Lundi 28 janvier 2008

Le 26 janvier 2008

Enfin, le vent amorce l'accalmie tant espérée. Il redevient de nouveau agréable (environ 15 à 20 noeuds), doux, maniable et redonne de l'espoir pour envisager de repartir enfin vivre de nouvelles aventures maritimes...
Je pars, demain matin 27, vers 6 heures, en compagnie du bateau Minuit. Nous prévoyons de faire route directe sur Sainte-Lucie. Distance à couvrir, d'environ 50 milles. Tymor, lui, a levé l'ancre, aujourd'hui vers 12 heures. Nous devons tous, nous retrouver aux Deux Pitons, demain, dimanche en fin de soirée.
Une certaine euphorie dans la cambuse ! Ce séjour, si agréable soit-il, commençait à s'éterniser. De nombreux projets en perspective. Il n'y a pas de temps à perdre et surtout beaucoup de choses nouvelles à voir, à découvrir, à dévorer des yeux...
Pour clore cette étape du voyage, nous sommes allés hier soir, avec Benoît du bateau Minuit, écouter un excellent concert de blues sur une plage éloignée de notre mouillage... Nous y sommes allés avec l'annexe ultra rapide du copain. Car, avec la mienne, on serait arrivé à la fin du concert...
En deux jours, j'ai changé plusieurs fois de mouillage. Hier, je me suis rapproché de la plage, pour échapper au roulis et bénéficier par là même d'une enclave plus calme, moins ventée. J'y ai largement gagné en qualité de sommeil. Mais, de bonne heure, ce beau matin, on m'a fait comprendre qu'il fallait remonter l'ancre in extremis. Le bateau ravitaillant l'île en gasoil allait venir occuper la place... Après avoir effectué la manoeuvre d'une main de maître... Je suis allé jeter l'ancre un peu plus loin dans une eau transparente. Près du rivage, un mètre d'eau sous la quille, cela ressemble à la stabilité... Et surtout, la mer possède de faux airs des Tobago Cays. Magique, magnétique, magnifique...
Demain matin à la première heure, Blue Wave s'éloignera des rivages patinés d'ombres indigo de la belle Bequia et s'élancera dans le vent des alizés pour rejoindre d'autres îles, d'autres charmes, d'autres saveurs... 
 

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par Joêl publié dans : Nouvelles du bateau
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Lundi 28 janvier 2008

