuis ce matin, lâchant de temps à autre quelques averses sporadiques. De timides éclaircies cet après-midi. Pas de poissons, ni de mastodontes, ni de specimens lilliputiens, pour améliorer notre ordinaire. Juste une émotion du côté de la cuisine !! La cocotte minute a valdingué dans le carré et a perdu ses oreilles dans la tourmente... Il ne reste plus qu'à battre la campagne, quand nous serons à terre, pour lui rendre ces appendices, sans lesquels aucune tambouille qui tienne la route n'est possible... Joël, le skipper pense déjà à son escale. Elle sera synonyme de dur labeur, et comble de souffrance, vécue dans une chaleur torride.
Il y aurait, au vu de certains signes qui ne trompent pas, deux batteries HS (Hors Service), donc prévoir le remplacement de celles-ci. A revoir également, le montage des panneaux solaires. Un constat, ils ne chargent pas de manière optimum ; révision complète du gréement, grand nettoyage d'avant les Antilles... s'impose après de nombreuses semaines de traversée en parallèle du Brésil. Un avitaillement en règle reste à organiser, et notamment des conserves de légumes, introuvables au Brésil...Le cap'tain prévoit malgré cette avalanche de missions, quelques visites en Guyane. Le programme va s'affiner dans les jours qui viennent. En attendant, toujours bercés par les vagues, nous constatons qu'il est 18 H 30, il est temps d'aller prendre une bonne douche sous les étoiles. La nuit tombe à 5 H 30, le jour se lève à
4 H 30. L'équipage arrive à dormir par intermittence et à trouver des moments de repos et de décompression. Nous ne ressentons pas de véritable phénomène de fatigue.

par Joêl publié dans : Nouvelles du bateau
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Lundi 26 novembre 2007

Les 24, 25 novembre 2007,
position le 24 à 21 H : 1.50 S ; 40.18 W

Les nouvelles vagues annoncées bercent déjà notre voyage. Nous avons largué les amarres du port de Fortaleza vers 16 H (toujours heure brésilienne), et bénéficions d'un bon vent de sud-est à est-sud-est, 5 à 6 beaufort. Nous bourlinguons à vitesse tout à fait satisfaisante. Toutefois, il faut avouer que la remise en route, direction la pleine mer a été difficile. Nous ressentions une forte impression de fatigue. Quelques jours de plus à paresser dans la torpeur de la ville forteresse, aurait permis de recharger nos batteries, quelque peu grippées. Mais, le timing, le temps, les rendez-vous à ne pas manquer, les travaux à régler sur le bateau à Cayenne nous obligent à ne lanterner nulle part. Quelle longue liste pour un seul petit navire géré en équipage réduit.... D'où la nécessité absolue de repartir vers le large, le trés grand large !! Ce soir, nous retrouvons une certaine vigueur. Une lune rousse clignote, accrochée en haut du mât. Elle éclaire notre route et miroite en milliers de scintillements sur la mer. Demain matin, nous allons de nouveau franchir l'Equateur, et retouver l'hémisphère nord. Nous prévoyons une traversée d'environ 7 jours. Ce qui devrait nous faire arriver vendredi ou samedi prochain à Degrade des Cannes.
Nous poursuivons nos activités de pêche, avec de la chance au bout de la ligne. Nous venons juste de ferrer une daurade géante. Specimen tellement impressionnant que nous ne savions plus quoi en faire et avons préféré la remettre à l'eau !! Tant pis pour les p'tits plats et la grande cuisine... Nous avons appris, récemment, au sujet de la daurade coryphène, qu'il ne fallait surtout pas la manger à la tahitienne, cuite dans le citron, des risques d'empoisonnement existent. Nous comprenons maintenant, pourquoi, nous avons été tous les trois, trés mal en point, durant la Grande Traversée de l'Atlantique, en effet, nous l'avions dégusté quasiment crue agrémentée de citron... Il faut donc se méfier de la chair de certains poissons et surtout éviter d'en manger cru... Ce sont les leçons de voyage... 
Pour ce qui est des perspectives du proche avenir, je pense repartir, cette fois, seul, de Cayenne, vers le 10 ou le 15 décembre (à moins que parmi les fervents lecteurs du blog, il y ait un coéquipier potentiel souhaitant naviguer de Cayenne à Grenade en ma compagnie, je suis preneur, se manifester rapidement... Sur Internet, les billets d'avion pris en dernière instance peuvent être trés intéressants ...) Tout dépendra des travaux, révisions indispensables à réaliser sur le bateau avant un nouveau départ et surtout, je tiens à m'accorder une période de repos indispensable avant une traversée de 4 à 5 jours vers Tobago.      

