Mercredi 16 janvier 2008

Les 29, 30, 31 décembre 2007,
derniers jours de cette année particulière 

Après une nuit agitée, nous décidons de lever l'ancre de bonne heure et d'aller se nicher dans une autre baie au charme envoûtant, par beau temps...
Avant de quitter les lieux, visite du mouillage au moteur, nous avons l'intention d'y revenir au retour, nous prenons quelques repères  .
Dans un vent, toujours puissant, nous longeons une côte escarpée, afin de rejoindre le mouillage d'Hillsborough. Cette escale, devient incontournable car nous devons y effectuer les opérations de clearance (sortie de l'état de Grenade). La mer, d'un bleu tellement vif, hypnotise et nous aimante. Nous ne pouvons résister et nageons le long du bateau. Le capitaine effectue un carénage "trés" artisanal. Après avoir gonflé 
l'annexe, donnant d'évidents signes de fatigue, nous allons remplir les papiers officiels, nous donnant l'autorisation de quitter le territoire.
Chacune de ces îles représente un territoire bien à part. Il est nécessaire à chaque fois de remplir des formalités pour y "entrer" et d'autres papiers ensuite pour en "sortir". Et payer à chacune des formalités....
Au terme de ces tractations laborieuses, en raison de la barrière de la langue, nous quittons les lieux et rejoignons, tout à côté d'Hillsborough, le mouillage de Sandy Island... Nous jetons l'ancre, à proximité de la petite île de sable blanc, entourée de coraux. Nous nous méfions de la partie Sud-Est de Sandy, car celle-ci, prolongée par un banc de corail, peut s'avérer dangereuse pour le bateau, si nous accostons trop près. Quelques voisins de mouillage, dont un superbe sloap américain, tout de bois vêtu. Quelques catamarans de location disséminés le long de la bande de sable.
L'eau, limpide ressemble à un rêve... Après avoir enfilé masque, tuba, palmes, nous allons nous assurer que l'ancre est bien crochetée sur les fonds. Quelques poissons indifférents vaquent à leurs occupations. Nous les frôlons de nos doigts écartés. La petite plage est l'image typique de l'îlot tropical. Sable blanc, parsemé de copeaux de corail rose et rouge. Ces miettes et particules de corail crèent l'illusion, on a l'impression de fouler un sable rose par endroits... L'île était autrefois couverte de cocotiers et depuis le passage du cyclone Lenny, il n'en reste plus un seul. La terrible houle, déclenchée par le cyclone, a détérioré son "reef". Malgré ce saccage naturel, cette île minuscule possède un charme auquel il est difficile de rester insensible. Le sable d'un blanc intense, rehaussé par les flèches du soleil donne à l'eau ces tonalités si douces, si claires, toutes de tranparence. 
L'ensemble dégage un charme magnétique. Nous passons la soirée à s'ébrouer dans l'eau.
C'est dans la nuit, que le vent se lève et se met à souffler en rafales, avec violence. Des tours de guet deviennent nécessaires pour s'assurer que l'ancre tient bien sur les fonds, que le bateau ne dérive pas vers les bancs de coraux...
Des grains accourent de l'horizon et déversent des averses diluviennes. Depuis que le vent forcit, une houle pernicieuse secoue et chahute les embarcations. Plusieurs bateaux préfèrent lever l'ancre. Bientôt, nous restons seuls à résister dans cette tourmente ! La houle devient difficile à supporter au mouillage. Nous levons l'ancre et décidons d'aller s'abriter sur l'île d'Union à Chatham Bay, ainsi nous serons protégés sous le vent de l'île.
La navigation reste sportive. Les embruns projetés par la course du bateau soulève des geysers d'eau virevoltant et formant à chaque fois des myriades de minuscules arcs-en-ciel. 