Les 21, 22, 23, 24, 25 janvier 2008

Le séjour se prolonge. Certains paramètres météorologiques m'ont obligé à ajourner le départ prévu en début de semaine. Le vent souffle violemment. 35 à 40 noeuds dans les canaux ne sont pas de bon augure. La mer y est agitée, la houle agressive. Je préfère ne pas aller m'y frotter et attendre avec patience des jours plus sereins. Je ne suis pas le seul à ronger mon frein, d'autres bateaux sont en attente. Nous coulons des jours tranquilles au milieu d'un paysage remarquable. Rencontres, discussions, petites bières sirotées les pieds dans l'eau, entre ombre et soleil, agapes entre copains de la mer... Nous espérons une accalmie prochaine. J'aimerais arriver en Martinique début février pour entreprendre une série de travaux indispensables. Nous partirions ensemble avec le bateau Minuit. Son propriétaire doit retrouver sa femme une semaine avent moi à Fort de France. Celle-ci arrive le 2, la mienne le 9... Après renseignements pris auprès d'un copain de navigation qui séjourne actuellement en Martinique, il semblerait plus judicieux d'effectuer les réparations au Marin, situé dans le Sud de l'île. Cette marina, bien équipée semble tout indiquée pour les quelques travaux que je souhaite y réaliser.
Le vent, omniprésent, réserve des surprises inattendues sinon désagréables et qui peuvent mal se terminer ! Je viens d'en faire l'amère expérience...
Mardi dernier, en fin de journée, une rafale particulièrement brutale, soufflant entre 40-45 noeuds soulève l'annexe amarrée sur l'arrière du bateau et la retourne comme une crêpe. L'incident n'aurait pas été grave, si le moteur n'était pas à poste. Alerté par la fureur des éléments, je sors à ce moment précis, et constate l'ampleur des dégâts. Je réussis, tant bien que mal, à remettre la frêle embarcation à l'endroit. Opération effectuée sous une pluie battante ! Je mets tout de suite le moteur en sûreté, soulève le capot et rince le tout à l'eau douce. La présence d'eau salée dans le moteur pouvant signifier la mort de l'engin... Je démonte la bougie et l'arrose copieusement de W40... Malgré ces quelques tentatives, le moteur fait la sourde oreille. Le lendemain matin, au terme de nouveaux essais, même mutisme... Sans annexe, je suis condamné à rester à bord. Prisonnier de mon bateau ! J'appelle le skipper du bateau Tymor à la rescousse. Ensemble, nous retroussons nos manches et démontons pièce par pièce... Du carburateur à la vis platiné... Tout est nettoyé, vérifié, huilé, graissé, gratté, peaufiné... Peine perdue, malgré cette exploration attentive et systématique et après avoir remonté dans le bon ordre et sans se tromper la totalité des pièces, le moteur ne donne aucun signe de vie... Une seule alternative pour essayer de se sortir de ce mauvais pas... Aller voir un spécialiste... Un bon mécanicien, expert dans les moteurs marins justement, oeuvre sur la place... 
Je m'en remets à lui, en invoquant ma bonne étoile... !! Deux heures d'attente plus tard, un moteur en parfait état de fonctionnement m'attend au garage !! Soulagement immense... Maintenant, il ne me reste plus qu'à retrouver des rames et une écope. Les anciennes, propulsées par la rafale, ont disparu corps et biens... Décidément, cette annexe me cause du souci. La fuite que j'essaie de colmater depuis un certain temps déjà, reste irrévocablement fuite et je dois regongler en permanence. Mon gonfleur ne me quitte jamais... Je crois que je vais être obligé d'en racheter une en Martinique. Faire du mouillage sans annexe s'avère tout simplement impossible...
En attendant, farniente sous les palmiers... Wifi et envoi de messages... Le vent souffle toujours aussi violemment. La houle pénètre dans la baie secouant, malmennant les bateaux. Roulis, tangage, mouvement. Pluie, grains par intermittence... Décidément, la perspective du départ recule dans un avenir incertain...  