par Joêl publié dans : Nouvelles du bateau
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Samedi 24 novembre 2007

Les 21, 22, 23 novembre 2007

Nous arrivons à Fortaleza ce matin à 6 H après une nuit agitée et riche en actions de réglage à bord. Un vent de force 7 a sévi sans discontinuer. Nous avons mis
 43 H pour effectuer 285 milles. Belle performance !! Arrivés sur terre, nous partons à la découverte de ce nouvel environnement et surtout, avant toute distraction, nécessité de faire vérifier les papiers officiels (clearance), dans plusieurs endroits différents. Il faut du souffle, de la persévérance, beaucoup de patience pour ces opérations de contrôle dans le pays !
 Nous allons manger au kilo, selon une formule courante au Brésil. Assiette imposante, garnie de spécialités, pour prix modique. Accablés par la chaleur intense, nous revenons vers le bateau récupérer nos maillots de bain. Nous avons repéré la grande et belle piscine de l'hôtel situé juste en face de la marina. Il n'y a pas d'autre alternative possible à part celle de piquer une tête dans les ondes turquoises, tellement tentatrices !!

PLAGE-NATALcompress---copie-1.jpg    Plutôt que de se masser sur la plage sous les parasols multicolores, nous optons pour une sieste réparatrice au bord de la piscine. Les longues heures vécues en mer, chahutés, malmenés, méritent un vrai travail de réparation. Réconfort ultime d'un transat dans un endroit calme. Comme dit un vieil adage "après l'effort, le réconfort".
bronzette-a-fortalezacompress---copie-1.jpgDemain jeudi, un timing précis à organiser puisque nous prévoyons de quitter ces lieux enchanteurs dés vendredi après-midi. Courses pour l'avitaillement. Nous ferons livrer directement par taxi pour des raisons de commodité. Le navire des Bretons rencontrés à Natal, vient juste d'arriver. L'équipage semble épuisé. De plus, ils ont accroché le safran dans une des ces maudites pendilles. Nous les aidons, l'opération s'avérant des plus laborieuses.
Un autre souci, résolu dans l'immédiat, Jacques Arnaud, un des coureurs de la Mini-Transat, que nous avons accompagné, durant le long périple Atlantique, m'a revendu avant le départ de Salvador de Bahia, une bouteille d'air comprimé pour mon gilet gonflable. En effet, cette fameuse bouteille avait fait des siennes pendant la longue traversée. Il fallait trouver une solution pour des raisons de sécurité. Et une éventuelle chute à l'eau... Cas de figure extrème, mais qui peut se produire en mer. Toute les situations doivent être passées au crible, prévues, anticipées... 
Il est prévu de monter le long du mât, afin d'effectuer un nouveau contrôle de notre drisse d'enrouleur. Nous avons calculé qu'il nous faudra environ, sept jours de traversée pour rejoindre Cayenne en Guyane. Nous allons éviter une escale à Belém. L'endroit ne possède pas une bonne réputation. De plus, nous risquerions, en raison de la proximité de l'Amazone, des collisions avec des obstacles, tels des troncs d'arbres, charriés par les eaux boueuses du fleuve vers la mer. Nous naviguerons à 100, 150 milles de la terre. Nous effectuerons une grande boucle au large avant de repiquer vers les côtes en fin de parcours. Nous n'avons pas le temps de visiter et de profiter des charmes de Fortaleza, dont nous savons que c'est une ville trés touristique, agrémentée de plages et d'un littoral magnifique, avec, entre autres, la proximité du Beach Park (20 km), le plus grand parc de loisir de l'Amérique du Sud. Paraît-il que les plages des environs sont absolument paradisiaques avec pour certaines d'entre elles, un sable blanc immaculé. Les plages de l'ouest déploient des falaises de sable de huit couleurs différentes. Nous aurions aimé profiter du spectacle, mais une longue traversée nous attend et son cortège de réglages et préparatifs.
Il est vrai que si nous avions eu plus de temps, nous aurions apprécié de faire escale à Belém, ville brésilienne, capitale de Para, au nord du pays, connue comme la "Cité des Manguiers" pour la quantité d'arbres jalonnant les rues. Belém est aussi la porte d'entrée de la région amazonienne brésilienne et situé sur la rive du fleuve de l'Amazonie. Il y fait, paraît-il trés chaud, un été presque perpétuel y règne avec des températures avoisinant les 35 °.   
Dans l'immédiat, nous sommes invités à passer la soirée, sur un superbe catamaran, un outremer 55, nos voisins de ponton. Demain, nous dépenserons nos derniers Réals puisque ce sont nos ultimes heures sur la terre brésilienne.
Avant d'affronter de nouvelles vagues...