En approchant des longues falaises sombres, nous échappons à la houle et au clapot.  Nous dirigeons la proue du navire le plus près possible des terres, au Nord-est, pour avoir la garantie d'une meilleure protection. De nombreux navires cohabitent dans la baie. Au moment, où nous réalisons les opérations de mouillage, un grain violent s'abat sur la baie, nous sommes trempés d'eau douce. 
La nuit reste encore une fois, perturbée. Le vent, descendant des falaises, souffle brutalement en rafales, fait chasser tous les bateaux sur un angle de 80 à 180 degrés. Heureusement que l'ancrage est solide. Des tours de garde s'imposent.
Au petit matin, le 31 décembre, nous relevons l'ancre, et filons vers le mouillage de Clifton.
Sous un vent Est-Nord-Est, soufflant entre 25-28 noeuds, nous contournons l'île par le sud, en tirant des petits bords pour optimiser notre progression. Le ventilateur géant souffle vigoureusement face à nous. En approchant de l'île, nous admirons les contrastes d'une belle palette de bleus profonds, bleu turquoise, bleu indigo, bleu pastel... Avant d'aborder, l'entrée dans la passe, nécessité de se montrer vigilant, les sens en alerte, l'oeil aux aguets. Certes, les cayes sont indiquées par des bouées, il faut écarter certains dangers comme la présence de récifs et les courants. 
De nombreux bateaux mouillent à l'ancre ainsi que sur les pontons de l'Anchorage Yacht Club, un des centres actifs d'Union. Ce mouillage situé au vent de l'île, préservé, par une vaste barrière de corail devrait ménager une relative tranquillité.
Nous jetons l'ancre au milieu d'un trafic incessant de bateaux, et des ballets de "boat boys" assurant différents services : taxi, livraisons... Les locaux pilotent ces embarcations, à une vitesse vertigineuse. Il faut éviter de se baigner en ces lieux au risque de se faire scalper au passage ! Ces mouvements ininterrompus crèent un remous, une forte agitation. Un certain "Ramon", nous aborde et distribue une invitation pour le soir. Il nous conseille de réserver au "Lambi's Bar" pour la soirée du Nouvel An... Il viendra nous chercher à 19 H tapantes. Marché conclu !  
Un tour de reconnaissance dans l'île permet de découvrir la rue principale longeant la mer. Echoppes, petites épiceries, baraques pour touristes,
cyber-cafés, restaurants, bars déversant de la musique reggae créent une certaine animation. Dans un premier temps, nous avons l'obligation d'effectuer l'inévitable clearance pour bénéficier de l'autorisation de naviguer dans l'Etat de Saint-Vincent. Les douanes, situées dans l'aéroport permettent d'assister au ballet des avions qui atterrissent sur une piste très courte donnant directement sur l'océan. Vision impressionnante !  
La chaleur plombe les énergies, chacun bouge avec lenteur, comme au ralenti... Des sonos installés à de nombreux endroits du village diffuse de la musique chaloupée, l'ambiance festive crée une certaine tension, certains dansent torse nu, la tête déjà dans les étoiles...
 Une petite carib... bière blonde trés rafraîchissante, prise à l'ombre d'un palmier, sur la place principale, avant de défaillir...
De retour sur le bateau, nous attendons notre "Ramon" qui se fait attendre, attendre... Du coup, nous prenons le temps de boire notre champagne... Ne voyant personne arriver, nous téléphonons au restaurant, qui nous envoie à une heure avancée, un jeune taximan. Celui-ci nous conduit à un train d'enfer, faire la fête juste en face, à l'endroit où nous avions réservé. Ambiance déjà survoltée. Steel band, danse... Nous faisons connaissance avec des français, venus de Brest sur leur catamaran... avec des écossais et leur famille nombreuse... Ca y est, il est minuit.... L'année nouvelle va commencer....       