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Dimanche 20 janvier 2008

Les 16, 17, 18, 19 janvier 2008
Position le 16.13° N ; 61.14° W

Une escale à Bequia, baptisée l'île du Nuage dans sa lointaine histoire par les Indiens Caraïbes. Située au sud de Saint-Vincent, c'est la plus grande île des Grenadines et la plus septentrionale de l'archipel antillais des Grenadines.
Quelle île magnifique ! Une belle découverte toute de verdoyance, de flamboyance de couleurs, de contrastes ! Je ne regrette pas d'y être allé directement après l'escale à Union. Je devais ménager une pause dans l'île de Canouan. Ile que nous avions précédemment visitée, située sur la route au milieu de l'éventail des îles des Petites Antilles. Mais le vent et le temps étant propices, j'ai poursuivi sur ma lancée. Et laissé Moustique de côté. Belle, à n'en point douter, mais c'est l'île des milliardaires.... Alors... !!
Dans le mouillage d'Admiralty Bay, plein de charme, j'ai jeté l'ancre à environ 200 mètres de Port Elizabeth, l'unique ville et capitale de l'île où l'on peut s'achalander facilement. Ce bourg se prolonge le long d'une promenade longeant la mer, parsemée de nombreuses maisons colorées. C'est ici que se déploie les nombreuses activités autour des différents services : banque, cyber café, épiceries, petit marché aux fruits et légumes, restaurants. L'île est animée, dynamique, pleine de sourires, d'humeur bon enfant. La ville est nichée profondément au fond d'une anse en arc de cercle, aux eaux turquoise miroitantes.
La plage de Princess Margaret Bay est un véritable enchantement, les vagues d'eau transparente viennent lécher nonchalemment, la fine bande de sable blanc. 
Quel que soit l'endroit où l'on pose les yeux, le paysage reste invariablement bordé de cocotiers majestueux, ployant avec élégance sous la brise.  
Des frondaisons d'hibiscus, de flamboyants, de fleurs tropicales orangées, de cactus, de bougainvilliers, de roses de porcelaine s'étendent le long des routes, des chemins, des ruelles.
Le seul point noir au milieu de ce paysage envoûtant, le sommeil reste perturbé par les rafales soufflant avec force pendant la nuit, nécessitant une surveillance de la bonne tenue du bateau. 
J'ai retrouvé avec plaisir mes compagnons de navigation du bateau Tymor, rencontrés à Tobago, retrouvés à Carriacou. De nouveau nos routes se croisent. 
Ce soir, dîner dans le carré de Tymor en compagnie de nouveaux convives, des belges, navigateurs au long cours, ayant de fantastiques aventures de mer à raconter.
Ces gens là ont créé un site passionnant à découvrir. L'adresse du site est visible dans la rubrique du blog, intitulée : Liens utiles.
Ce site superbe, organisé avec originalité vaut vraiment le détour pour les passionnés de voyage et de découvertes du monde. Depuis 11 ans, le skipper sillonne les mers sur son Grand Duc sans se lasser.
Une autre belle soirée en perspective avec photographies à l'appui agrémenté du récit d'histoires incroyables et palpitantes dont le récit du tsunami à Phuket, vécu en direct.  
Sur l'île de Bequia dont on dit qu'elle est la plus Grenadine, la plus respectée des Petites Antilles, on se laisse ensorceler, dériver dans une langoureuse torpeur tropicale, on coule des jours tranquilles, tellement paisibles... Sans avoir l'envie d'en repartir !!  Dans l'immédiat, je suis tenté par un petit snorckling sur le récif de corail abritant de nombreux poissons tropicaux ou peut-être une baignade dans le lagon aux eaux cristallines. Je n'ai que l'embarras du choix... A voir au gré des humeurs... 
Les visites ne manquent pas ici. Au nord, l'île plus sauvage et escarpée, préserve un sanctuaire marin dédié aux tortues ; au sud, on aperçoit, posé sur l'eau d'un bleu intense, les îles de Petite Nevis. 
Un départ est prévu dans les jours qui viennent...
Je viens de nouer à l'instant de nouvelles relations. Des Canadiens, des Acadiens, plus précisément, viennent prendre l'apéro sur le bateau.
Ce matin, consultation des messages dans le cyber café local. Ceux qui veulent m'écrire le peuvent. Je serais heureux d'avoir des nouvelles... Et d'y répondre...

 

 

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Samedi 19 janvier 2008

Les 14, 15, janvier 2008,
Le 15, position : 12.35° N ; 61.24° W

Je poursuis ma route. Je quitte pour cela l'île de Grenade avec un pincement au coeur. Une navigation difficile par un bon force 6. Un mer hachée, chaotique, dans laquelle, le bateau a quelques difficulté à progresser. Bords carrés, voiles bordées à bloc... Ca bourlingue !! Une vague plus agressive, déferle sur l'arrière, arrosant copieusement le cockpit, et la descente, insuffisamment protégée. Du matériel de navigation vient d'être aspergé. Ce genre d'incident imprévu, me met de fort méchante humeur. 
Une arrivée dans la soirée à Tyrrel Bay, brassé et secoué par ce tumulte...
Un léger accident, en voulant répondre à une communication sur l'Iridium, je me précipite ce qui entraîne une chute malencontreuse dans l'échelle de descente. Résultat, un capitaine meurtri, victime d'un gros hématome au genou. Mais, ce léger choc ne m'empêche point de poursuivre mon inépuisable trajectoire. Cette fois-ci, vers Union. Troisième escale, orchestrée, à Clifton, pour des raisons pratiques. L'obligation d'y remplir la clearance.
Le 15, une nouvelle traversée à prévoir. Peut-être une escale à Canouan, ou alors à Bequia (Bekoué). Une incertitude qui sera levée dans les  heures qui viennent.
Le temps reste mitigé. La saison sèche n'est décidément pas encore installée. Les grains se succèdent. De lourds nuages pèsent dans le ciel. Un rayon intermittent de temps à autre...
 