par Joêl publié dans : Nouvelles du bateau
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Mercredi 21 novembre 2007

Les 19, 20, 21 novembre 2007, 
position le 20 novembre à 20 H : 4.30° S ; 37.16° WP1060200compress--.JPG

 

Depuis notre départ de la bouée, le bateau tangue, bouge. Les vagues viennent cogner violemment contre la coque. Le vent, est-sud-est soutenu, souffle entre 6 et 7 beaufort en permanence. Aucune accalmie, pas de répit...
Nous sommes partis de Natal à 11 H dimanche matin après avoir fait un tour dans un grand magasin Carrefour. On en trouve même à l'autre bout du monde... Nous y avons opportunément trouvé de quoi garnir largement les équipets et le garde manger de notre navire. Surtout de quoi tenir le choc le temps d'une courte traversée. Nous l'estimons à 48 H environ. Nous avons apprécié le mouillage où nous étions amarrés. Celui-ci, trés proche, d'un yacht club animé, où il y avait fête dimanche, pour l'inauguration d'un superbe pont. Nous n'aurons pas pris le temps de visiter Natal, capitale de l'Etat du Rio Grande do Norte. Avec son climat tropical, elle est surnommée la "ville du soleil". Sous cet astre ardent, trois ou quatre bateaux oscillent paresseusement sur leurs bouées à proximité du nôtre. Peu de circumnavigateurs sur cette trajectoire brésilienne. Sur l'un des navires voisins, nous sympathisons avec une famille nombreuse originaire de Lorient, les parents et leurs cinq enfants, partis parcourir le monde sur deux ans. Ils naviguent sur un voilier en acier et relatent leurs aventures et péripéties dans le dernier numéro de la revue "Voiles et Voiliers". Dans ce numéro, ils communiquent également l'adresse de leur site sur internet. Un des enfants de cette joyeuse tribu a pu se couler dans les méandres étroits d'un des coffres extérieurs du bateau afin de réparer la fameuse fuite d'eau. Celle qui nous a donné quelques cheveux blancs supplémentaires !! Ce petit contorsionniste providentiel est entré avec agilité dans le coqueron, a revissé et collé le passe coque. Tout le monde s'apprête à larguer les amarres, ils partent à peu près au même moment que nous, leur bateau étant plus lourd, leur progression sera plus lente. Rendez-vous est pris à Fortaleza.
Dans la houle, poussé par le vent puissant, Blue Wave marche fort. Sa vitesse, optimisée, par un courant propice d'un noeud. Ce joli petit navire totalise plus de 11005 milles au compteur depuis son acquisition en 2004. Nous avions arrosé cet évènement marquant en plein Atlantique... Nous approchons de Fortaleza, "forteresse" en portugais, quatrième ville du Brésil. Nous y ferons une escale plus conséquente pour se reposer avant d'entreprendre une étape en mer dont il est prévu qu'elle durera une huitaine de jours, vers Cayenne, en Guyane. Nous ne souhaitons pas aller à Belem, réputée trop dangereuse.  