par Joêl publié dans : Nouvelles du bateau
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 16 janvier 2008

Le 28 décembre 2007

A 10 H, nous quittons la baie si paisible de Grenade. Dés la sortie, nous sommes attrapés, entraînés par un vent soutenu, d'est-nord-est. Nous retrouvons le vent des alizés soufflant régulièrement, toute l'année. La bonne saison, est celle où il souffle le plus fort ! Actuellement, entre 25-28 noeuds. La femme du Cap'tain, son second dans les manoeuvres, qui n'avait plus navigué depuis 4 mois environ, est rapidement rattrapé par le temps. Les gestes répétés tant de fois, reviennent automatiquement. Il n'est plus temps de réfléchir, à cette vitesse, il faut agir avec célérité et promptitude...Belle progression sportive au bon plein. 2 ris dans la Grand Voile, un foc de route. Nous longeons l'île de Grenade, magnifique, opulente de verdure, de frondaisons. Les cocotiers ploient sous la puissance du vent. La mer, intensément bleu marine contraste d'une manière saisissante avec ce paysage fertile. Fjords, falaises, vallées, collines coiffés de vert pimpant sont majestueux et découpent la côte comme autant de doigts d'une main de géant. Laborieusement, en tirant quelques bords, nous longeons à une certaine distance, les îles situées au nord de Grenade : l'île du Diamant ; l'île ronde ; les Tantes ; ce groupe d'îlots et de récifs offre un intérêt certain pour la plongée sous-marine car les fonds y sont trés poissonneux. Les vagues, chaotiques, claquent violemment le long de la coque, contrant la progression du navire. Les embruns volent par dessus-bord, créant de minis arcs-en-ciel. Le soleil darde ses rayons vigoureux. Une casquette s'envole dans la tourmente. L'impression trés nette qu'un immense ventilateur naturel souffle en permanence, sans discontinuité au-dessus de nos têtes.
Des poissons volants, filent, tels des torpilles gris argent, sur la crête des vagues. De plus gros poissons, non identifiés, s'essaient à quelques acrobaties aquatiques en cherchant à happer le menu fretin frayant en pagaille.
Progressivement, nous approchons de l'île de Carriacou. Cette île, la plus grande et la plus peuplée des Grenadines, offre de belles perspectives de découvertes. 
Nous prévoyons une escale pour la nuit dans le mouillage de Tyrell bay, qui est paraît-il, un des mouillages les plus tranquilles des Grenadines. Il faut se montrer prudent en approchant car des hauts-fonds débordent à plusieurs endroits...
 Nous jetons l'ancre un peu en extérieur, les bateaux sont nombreux à se côtoyer dans cette baie. Nous arrivons au moment où la nuit tombe, les meilleures places, les mieux abritées du vent des alizés, sont déjà opportunément occupées.  
Nous laissons couler la chaîne entre un bateau canadien arborant son drapeau, décoré d'une belle feuille d'érable rouge, et un navire américain couvert de décorations scintillantes, flamboyant dans la nuit. Plonger dans l'eau noire avec les étoiles piquées là-haut dans le ciel, sous le clignotement intermittent des guirlandes lumineuses, restera un souvenir pittoresque...
Après, ce baptême du vent et ces retrouvailles musclées avec la navigation dans les Caraïbes, il n'est pas utile de se faire chanter une berceuse pour sombrer dans un sommeil... non, il ne sera malheureusement pas réparateur... il faut surveiller la bonne tenue de l'ancre à intervalles réguliers. Le vent s'étant encore intensifié, les bateaux tournent, bougent, roulent...

par Joêl publié dans : Nouvelles du bateau
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 16 janvier 2008

Les 26, 27 décembre 2007

Aujourd'hui, jour férié, synonyme de repos pour tout le monde. On récupère des lendemains de fête ! Sur les conseils de nos hôtes canadiens, qui habitent à Grenade et connaissent les charmes contrastés de l'île, nous passons la journée sur la plage de Grand Anse, qui est paraît-il, une des 10 plus belles plages du monde. Nous n'avons pas de mal à le croire quand nos pieds foulent en cadence, un sable d'un blanc étincelant au grain d'une grande finesse. La plage, incurvée en arc de cercle, éblouit la rétine. L'eau transparente, d'un bleu translucide miroite sous les ardeurs d'un soleil intense... On s'y sent délicieusement paresseux. Les corps s'alanguissent sous l'ombre de palmiers étirant leurs branches effilées sur le sable si doux... La nuit tombe tôt... Contrairement à ce qu'on s'imagine, elle ne tombe pas brusquement, plongeant aussitôt le paysage au coeur de la nuit noire. Elle apparaît tranquillement, estompe les contours de notre environnement. Nous rentrons au bateau, transportés par un bus local, moyen de locomotion utilisé par beaucoup d'autochtones. Les taxis coûtent trop cher ! Les chauffeurs de mini-bus conduisent à vive allure... Un adage qu'ils mettent tous en pratique, aller plus vite que le temps et faire le plein de clients, pour cela, tous les moyens sont bons, quand les axes routiers classiques sont trop encombrés, ils n'hésitent pas à emprunter les chemins de traverse périlleux, cahoteux. Au risque d'y laisser ses amortisseurs... Il faut s'accrocher et quelquefois fermer les yeux....En invoquant sa bonne étoile...
Le 27, une parenthèse au farniente, le temps de quelques heures pour avitailler le bateau. Courses, eau douce, gasoil. Un départ imminent, prévu pour demain. Une vie quasi en autarcie nous attend. Dans les îles Grenadines où nous allons, tout est trés cher, il est préférable de compter sur les denrées de la cambuse.
Plus tard, dans la journée, nous sommes invités sur un superbe bateau immatriculé à Ottawa. Qui nous fait rêver ! Nous y passons une excellente soirée. Décidément, les canadiens ont un merveilleux sens du contact et l'art et la manière de recevoir...
Nous croisons et côtoyons de superbes navires dont un bateau prototype le "Maltese Falcon", battant pavillon anglais. Ce bateau monumental vient de s'amarrer sur le ponton, derrière notre mouillage, attirant dans son sillage, photographes et médias locaux. Au départ, en le voyant arriver dans la baie, nous avons cru qu'une navette spatiale était en train d'atterrir. Un genre de "rencontre du 3ème type"...
 