 

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Samedi 19 janvier 2008

Les 10, 11, 12, 13 janvier 2008

Les grains s'en sont allés sévir ailleurs... Belle journée ensoleillée... Inexplicablement sans vent... 
Une partie de cette première journée est consacrée à un gros avitaillement pour gérer l'autonomie du capitaine, bientôt en partance, d'île en île. 
Il est prévu une remontée en douceur vers la Martinique, avec des escales intermédiaires dans des îles nouvelles. Se confronter à d'autres atmosphères que celles déjà connues.
Le 11, réveil en plein coeur de la nuit, un avion inter-île, à prendre pour le second. Retour vers Fort de France. Un sas de décompression est prévu avant d'affronter les froids métropolitains. Deux jours de relâche en Martinique, chez des amis chaleureux et trés accueillants, à l'image de cette île ensorcelante. Découverte des versants nord et visite de quelques sites au sud, dont le fameux mouillage "Le Marin". Avant de prendre l'avion pour Paris et ses frimas.
Le capitaine, retrouvant une solitude forcée, décide d'aller musarder dans un mouillage réputé : Prickly Bay. Mouillage situé au Sud de l'île de Grenade. 
Cette baie saisissante de beauté est entourée d'un paysage de verdure aux tonalités sombres, bordée de cocotiers ondoyant dans la brise. La mer, d'un splendide vert émeraude appelle une fois de plus à la baignade.
Une activité nautique importante s'y déroule et s'accompagne de nombreuses commodités dont la présence d'un chantier regroupant un travelift et d'autres services : mécanique, voilerie, shichandler, télécommunications...
Après une journée de relâche, le capitaine, seul, s'ennuie et prend la mer.  

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Samedi 19 janvier 2008

Les 8, 9 janvier 2008

Départ de Clifton sur l'île d'Union, étincelante sous le soleil.
Navigation plus sereine que la veille. La mer, moins formée, ménage les forces de certains membres de l'équipage... Observer la terre de l'océan, reste toujours une expérience fabuleuse... Au loin, en poursuivant notre trajectoire, nous suivons des yeux, un éventail de petites îles : Palm Island ou Ile Prune ; Petit Saint-Vincent, dernière île des Grenadines dépendante de Saint-Vincent... Nous approchons du sud de Carriacou... Avec l'intention de relâcher dans le mouillage de Tyrrel Bay... Visité le temps d'une nuit agitée, à l'aller... 
Le soleil des Tropiques cogne impitoyablement.
Dans cette nouvelle place au mouillage, nous sommes mieux protégés que durant notre première escale. Moins de bateaux dans la baie.
Baignade incontournable pour se rafraîchir des ardeurs du soleil. L'équipage a pris de belles couleurs dorées. 
Visite de l'île à pied, dépaysante, inattendue. 
En revenant au mouillage, des grains menacent. Un ciel plombé oblige à rejoindre le bord. Les propriétaires du bateau "Tymor", navigateurs avec lesquels Joël a fait connaissance à Tobago, et que nous venons juste de retrouver, viennent boire l'apéritif. Récit fantastique de voyages vécus à travers le monde...
Nous pensions faire un dîner de lambis dans un restaurant repéré dans l'île. Mais les grains s'affolent. D'un grain à l'autre, il n'est plus possible de mettre le nez dehors...
Nuit entière rythmée par un vent violent, une pluie diluvienne.
Nous pensions, comme la veille, cheminer au portant, sous un soleil complice, vers la belle Grenade... C'est compter sans la pluie...Pour comble de malheur, pluie sans vent....
Là encore, situation inédite. Depuis, le début de cette aventure, le vent, constamment présent, trop par moments, s'est volatilisé, on ne sait où ?... 
On enfile les tenues de pluie... Humidité implique fraîcheur....
L'eau douce a le mérite de dessaler le pont, les voiles copieusement imprégnées de sel.
Aucun poisson volant ne plane sur l'eau, quelques dos luisants de dauphins curieux, vite chassés par le bruit inquiétant du moteur.
Le soleil fait une timide apparition... On enlève les tenues de pluie... Gorgeons nos épidermes de soleil... Ce soleil qui nous manque déjà...
Grenade reste toujours aussi somptueuse, fascinante à observer. Un déluge de vert profond, de canyons, de falaises, de nombreuses essences de végétation de toutes sortes, des fougères arborescentes, des palmiers, d'innombrables cocotiers... Quelques maisons aux couleurs vives rendent l'ambiance chaleureuse... Les bruits de la terre se rapprochent.... Nous calculons l'entrée à Saint-George's Harbour.
Avant d'aller se positionner au mouillage, quelques contraintes matérielles.
Plein d'eau douce, plein de gasoil, clearance, lessive... Le capitaine repart bientôt de Grenade pour remonter de nouveau vers le nord des Petites Antilles. Un certain nombre de préparatifs doivent être réglés...
Au mouillage, nous retrouvons, nos voisins canadiens laissés sur place quelques jours avant...
Que c'est calme, ici... Pas un souffle d'air... Pas une seule rafale... 
Une page du voyage se referme pour le second. Des îles des Grenadines non visitées referment leur secret... Le capitaine, lui, aura la chance... d'aller les découvrir...
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Samedi 19 janvier 2008