par Joêl publié dans : Nouvelles du bateau
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Mardi 20 novembre 2007

Les 17, 18 novembre 2007
Position le 17 novembre à 21 H : 7.38° S ; 34.34° W

Nous larguons les amarres de Recife, ce samedi matin vers 10 H après avoir réparé la drisse de génois qui s'était (eh oui) de nouveau cassée en tête de mât ! Le dernier incident de la sorte s'était produit peu après notre départ des îles Canaries. Nous avions réparé, croyant que le problème était définitivement clos. Erreur !! 
J'attends d'être aux Antilles pour vérifier ou faire vérifier le système défectueux d'un peu plus près. Nous avons trouvé après de nombreux tâtonnements d'où provenait la fuite d'eau qui suintait, depuis un certain temps, déjà, du coqueron. Il fallait pomper l'eau dans le puisard, toutes les deux heures environ ! Une exploration complète du bateau a été réalisée dans les règles. Une fuite est toujours inquiétante ! Finalement, il s'avère que le suintement provient d'un passe-coque qui s'est dévissé et décollé. En fait, il s'agit du passe coque fixé sur le tuyau d'une petite pompe. Nous avions pourtant resséré les colliers serflex à La Rochelle, en juin. Une réparation est prévue lors de notre prochaine escale à Natal. Finalement, nous ne ferons pas d'escale à Jaoa Pessoa, nous filons directement sur Natal.
Notre équipage navigue, actuellement, au débridé à 7 noeuds, sous un vent de force 6 sud-sud-est, en suivant le cap 350. La mer miroitante scintille d'un vert quasi surnaturel. Il faut se méfier des casiers de pêcheurs jalonnant notre route comme autant d'obstacles nous obligeant à sinuer et virer de bord. Dans la nuit, nous avons préféré nous éloigner des côtes... trop dangereuses... le bateau a failli en percuter un de plein fouet !! Nous cherchons autant que possible à éviter ce genre de choc. Ce scénario nous obligerait à nous mettre à l'eau et à couper le cordage avec un coupe orin. Nous ne voudrions pas faire de mauvaises rencontres en mer, genre animal sous-marin doté d'un aileron et de dents coupantes !! Des orques en plein océan, nous ont suffi dans le registre des émotions fortes !! Dans cette logique d'évitement, nous poursuivons notre route dans une ligne de sonde des 100 mètres.
Natal s'approche progressivement.

par Joêl publié dans : Nouvelles du bateau
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Mardi 20 novembre 2007

Les 14, 15, 16 novembre 2007
Position le 15 novembre à  21 H (HL) : 9.11° S ; 35.10° W

Le vent, la mer sont enfin calmés, assagis. La situation à bord redevient de nouveau plus sereine. Selon nos pronostics, il est prévu que nous arrivions à Recife, vendredi vers 7 H (toujours heure locale, 4 heures de moins qu'en France). Nos jeunes équipiers, malheureux et malmenés, durant cette traversée, reprennent vie doucement. Le mal de mer dessèrent son étau implacable. Clothilde ne s'est pas alimentée depuis 3 jours, elle grignote juste quelques grains de riz, à midi. Nous l'entourons de toute notre sollicitude. Décidément, ce ne sont pas vraiment des vacances... Le Brésil et ses vagues tumultueuses, resteront gravés dans certaines mémoires et seront à ranger aux accessoires des mauvais souvenirs. La chaleur se fait de nouveau sentir ! Mercredi, deux grains ont survolé notre embarcation et nous ont copieusement arrosés au passage. Nous en avons profité, pour répéter le scénario vécu en plein coeur du Pot au Noir, à savoir prendre une bonne douche et rafraîchir nos idées. L'escale à Recife arrive, à point nommé, pour détendre l'atmosphère et récupérer certains esprits chahutés. 
L'escale promet d'être brève, une longue route nous attend.
Les jeunes vont nous quitter pour rentrer en France dans les jours qui viennent.