par Joêl publié dans : Souvenirs marquants
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 14 janvier 2008

Les 22, 23, 24 25 décembre 2007,

 Blue Wave, nonchalant, se repose après les nombreuses péripéties, dans une enclave calme, le port de Saint-George's Harbour. Le capitaine ronge son frein, il attend sa petite femme qui doit atterrir le 23 et partir à la découverte, avec lui, des charmes tropicaux des Grenadines. 
Une arrivée différée, en raison de retards dans les correspondances. La nuit étire ses ombres depuis longtemps quand l'avion, tant espéré, touche enfin le tarmac, et qu'une métropolitaine au visage pâle finit par mettre pied à terre. 
Les préparatifs de Noël battent leur plein. Les rues, les maisons étagées dans les collines ne sont que scintillements, étincelles, iridescences. La marina, plongée dans l'obscurité bruisse de coassements, répétés en écho par de minuscules grenouilles, tapies dans l'ombre. Cette scansion habite la nuit tropicale d'une douce palpitation.
Noël sous les Tropiques... Une effervescence, une excitation à chaque carrefour, des embouteillages, des passants aux bras remplis de cadeaux. 
Nous sommes invités à passer la soirée du jour de Noël chez des Canadiens rencontrés tout récement par Joël à l'aéroport. Réception trés généreuse, riche d'échanges et de discussions. Si Myriam et Christophe, vous lisez le blog, nous vous envoyons nos pensées amicales et à un de ces jours au "Chat qui joue" sur des airs de saxo.... Ce fut une belle soirée chaleureuse... 

par Joêl publié dans : Souvenirs marquants
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Jeudi 20 décembre 2007

Le 20 décembre 2007

Après une belle nuit de navigation, pour une fois sans vent violent ni rafales, sans pluie ni ondées, simplement poussé par un alizé complice de nord-est, l'étrave de Blue Wave pointe en milieu de matinée dans le mouillage de Saint George's the lagoon, à Grenade. 
Quand on navigue, l'île se distingue loin à l'horizon, grâce à sa position légèrement surélevée. Ecrin de verdure intense sur l'océan au bleu tranchant, Grenade est entourée d'une ribambelle d'îlots.
Après avoir atteint le mouillage et louvoyé entre les bateaux, choisi un endroit approprié entre les nombreux yachts présents et avoir exécuté les manoeuvres d'installation, j'observe ce nouvel environnement d'un oeil plus attentif. 
Il est difficile de ne pas être séduit devant ce paysage déployant ses luxuriances à l'infini. Tout ici n'est que verdure pimpante, abondance, exubérance d'une nature pulpeuse. Explosion de couleurs, contrastes de la végétation. Au loin, quelques maisons étagées sur les collines ponctuent ce foisonnement de points pittoresques. Les palmes des cocotiers frémissent au contact de la brise. Comme je dois aller sur ce nouveau territoire et donc me rendre sur terre, j'en profite pour me débarrasser des formalités de clearance et retirer quelques dollars caribéens. J'ai déjà lié connaissance avec un français qui m'invite pour trinquer  ce soir à bord de son bateau. Comme il a l'air de bien connaître les lieux, il jouera le rôle de guide et d'initiateur. 
Tout à l'heure, j'ai connu une grosse frayeur. Alors que je préparais un repas dans la cambuse, j'aperçois, par le hublot de la cuisine, un fanion s'approchant dangereusement,  j'entends et je sens simultanément le bruit d'une collision contre ma coque !! Mon sang ne fait qu'un tour ! Je bondis dans le cockpit, pour constater qu'un gros bateau de nationalité allemande, a chassé dans une bourrasque, et culé sur moi. Je fonce dans le carré attraper une corne de brume et souffle dans le cornet. Ce signal vraiment trés efficace, précipite les propriétaires, déjeunant dans un restaurant voisin, dans leur dinghy. Ils arrivent rapidement sur leur bateau, constate quelques égratignures sans conséquence... Plus de peur que de mal... ! Les esprits s'apaisent !  
Maintenant, il me reste à découvrir cette île au charme envoûtant, cette île volcanique, classée parmi les plus petites des Antilles. Grenade est connue sous le nom d'île aux épices car elle représente le deuxième pays, producteur de muscade et de macis au monde. 
Membre du Commonwealth, située dans le sud-est de la mer des Caraïbes au sud de l'arc formé par les îles-du-vent, son territoire englobe l'île de Grenade et les îles du sud de l'archipel dites "Les Grenadines" lieux de mes promenades futures.... 
La superficie totale du pays est l'une des plus petites au monde avec 344 km2, l'île de Grenade, seule, s'étendant sur 311 km2. Sur cette île, on y parle l'anglais grenadien, mâtinés des nombreux parlers créoles.
C'est un  haut lieu du chartering où se pressent de yachts de toutes nationalités. Ce cosmopolitisme promet de belles rencontres.
Il y fait agréablement chaud, et l'atmosphère doucement ventilée par ce petit air d'alizé tellement sensuel, prédispose au repos. Je sens que je vais me délasser dans ce petit coin de paradis. Chaque île étant trés proche l'une de l'autre, il sera facile de les rejoindre au gré des humeurs et des vents....
 