Le 7 janvier 2008

Après une visite instructive du Prétorien, qui sera à vendre prochainement. Est venu le temps de se quitter. Pendant que les uns se dirigent vers la Guadeloupe, les autres retournent vers le Sud.  Bernard, propriétaire du Maramu, apporte avec lui, un remède miraculeux, contre le mal de mer le stugeron forte... Radical, efficace, n'entraînant pas avec lui, d'effets de somnolence. On va tester les effets magiques...  Le second plutôt... car le capitaine, aguerri, rompu aux caprices de l'océan n'a pas besoin de ces remèdes...Lui...
La mer, formée, au sortir du mouillage, nous pousse sur l'arrière. Progression au portant, bousculés par le vent, les vagues, Blue Wave avance en roulant.
Escale à Union, obligatoire pour effectuer, une nouvelle fois mais en sens inverse, les opérations de clearance.
Déjeuner créole pris à terre. Après les reptations océaniques, la terre se dérobe sous nos pieds !! Arriver à trouver son équilibre est quelquefois bien compliqué !!
Après avoir réglé les formalités, nous pensions filer directement sur Carriacou. Mais il est déjà trop tard...
Promenade à terre pour échapper au roulis du mouillage de Clifton. Consultation du courrier électronique dans un cyber café "ouvert"...Soirée langoureusement tropicale, bercés par la brise tellement agréable sur terre...Quelques accords de steel band résonnent dans l'obscurité.... Retour à l'aveugle sur le bateau....Encore un oubli de lampe de poche... Mais, nous possédons l'un et l'autre, un infaillible sens de l'orientation.  

 