 Recife est la capitale de l'état du Pernambuco, et la principale ville du Nordeste. Nous découvrons la petite agglomération d'Olinda située à 6 kilomètres de sa voisine imposante. Olinda est vraiment charmante, perchée sur une jolie colline, enfouie dans un écrin de végétation tropicale et luxuriante. Nous parcourons ses ruelles, serpentant entre de belles maisons coloniales vivement colorées, et de superbes églises au style baroque.
Nous allons déjeuner dans un succulent restaurant, des plats aux saveurs épicées, chaudement recommandés par le guide du routard. La promenade digestive qui suit est difficile en raison des raidillons du village qui ne sont d'aucune pitié pour nos mollets endoloris.
Un départ est prévu samedi 17 novembre en direction de Jaoa Pessoa où nous comptons nous reposer et puis continuer ensuite sur Natal.  

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Départ de Salvador. Vues du port et de la ville.                                          P1060166compress--.JPG

P1060186compress--.JPGEn mer, rien n'est encore joué !!!
par Joêl publié dans : Nouvelles du bateau
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Mardi 20 novembre 2007

Les 10, 11, 12 ,13 novembre 2007,
Position le 13 novembre à 20 H 20 (HL) : 12.05° S ; 37.31° W

Nos femmes nous quittent, une larme au coin de l'oeil et la nostalgie chevillée au corps.
Elles rentrent en France pour travailler, c'est la fin des vacances !!
Joël, notre fidèle co-équipier, part, également de son côté pour vivre de nouvelles aventures terriennes au Brésil avec Claudette, sa femme.
Les deux coéquipiers n'ont qu'à bien se tenir, Cap'tain Joe et Jean-Claude. De nombreux bricolages en perspective, sous une chaleur d'étuve, un soleil de plomb. Au Brésil, c'est la fin du printemps, bientôt le début de l'été !!
Dimanche, nos jeunes amoureux (Clo. et Seb.) arrivent et prennent place sur le bateau. Nous partageons tous le même désir d'océan. La route est calculée de manière précise grâce au logiciel de navigation Maxsea. La remontée vers Recife ne sera pas de tout repos !! Nous aurons selon toute vraisemblance, le vent en plein dans le nez, d'où la nécessité tactique de tirer des bords. Une autre nécessité, celle de s'attacher au harnais de sécurité. La mer risque d'être agitée. Des requins à la réputation douteuse frayent dans les zones vers lequelles nous nous dirigeons, étrave en avant !
Nous quittons Salvador de Bahia lundi 12 novembre vers 14 H 30, heure locale après avoir non sans mal récupéré nos bouteilles de gaz et fait ce qu'il fallait pour nos papiers en règle. La température est plus fraîche en mer. Nos nouveaux coéquipiers, peu amarinés, sombrent dans un mal de mer, qui va les anéantir plusieurs jours de suite...
 La navigation devient de ce fait, plus compliquée à gérer, avec des malades qu'il faut prendre en charge et un vent est-nord-est, force 6 beaufort. Blue wave gîte allègrement dans une mer moutonneuse. Les embruns laissent leurs traces d'écume sur le pont. Nous suivons le cap 35. Nous nous situons à 60 milles d'Aracaju, une petite ville côtière qu'il n'est pas prévu de visiter, nous nous contentons de l'imaginer. La nuit (du 12 au 13 novembre) vécue à bord fut particulièrement inconfortable. La mer nous a fait la démonstration de quelques bons coups de boutoir. La toile antiroulis tribord s'est déchirée dans la tourmente et les chocs répétés. 
 
 

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par Joêl publié dans : Nouvelles du bateau
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