par Joêl publié dans : Souvenirs marquants
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Mercredi 19 décembre 2007

Le 18 décembre 2007,
position : 11.09° N ; 60.50° W.

IL est 15 H 10 au mouillage, contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, ça n'est pas un ciel d'azur déployant ses fastes dans le ciel, mais des trombes d'eau qui s'abattent sans répit sur l'île de Tobago.
Hier 17 décembre, il a fallu s'acquitter des formalités d'entrée et de sortie du territoire. Mon voisin (le propriétaire de l'Evasion 34), maîtrisant l'anglais cent fois mieux que moi, a joué les traducteurs providentiels. Une fois, les transactions terminées, nous avons quitté le port ensemble pour aller mouiller sur la pointe nord de l'île. Installés devant une plage au charme paradisiaque, nous avons tous piqués une tête dans l'eau aux couleurs ondoyantes, sur laquelle, le soleil jette des étincelles sans répit. L'eau est douce, on y passe des heures à s'ébrouer sans se lasser. J'en profite pour caréner la coque qui durant ses multiples traversées a ramassé sur son passage, une quantité impressionnante de petits coquillages. Je comprends mieux pourquoi, il fonctionnait au ralenti, contrairement à ses habitudes de coureur acharné. Avec une palette, et beaucoup d'énergie, il faut gratter avec vigueur pour débarrasser la coque de ces anatifes encombrants . Des travaux de carénage plus conséquents seront à prévoir....Où et quand ?...
Demain, 19 décembre, je pense lever l'ancre, vers 16 H ou 17 H. Ce qui me fera naviguer de nuit. Ainsi, j'arriverai le 20 à Grenade, vers 9 H du matin. 
Pour l'instant, le décor ne change pas, une pluie morose fouette la mer, cingle les bateaux. La brise fraîchit, un tumulte de vent s'installe dans le mouillage. Il est temps d'aller vérifier la bonne tenue de l'ancre !   

par Joêl publié dans : Nouvelles du bateau
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 17 décembre 2007