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Samedi 19 janvier 2008

Les 5, 6 janvier 2008

Après une dernière incursion sur la barrière de corail, un dernier snorckling... sportif, en raison des vagues et du courant. Le vent sévit ce matin avec force !!... Nous décidons de changer de lieu. Une hésitation sur notre prochaine destination : soit l'îlot "Petit Tabac". Nous ne pouvons y mouiller que de jour. Nous reprenons le chemin de l'île de Mayreau, vérifier si cette fois-ci, nous pouvons accéder à Salt Whistley Bay. Le vent secoue les embarcations qui s'y sont faufilées. Nous poursuivons sur Saline Bay, présumée mieux protégée... Et prenons soin, cette fois-ci, de jeter l'ancre à distance respectueuse du ponton, et de son trafic maritime...
La longue plage de sable blond amorce une forte pente vers le large. L'accostage en dinghy risque fort d'y être périlleux. L'horizon bordée de cocotiers ployant leurs palmes dans la brise participe à ce charme dont on se lasse jamais.
Une visite du village s'impose. Nous avions fait escale ici, il y a quelques jours, sans mettre pied à terre. Peut-être que le prix de la langouste dans les restaurants proches sera moins prohibitif que dans les Tobago.
L'annexe est gonflée... Une fuite est à vérifier tous les jours... préoccupante... Le gonfleur ne nous quitte jamais....Un achat sera à prévoir... Pourvu que celle-ci tienne jusqu'à Saint-Martin...
L'arrivée sur la plage s'avère, comme prévu, acrobatique. Bondir de l'annexe, avant que le rouleau ne s'abatte brutalement sur notre tête et ne noie tout sur son passage, reste un véritable exercice de style. Comme nous avons appareil photo et caméra dans nos sacs, il faut éviter de se faire coincer...
Des voisins belges, accostant, précisément, au même moment que nous, seront d'une aide précieuse, pour nous tirer de ce mauvais pas...
Nous faisons connaissance, animés par une même passion du bateau, de la voile. Parmi les membres de ce groupe, un couple possède un Prétorien, le grand frère de notre valeureux Gladiateur. Inutile de dire que cette fraternité crée des liens... L'heureux propriétaire d'un superbe Maramu ne tarit pas d'éloges sur le sien. Créant l'intérêt renouvelé de Cap'tain Joe. Une visite ultérieure de ce bateau confirmera le bien que nous pensons d'une telle conception.  
Au rythme de ces nombreuses considérations, nous montons vers le village par une petite route trés pentue, écrasée de chaleur. Nous sentons moins le vent, à terre... Les maisons du village, accrochées sur la colline, sont autant de points de couleurs vives : vert menthe à l'eau, rouge carmin, bleu vif... Quelques restaurants présentent des cartes alléchantes, pour des prix, cette fois-ci, abordables... Les enfants, curieux, nous abordent, veulent jouer avec nous. Arrivés près de la petite église, nous prenons des photos d'un panorama saisissant. Nous embrassons d'un unique regard l'immense barrière des Tobagos. Impression de perfection... On ne peut se détacher de cette vision, entraînant la pensée, la méditation.
Certains dessinent, dont la femme skipper du Prétorien. Chaque voyage donne naissance à un carnet, illustré par des dessins, des peintures à l'acrylique et au pastel. De belles créations... Nous en avons vu un exemplaire...
Accablés par la chaleur, nous allons tous étancher notre soif, dans un bistrot à ciel ouvert, face à ce bijou qu'est la mer Caraïbe. Se découpant, dans le crépuscule, les contours majestueux de l'île d'Union...
Notre première langouste du séjour, dégustée dans ce décor, en trés bonne compagnie, laissera un beau souvenir de l'île...
Retour dans la nuit noire, passage du cap fatidique des rouleaux, identification du bateau, nous avions oublié la lampe de poche...
La houle agite le mouillage !     
La coque tangue, soulevée régulièrement par les vagues provenant du large. 
Soudain, un choc brutal contre la coque...
Décidément, ce mouillage de Saline réserve quelques mauvaises surprises...
En émergeant du carré, dans le tout petit matin, nous constatons qu'un catamaran battant pavillon américain, n'ayant pas mis suffisamment de chaîne, et n'ayant pas tenu compte du cercle d'évitage, vient heurter Blue Wave. 
Le skipper du bateau et quelques membres de l'équipage prennent les choses en main,  remontent l'ancre à toute allure, sans se préoccuper de savoir si notre bateau a souffert au passage de cette collision, ni sans même s'excuser.
Le mouvement de la mer, devenu éprouvant à cet endroit, nous changeons de position, et allons nous protéger, plus à l'abri de la côte...
Pour échapper au roulis lancinant, obsédant... Rien ne vaut une natation revigorante dans l'eau verte aux reflets pailletés. De longues heures à s'ébattre, à faire la planche face au soleil...
Nos compagnons belges partent pour Canouan. Nous décidons d'y aller ensemble.
Un vent de 26-27 noeuds souffle avec vigueur. Nous longeons la côte, avec 2 ris dans la Grand-Voile, un petit foc de route établi à l'avant. Les embruns volent, tourbillonnent allègrement. Blue Wave progresse mètre par mètre. Les bords sont tirés au carré, trés serrés...dans une mer que nous qualifierons d'agité, tumultueuse, belliqueuse... Canouan approche...ses flancs couverts de belles frondaisons... Nous allons nous protéger dans le mouillage de Charlestown Bay. Mouillage principal de l'île de Canouan. L'eau, incroyablement verte, ressemble à un mirage. Belle récompense d'une navigation peu palpitante.
On dit que les fonds sont peu sûrs. Nos compagnons ont opté pour une bouée. Confiants dans notre matériel, nous jetons l'ancre, une nouvelle fois... Geste, devenu automatique. Chacun a son poste, la mécanique est bien rôdée...
Baignades à n'en plus finir, dans cette mer, tellement tentatrice...
Visite de l'île en ce dimanche paresseux où la vie semble s'être arrêtée. Pas ou peu d'animation.
Nous accostons en dinghy sur les pontons du complexe hôtelier le "Tamarind Beach Hotel". Bungalows et constructions à l'architecture néo-créole, le long de la plage. Végétation luxuriante, colorée.
Nombreuses petites maisons pittoresques disséminées à flanc de collines.
 Des passants à la démarche chaloupée.
Des chiens pacifiques nous accompagnent dans les rues, nous flairant amicalement.
De nombreuses chevrettes broutent sur le bord des routes.
Léger avitaillement auprès des producteurs locaux.
Visite du Maramu, bientôt mis en vente (certitude ou hypothèse), par son propriétaire.... Bateau remarquablement entretenu. Entre nous soit dit, une affaire... à suivre...!!
Des retrouvailles en Martinique... Puis à Saint-martin... en perspective....!!
Soirée apéritive sur Blue-Wave avant que nos chemins se séparent.
Pendant que certains se dirigent sur Béquia (Békoué), l'île, paraît-il la plus grenadine... Nous sommes, et bien à regret, obligés de revenir sur nos pas. 
Le second du Cap'tain doit reprendre l'avion de Grenade, Vendredi prochain, à la première heure...
Le retour a été avancé d'une journée, en raison des péripéties vécues à l'aller...

