Les 29, 30, 31 décembre 2007,
derniers jours de cette année particulière
Après une nuit agitée, nous décidons de lever l'ancre de bonne heure et d'aller se nicher dans une autre baie au charme envoûtant, par beau temps...
Avant de quitter les lieux, visite du mouillage au moteur, nous avons l'intention d'y revenir au retour, nous prenons quelques repères .
Dans un vent, toujours puissant, nous longeons une côte escarpée, afin de rejoindre le mouillage d'Hillsborough. Cette escale, devient incontournable car nous devons y effectuer
les opérations de clearance (sortie de l'état de Grenade). La mer, d'un bleu tellement vif, hypnotise et nous aimante. Nous ne pouvons résister et nageons le long du bateau. Le
capitaine effectue un carénage "trés" artisanal. Après avoir gonflé
l'annexe, donnant d'évidents signes de fatigue, nous allons remplir les papiers officiels, nous donnant l'autorisation de quitter le territoire.
Chacune de ces îles représente un territoire bien à part. Il est nécessaire à chaque fois de remplir des formalités pour y "entrer" et d'autres papiers ensuite pour en "sortir". Et payer à
chacune des formalités....
Au terme de ces tractations laborieuses, en raison de la barrière de la langue, nous quittons les lieux et rejoignons, tout à côté d'Hillsborough, le mouillage de Sandy
Island... Nous jetons l'ancre, à proximité de la petite île de sable blanc, entourée de coraux. Nous nous méfions de la partie Sud-Est de Sandy, car celle-ci, prolongée par un banc
de corail, peut s'avérer dangereuse pour le bateau, si nous accostons trop près. Quelques voisins de mouillage, dont un superbe sloap américain, tout de bois vêtu. Quelques
catamarans de location disséminés le long de la bande de sable.
L'eau, limpide ressemble à un rêve... Après avoir enfilé masque, tuba, palmes, nous allons nous assurer que l'ancre est bien crochetée sur les fonds. Quelques poissons indifférents
vaquent à leurs occupations. Nous les frôlons de nos doigts écartés. La petite plage est l'image typique de l'îlot tropical. Sable blanc, parsemé de copeaux de corail rose et rouge. Ces miettes
et particules de corail crèent l'illusion, on a l'impression de fouler un sable rose par endroits... L'île était autrefois couverte de cocotiers et depuis le
passage du cyclone Lenny, il n'en reste plus un seul. La terrible houle, déclenchée par le cyclone, a détérioré son "reef". Malgré ce saccage naturel, cette île minuscule possède un
charme auquel il est difficile de rester insensible. Le sable d'un blanc intense, rehaussé par les flèches du soleil donne à l'eau ces tonalités si douces, si claires, toutes de
tranparence.
L'ensemble dégage un charme magnétique. Nous passons la soirée à s'ébrouer dans l'eau.
C'est dans la nuit, que le vent se lève et se met à souffler en rafales, avec violence. Des tours de guet deviennent nécessaires pour s'assurer que l'ancre tient bien sur les fonds, que
le bateau ne dérive pas vers les bancs de coraux...
Des grains accourent de l'horizon et déversent des averses diluviennes. Depuis que le vent forcit, une houle pernicieuse secoue et chahute les embarcations. Plusieurs bateaux
préfèrent lever l'ancre. Bientôt, nous restons seuls à résister dans cette tourmente ! La houle devient difficile à supporter au mouillage. Nous levons l'ancre et décidons d'aller
s'abriter sur l'île d'Union à Chatham Bay, ainsi nous serons protégés sous le vent de l'île.
La navigation reste sportive. Les embruns projetés par la course du bateau soulève des geysers d'eau virevoltant et formant à chaque fois des myriades de minuscules
arcs-en-ciel.
En approchant des longues falaises sombres, nous échappons à la houle et au clapot. Nous dirigeons la proue du navire le plus près possible des terres, au Nord-est, pour
avoir la garantie d'une meilleure protection. De nombreux navires cohabitent dans la baie. Au moment, où nous réalisons les opérations de mouillage, un grain violent s'abat sur
la baie, nous sommes trempés d'eau douce.
La nuit reste encore une fois, perturbée. Le vent, descendant des falaises, souffle brutalement en rafales, fait chasser tous les bateaux sur un angle de 80 à 180 degrés.
Heureusement que l'ancrage est solide. Des tours de garde s'imposent.
Au petit matin, le 31 décembre, nous relevons l'ancre, et filons vers le mouillage de Clifton.
Sous un vent Est-Nord-Est, soufflant entre 25-28 noeuds, nous contournons l'île par le sud, en tirant des petits bords pour optimiser notre progression. Le ventilateur géant souffle
vigoureusement face à nous. En approchant de l'île, nous admirons les contrastes d'une belle palette de bleus profonds, bleu turquoise, bleu indigo, bleu pastel... Avant d'aborder,
l'entrée dans la passe, nécessité de se montrer vigilant, les sens en alerte, l'oeil aux aguets. Certes, les cayes sont indiquées par des bouées, il faut écarter certains dangers
comme la présence de récifs et les courants.
De nombreux bateaux mouillent à l'ancre ainsi que sur les pontons de l'Anchorage Yacht Club, un des centres actifs d'Union. Ce mouillage situé au vent de l'île, préservé, par
une vaste barrière de corail devrait ménager une relative tranquillité.
Nous jetons l'ancre au milieu d'un trafic incessant de bateaux, et des ballets de "boat boys" assurant différents services : taxi, livraisons... Les locaux pilotent ces embarcations, à une
vitesse vertigineuse. Il faut éviter de se baigner en ces lieux au risque de se faire scalper au passage ! Ces mouvements ininterrompus crèent un remous, une forte agitation. Un certain
"Ramon", nous aborde et distribue une invitation pour le soir. Il nous conseille de réserver au "Lambi's Bar" pour la soirée du Nouvel An... Il viendra nous chercher à 19 H tapantes.
Marché conclu !
Un tour de reconnaissance dans l'île permet de découvrir la rue principale longeant la mer. Echoppes, petites épiceries, baraques pour touristes,
cyber-cafés, restaurants, bars déversant de la musique reggae créent une certaine animation. Dans un premier temps, nous avons l'obligation d'effectuer l'inévitable clearance
pour bénéficier de l'autorisation de naviguer dans l'Etat de Saint-Vincent. Les douanes, situées dans l'aéroport permettent d'assister au ballet des avions qui atterrissent sur une
piste très courte donnant directement sur l'océan. Vision impressionnante !
La chaleur plombe les énergies, chacun bouge avec lenteur, comme au ralenti... Des sonos installés à de nombreux endroits du village diffuse de la musique chaloupée,
l'ambiance festive crée une certaine tension, certains dansent torse nu, la tête déjà dans les étoiles...
Une petite carib... bière blonde trés rafraîchissante, prise à l'ombre d'un palmier, sur la place principale, avant de défaillir...
De retour sur le bateau, nous attendons notre "Ramon" qui se fait attendre, attendre... Du coup, nous prenons le temps de boire notre champagne... Ne voyant personne arriver, nous
téléphonons au restaurant, qui nous envoie à une heure avancée, un jeune taximan. Celui-ci nous conduit à un train d'enfer, faire la fête juste en face, à l'endroit où
nous avions réservé. Ambiance déjà survoltée. Steel band, danse... Nous faisons connaissance avec des français, venus de Brest sur leur catamaran... avec des écossais et leur famille nombreuse...
Ca y est, il est minuit.... L'année nouvelle va commencer....