Les 14, 15, 16 décembre 2007,

enfin, Blue Wave se trouve dans le confort d'un abri, protégé des intempéries dans une baie relativement paisible. 
L'étrave franchit la passe ce fameux
 vendredi 14, vers 16 H. L'arrivée n'est pas de tout repos. Décidément, cette traversée restera marquée dans les annales. A deux milles de l'entrée du port, un grain accompagné d'un vent violent, incline le bateau sur le flanc, rendant les manoeuvres d'atterrissage quasi impossible dans l'immédiat. Je touche au but mais je ne peux m'engager plus avant, la visibilité étant réduite à néant. Condamné à tourner en rond, pendant plus d'une heure avant que le grain ne daigne s'éloigner !!
 La liste des péripéties malencontreuses ne se termine pas là, puisque le bateau, mis en position d'être stabilisé au mouillage n'arrive pas à se fixer . Il a quand même fallu s'y reprendre à cinq fois avant que l'ancre ne veuille crocheter !! Jeter l'ancre ... vérifier la bonne tenue du bateau sur les fonds... constater que celui-ci dérive... remonter la chaîne... recommencer.... sans s'impatienter.... Renouveler ses efforts... Rester stoïque... Poursuivre la manoeuvre...Echec... Grincer des dents.... Un tout petit peu... Maudire les fonds... S'imaginer maudit... Et puis finir par se stabiliser... Ne pas en croire ses yeux.... Se dire que cette fois-ci, enfin, la galère c'est fini... Après quatre jours de vent, hurlant dans les oreilles, de mer grosse et agitée, de pluie diluvienne... Je n'arrive pas à croire que ce cauchemar, vécu en solo, touche à son terme... Expérience certainement formatrice. J'ai besoin de prendre du recul, du repos.... Me laisser aller, décompresser.... DORMIR.... Les heures de sommeil ont été parcimonieuses, en mer... 
Pour situer, l'endroit charmant où je me délasse. Je suis donc, à Scarborough, le chef lieu de l'île de Tobago. Etat des Caraïbes, situé au nord du Vénézuela. L'île fait partie de la république de Trinité-et-Tobago. De toutes les îles des Caraïbes, ce pays est le plus méridional. Il comprend deux îles distantes de 32 km : Trinité (4827 km2) et Tobago (303 km2). Cette république membre du Commonwealth est composé d'un grand mélange de races. On y parle anglais, langue officielle, mais la plupart des habitants parlent l'anglais trinidadien. Quel temps fait-il ? Au moment de mon arrivée, gris, pluvieux, le ciel encombré de grains menaçants. Depuis, ciel bleu intense, soleil vibrant de chaleur. Le temps tropical transporte indéniablement des airs de langueur... qui conviennent parfaitement à mon humeur nonchalante...
Au moment de mon installation dans ces lieux, nous sommes trois bateaux. Nous sympathisons rapidement avec le bateau voisin, un couple de bourlingueurs, écumant, les mers depuis 5 années consécutives. Ceux-ci m'invitent à bord et me proposent tout de go, à boire l'apéritif et dîner pour me remettre des émotions vécues en mer... C'est ce qu'on appelle la solidarité des gens de la mer... L'apéritif servi en rasades généreuses, m'assomme. Il est temps de rejoindre le carré et de sombrer dans le plus profond des sommeils réparateurs. Le mouillage rouleur, fait tanguer les flancs de Blue Wave. La coque se balance, oscille et danse. Un nouveau rythme à adopter, le cap'tain, ce matin, ressent des douleurs dans son dos...
Ce qui ne l'empêche pas de vaquer à de nombreuses occupations, dont le nettoyage du canot. Alors, que je m'affaire dans le carré, j'entends soudain le voisin appeler d'une voix forte dans ma direction. Je me précipite et qu'est-ce que je constate... mon annexe, s'est détachée ( certainement, une négligence de ma part) et s'éloigne rapidement de la poupe. Mon voisin saute, in extrémis, dans sa propre annexe, et en godillant, à grands renfort de rames, réussit la prouesse de la rattraper. Elle dérivait trés vite, déjà à 400 mètres, entraînée par le courant.
Ce matin, dimanche, je vais aller faire le marché, acheter des fruits, des légumes, paresser entre ombre et soleil. Parmi les projets immédiats, changer de mouillage et aller avec mon voisin, naviguant sur un Evasion 34, de l'autre côté de l'île. Les formalités restent à prévoir et organiser. Un départ vers Grenade prévu, certainement pour mercredi, dans l'après-midi. Une navigation de nuit en perspective, une arrivée prévue ensuite en matinée. De cette façon, on y verra plus clair pour accoster.  

    

par Joêl publié dans : Souvenirs marquants
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Samedi 15 décembre 2007

Le 12 décembre 2007
position : 8.26° N ; 56.31° W

Le temps semble légèrement plus serein, mon humeur également. Je suis le cap 300 et file à 7 noeuds sur une mer houleuse, soulevant sur  mon passage embruns et geysers d'eau. Je n'entends plus le vent mugir et tourmenter les voiles. Je bénéficie actuellement d'un bon vent d'alizé et caracole sous un souffle est-nord-est. J'ai remis toute la Grand Voile et déployé le génois sur toute sa surface. Il faut quand même, bien avancer ! Le soleil a bel et bien disparu. De sombres nuées aux sinistres présages véhiculent leur masse imposante, dans un ciel bas et lourd. Je calcule que je me positionne en face du Guyana, pays frontalier du Surinam. Et plus exactement dans l'axe de la ville de Georgetown. J'en suis environ à 120 milles. Avant de toucher au but (l'île de Tobago), il me reste 300 milles à parcourir. Mon univers marin se limite à quelques cargos que je croise à distance respectueuse. Je surveille le passage de ce trafic maritime, pouvant devenir dangereux, si on n'y prête pas suffisamment attention. Etant seul à bord, je m'accorde quelques périodes nécessaires de répit. Je sombre dans de petites siestes semi-réparatrices et l'Activ-Echo (mon co-équipier électronique) guette le moindre signe suspect. Si un obstacle se présente dans ma ligne de mire, celui-ci est détecté d'emblée. Un signal d'alarme se met en route, je me réveille dans la foulée et réoriente mon bateau si besoin est.