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Samedi 19 janvier 2008

Les 2, 3, 4 janvier 2008

Un réveil inquiétant, tonitruant dans le mouillage de Saline Bay sur l'île de Mayreau, où tout respirait le calme et la tranquillité. 
A 5 H 30 tapantes du matin, nous bondissons in extremis de la couchette quand nous entendons les klaxons réitérés d'un bateau de marchandise venu décharger sa cargaison, sur le ponton principal. Nous étions mouillés, il est vrai, un peu trop près, dans la trajectoire du ponton, mais rien n'était signalé au sujet du passage des navires de frêt. D'autres bateaux, endormis, comme nous, se précipitent sur leur ancre, amorcent de larges boucles dans la baie, vont s'installer plus loin. Le temps de prendre un petit déjeuner, de quitter les lieux devenus trop houleux, et repartir vers le vertige de bleu indigo des Tobago Cays.
Nous espérons que plusieurs bateaux de plaisance, ancrés la veille, auront la bonne idée de partir ce matin, libérant la place pour les nouveaux... en quête de sensations... visuelles !!
Bon calcul de la situation, nous trouvons un endroit propice, relativement protégé, sur la pointe Sud de l'îlot "Petit Rameau", à l'entrée du couloir, formé par la proximité entre les deux îles (Petit Rameau et Petit Bateau).
Paradis d'eau miroitante, transparente. Couleurs vibrantes. Du pont, on distingue les fonds marqués de reflets mouvants. Les masques, tubas, palmes sont exhumés des coffres. Pour de longues plongées autour du bateau, dans un premier temps... En allant vérifier la bonne tenue de l'ancre, on distingue des colonies de poissons migrant sur les fonds, dans les rochers. Une raie léopard, glisse tel un fantôme sur le sable, exactement sous la coque du bateau.
En plongeant, il faut se montrer trés prudent, les "boats boys", filent à toute allure sur leurs barques au moteur puissant, vaquant à leurs occupations ; de nombreux navires de plaisance de toutes nationalités cherchent une place dans les muoillages, pour passer une journée, une nuit et arrivent trés... Trop vite ?...   
Avec l'annexe, découverte de l'îlot "Petit Bateau" où règne une certaine animation. Exposition de bijoux fantaisie fabriqués avec des coquillages, de paréos... Cuisson de langoustes et de poissons, pêchés par les locaux. Attirés par les odeurs, nous nous informons des tarifs, mais les prix pratiqués sont vraiment exhorbitants. Des pièges à touristes...
Le tour de l'île à pied permet de mieux distinguer les reliefs étonnants de ce paysage où le vent s'engouffre avec virulence. L'horizon est directement barré par un récif de brisants, protégeant les îles de la haute mer.
Cette barrière de corail recèle de nombreux trésors. Nous passerons plusieurs jours à jouer les Robinsons aquatiques. A nager, plonger au milieu des poissons...Paresser sur les flancs sablonneux de "Petit Bateau" quand décidément, la houle malmène notre Blue Wave et ses habitants au passage !  
L'eau, sur les rivages est sublime, de beauté, de douceur... Comment résister à la tentation de prolonger ce séjour ?... 

par Joêl publié dans : Souvenirs marquants
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Jeudi 17 janvier 2008

Le 1er janvier 2008,

Les premières heures de cette nouvelle année égrènent leurs instants de douceur et de "vent". Le ciel, dégagé, sans un nuage, laisse présager une belle navigation vers une destination, rendant notre imagination fertile... Les Tobago Cays...
La nuit, une fois de plus a été immuablement tumultueuse... Cette situation devient une habitude caribéenne....
Après avoir levé l'ancre, nous contournons l'île d'Union par le nord et tirons un grand bord vers le sud de l'île de Mayreau.
Le vent souffle toujours d'Est-Nord-Est, entre 5 à 6 beaufort. Ces îles des Petites Antilles portent bien leur nom, car elles sont appelées les îles du vent( Windward Islands). Nous tirons quelques bords, en raison d'un vent négocié au prés serré, avant d'aborder les mythiques Tobago... Un grain s'en mêle au passage. Vent soutenu, pluie. Blue wave pique du nez dans la plume et se redresse soulevant dans son sillage des geysers d'écume.
Approche laborieuse. Maintenant, il s'agit d'affaler la toile, devenue encombrante !! c'est un comble ! Inutile pour avancer !! Une véritable aberration !! Nous tournons la clé, le moteur ronfle. Le coeur battant, nous approchons, maintenant, de ces cinq îlots, perdus au milieu d'une multitude de coraux. Ces petites îles sont accessibles grâce à de nombreuses passes. Les bateaux de plaisance peuvent s'installer à de nombreux endroits car ces îles minuscules sont protégées du large par une grande barrière de corail appelée le "fer à cheval" et une autre plus à l'Est portant le doux qualificatif de récif de "la fin du monde".
Nous empruntons sur la pointe des pieds une des passes en surveillant les fonds. Entre les Sand Cays, tout en se dirigeant vers la côte Ouest de Petit Rameau et l'Est de Jamesby, Blue Wave louvoie. L'équipage réfléchit au passage pour se poser la question de savoir si nous jetterons l'ancre à tel endroit plutôt qu'à tel autre, au milieu d'une multitude d'embarcations faisant relâche à cette époque de l'année, intensément touristique !!
 L'eau transparente, oscillant dans des dégradés de bleu-vert, est d'une beauté à couper le souffle. On dit que ces îles ressemblent à s'y méprendre à certaines du Pacifique Sud.
Le mouillage est décidément trop encombré. Peut-être que plus loin, l'espace sera plus serein... Après avoir contourné Petit Bateau, un couloir de mer s'ouvre devant l'étrave, révélant un splendide paysage d'îles de sable blanc bordées de cocotiers ployant inexorablement sous le vent. Ce mouillage situé entre Petit Bateau et Petit Rameau a attiré tellement de monde qu'aucune place intéressante ne s'offre à nous.
Trop de fréquentation nous chasse de cet eden devenu infernal !
Au moteur, nous pointons le nez de notre boat, vers le nord de l'île de Mayreau. Des plaisanciers nous ont fortement conseillé de mouiller dans la  baie de Salt Whistle en raison de sa configuration typique. Une plage magnifique dont l'une dresses ses charmes sous le vent et l'autre au vent. Cette bande de terre forme un isthme, frangé de cocotiers. Toutefois, en s'approchant, un constat, pour mouiller dans cette baie paradisiaque, il faudrait rester éloigné du rivage en raison de notre grand tirant d'eau. Moins bien protégés, nous risquerions d'être chahutés par la houle, le vent soufflant toujours du Nord-Est.  
Sans se décourager et toujours dans les soubresauts du moteur, nous atteignons le mouillage de Saline Bay. Le plus important de l'île.
Là également, de la prudence avant de s'approcher des terres, nous contournons le banc de récifs débordant largement la pointe Grand Col. L'ancre est jetée non loin d'un des pontons principaux, dans une eau vert émeraude teintée de vif argent. Baignade obligatoire. Comme l'eau est douce à la peau... La nuit tombe tranquillement sur ce coin paisible.
Cette première journée de l'année a plutôt bien débuté.
Mais à quand, les Tobago Cays...??

 

par Joêl publié dans : Souvenirs marquants
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