surf-au-large.JPG 
Le 13 décembre 2007
Position : 9.59° N ; 58.31° W,
Blue wave essaie de résister vaillamment aux coups de boutoir d'une mer qui va grossissant d'heure en heure. Le vent, est-sud-est, tourne vraiment dans tous les sens. Tout à l'heure, il soufflait violemment de nord-est, il a brutalement changé de direction. Les grains tropicaux s'abattent avec furie sur le pont, noyant le paysage dans un espace liquide où il devient impossible de discerner la frontière entre l'océan et l'eau s'abattant du ciel, sans répit. Il est impossible de tenir sur le pont, plus de quelques minutes sans être trempé, transpercé, traversé par une eau tourbillonnante. Je regarde, la mer enfler de volume, pendant qu'il fait encore jour... J'estime les creux entre 5 à 6 mètres. J'ai diminué la toile au maximum, 3 ris dans la Grand Voile, le génois est presque totalement enroulé et j'avance cahin caha au milieu du piaulement du vent. Au diable les performances de la vitesse, l'essentiel pour l'instant est de sécuriser le bateau, en préservant les forces physiques et mentales de son cap'tain. Le moral ressemble à la couleur du ciel, sombre, trés sombre !!
Entre deux réglages sur le pont, et en mettant en pratique l'adage "une main pour le bateau, une main pour soi", je retourne me protèger dans le carré. Après le tumulte de l'extérieur, je constate que mon brave navire souffre dans ses moindres membranes. Je ne perçois que chocs, grincements, craquements. Heureusement que le bateau est solide, cette épreuve permet de tester ses capacités de résitance. J'essaie, de retour au sec, de trouver un semblant de sommeil afin de récupérer des forces, mais, cela est difficile à cause de la violence des mouvements de la mer. De plus, il faut rester vigilant au cas où une autre embarcation ou cargo circule dans les parages. Toutefois, il est impossible de distinguer quoi que ce soit !! La nuit est tombée, et avec elle, j'ai l'impression de naviguer en aveugle. Un rideau d'un noir total et absolu noie l'environnement, lui même absorbé dans une tourmente de pluie et d'embruns. Cette configuration est oppressante, surtout quand on est seul, livré aux forces de la nature. Heureusement la présence de l'Iridium permet de communiquer avec la terre et de sentir même à grande distance, la chaleur de la voix (que c'est bon, quand on a l'impression d'être perdu au milieu de nulle part). J'appends de cette façon, que je me trouve sur le chemin d'une onde tropicale sévissant sur la route des Antilles. Pour informations, une onde tropicale est une courbe, dans l'écoulement, normalement droit, de l'air de surface sous les tropiques et se présente sous la forme d'un creux barométrique. Ces ondes tropicales prennent naissance dans la zone de convergence  intertropicale (le fameux Pot au Noir) et se déplacent sous l'influence des vents d'alizés. Elles génèrent souvent des vents de tempête sur son sillage. Celle que je viens d'essuyer aurait produit de sérieux dégâts sur l'île de Saint-Domingue. Ce phénomène reste rare en cette saison de l'année, il se produit habituellement au mois de juillet ou août, avant les cyclones.
Le vent accompagné de pluie se calme vers 2 H du matin. Il est maintenant possible de sortir sur le pont sans la menace d'être sauvagement bousculé par une bourrasque d'eau. 
Le ciel rasséréné montre un visage plus hospitalier. Il reste 140 milles à effectuer avant d'atteindre l'île de Tobago et se trouver au calme dans l'avant port de la ville de Scarboroug. Cette escale trés attendue est prévue vers 18 H, ce soir.
surf-au-largeCOMPRESSE-copie-3.JPG
 

par Joêl publié dans : Souvenirs marquants
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 12 décembre 2007

surf-au-largeCOMPRESSE-copie-2.JPGLe 11 décembre 2007 vers 17 H
Position : 7.02° N ; 54.19° W

Blue wave avance à 6,5-7 noeuds, arrosé abondamment, par des grains tropicaux violents, qui se succèdent les uns après les autres. Depuis 12 H, aujourd'hui, les coups de vent, la pluie se sont donnés rendez-vous au dessus de ma tête. Je fais le gros dos sous les averses diluviennes. Tout à l'heure, un bon 35 noeuds de vent soufflait en rafales, secouant sans ménagement le bateau. Je file sous les embruns tumultueux, la Grand Voile affalée, le génois enroulé sur lui-même, de moitié. La nuit va bientôt tomber. Les nuages occultent la lune et les étoiles. Une nuit particulièrement sombre en perspective... Je préfère anticiper et préparer le bateau afin de ne pas être confronté à de mauvaises surprises. Je redouble ma vigilance. Je vais bientôt croiser la route des cargos !!   
Comme je suis seul à bord, je dors donc par intermittence en veillant à ce que l'espace soit clair autour de moi. Mon minuteur, acheté, pour me permettre de dormir et de me réveiller en fanfare toutes les 20 minutes, environ, est cassé. Accessoire indispensable quend on navigue seul et qu'on souhaite s'accorder des temps de sommeil, sans sombrer des heures entières et rester attentif à son environnement immédiat. 
La prudence reste de mise...
La brise forcit graduellement, un bon force 7 siffle dans les haubans. L'atmosphère lugubre enveloppe Blue Wave qui ne rêve pour l'instant que de lumière, de souffle léger et régulier, de mer saphyr...

par Joêl publié dans : Nouvelles du bateau
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 12 décembre 2007

Les 8, 9, 10 décembre 2007,
kourou-aerospatale-035.jpg

Le 9, visite du Centre Spatial Guyanais avec parmi les découvertes de la base, le spectacle fascinant d'un tir, ainsi que la promenade dans le musée de l'espace... La petite ville de Kourou est surtout connue pour les vestiges de son bagne, et notamment des îles du Salut. Le bourg lui-même est doué d'un charme irrésistible. Beaucoup de petites maisons créoles colorées, un marché de légumes aux senteurs envoûtantes, un "village indien" composé d'ateliers d'art et d'artisanat. Après avoir musardé de part et d'autre, le nez au vent et les pensées vagabondes, il faut maintenant du calcul de la route à suivre, et préparer cette traversée imminente qui va me conduire vers les Petites Antilles. Là où la mer est toujours miroitante, le temps immuablement beau et le vent soutenu, le fameux alizé de nord-est...
Le 10, le cap'tain largue les amarres, sous un soleil complice, après avoir enduré quelques tracasseries administratives, à la capitainerie. Mais, ça ne serait pas un véritable voyage, s'il n'était encombré d'embarras de paperasseries !! Il a fallu quand même attendre presque 2 H avant d'évacuer le malentendu et envisager de retrouver sa liberté sur les mers, sans contraintes et sans entraves. 
Il est 17 H (heure locale), je longe les îles du Salut, endormies dans une torpeur paresseuse. Je profite de cette proximité afin de prendre quelques photos et filmer cet endroit à la sinistre mémoire, avec ma petite caméra. Pour l'instant, peu de vent sur la côte. Soleil intense, chaleur plombante. Je pointe l'étrave du bateau au cap 330 pour ménager ma tranquillité. Puis, quand j'approcherai de Tobago, j'abattrai directement sur l'île. Ce petit vent timide, devient soudainement guilleret et m'entraîne à une vitesse trés honorable de 5,5-6 noeuds. L'humeur est au beau fixe, le vent, bien placé. Cette configuration paraît de bon augure pour affronter cette première nuit en mer. En solo ! Cette nouvelle liberté retrouvée se double d'un sentiment de solitude. Autour de moi, je ne rencontre âme qui vive...Sensation euphorique, mais tout à la fois impressionnante... L'océan à cet endroit ressemble à un désert. Une satisfaction, les panneaux solaires marchent impeccablement. Quel bonheur de retrouver l'air pur du large ! Les miasmes et moiteurs guyanaises commençaient à devenir pesantes. Les moustiques s'en sont donnés à coeur joie. Ces sales bêtes m'ont dévoré le bas des jambes, ne laissant derrière eux que plaies et bosses.   

par Joêl publié dans : Nouvelles du bateau
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander

Présentation du blog

Voyage

évènementiel

Janvier 2009
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus