Jeudi 1 mai 2008

Le 30 avril 2008,
Position : 20.19 Nord ; 62.05 Ouest

Le départ, après un aparté au moteur, pour débuter... se négocie, dorénavant, au près serré. Nous avançons, poussés, par un vent de 15 à 18 noeuds, face à des vagues récalcitrantes.
Première nuit, sans sommeil !! Le bateau tape violemment sur les lames. Arriver à s'assoupir au milieu des trépidations, du bruit incessant devient impossible...  Nous restons, tous les deux, à pied d'oeuvre sur le pont. Nous n'avons pas encore trouvé notre rythme. Eh, oui, il faut s'amariner de nouveau. 
Depuis, ce premier matin, tout neuf, découvert au large...les vagues se sont calmées.
Le temps montre un visage plus serein. Nous profiterons de cette rémission, dans la journée, pour se délasser alternativement, et basculer dans le confort d'une sieste réparatrice... indispensable.
Nous présumons déjà qu'il faudra fonctionner au moteur cette prochaine nuit qui s'annonce et certainement demain. Pas ou trés peu de vent sur la zone que nous nous apprêtons à franchir. Lady Jo. navigue derrière nous, une distance d'environ 18 miles nous sépare. Nous communiquons nos positions respectives, par VHF, 3 à 4 fois par jour et en profitons pour se raconter les menus détails de notre vie à bord.
Actuellement, nous marchons selon un cap de 20 degrés. Allure performante et tout à fait honorable. Pourvu que ça dure !!!
Hier, une légère mésaventure. Nous avons fait l'erreur d'oublier de fermer le hublot du carré. Ce qui devait arriver, arriva... Une vague intempestive s'est invitée à bord ! Elle a copieusement arrosé l'une des deux couchettes du carré... Que nous retrouvons trempée, salée... La mer tient à nous rappeler, par la même occasion, à une roborative humidité. Ce matin, dés les premiers rayons du soleil, nous avons sorti tout le matériel pour le faire sécher... Vent et chaleur devraient nous aider à réparer les dégâts... 
Les poissons volants planent sur l'eau dans des reflets d'argent, peu de visites d'habitants marins pour l'instant...
Une longue route à tracer... encore... devant nous...

 

 

par Joêl publié dans : Nouvelles du bateau
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Mardi 29 avril 2008

Les 27, 28, 29 avril 2008,

Tout est près pour affronter "la" traversée du retour... La cambuse, pleine à ras bord... Nous venons juste de terminer les achats de frais : légumes, fruits, viande achetée sous vide chez le boucher du coin, pain cuit exprès pour l'occasion chez le boulanger, en face du mouillage.
Derniers adieux avec les amis qui, eux, quitteront les lieux plus tard. Fin des conversations.... Larmes au coin de l'oeil... Une certaine nostalgie va nous accompagner durant ces premiers milles...
Nous laissons, derrière nous, ces belles et luxuriantes îles des Antilles dont le souvenir restera inscrit profondément dans nos mémoires...
Lady Jo. largue ses amarres en même temps que nous... D'autres navires prennent le large... Nous ne serons pas seuls en mer.... Même si nous nous perdons de vue rapidement...
A 11 H, nous doublons la pointe de l'île de Saint-Martin.
La Grand-voile est hissée. Le moteur ronfle gaillardement...
Mer, d'un bleu intense... Soleil, complice, au zénith... Quelques nuages, inoffensifs...
Entre l'île d'Anguilla et l'île de Saint-Martin, c'est un vent d'Est-Sud-Est, de 15 noeuds environ, que nous amorçons au près serré. 
Selon nos pronostics, nous devrions rencontrer, essentiellement sur ce début de parcours, des vents d'Est-Nord-Est, faibles pour commencer... Le moteur sera sollicité pour nous pousser plus avant sur notre trajectoire... Nous prévoyons de remonter au 30ème degré sous les Bermudes... Position nous permettant d'attraper des vents d'Ouest-Nord-Ouest, pour nous guider ensuite vers l'archipel des Açores... En effet, pour revenir des Antilles, il faut généralement aller chercher le vent beaucoup plus au nord.
Ca n'est plus la balade pleine d'aisance, poussée par un vent complice d'alizés...
Nous retroussons nos manches de marins et nous lançons dans l'aventure de cette longue Traversée... Vers le retour...

par Joêl publié dans : Nouvelles du bateau
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Samedi 26 avril 2008

Les 21, 22, 23, 24, 25, 26 avril 2008

Lundi en début de soirée, Blue Wave arrive, plus sale que jamais, s'installer sur le ponton du chantier. Afin d'y être grutté dés le lendemain à la première heure. Un nettoyage en règle s'impose...
La manoeuvre devient laborieuse en raison du courant vigoureux, nous poussant et nous bousculant sur l'arrière.
Les copains marins, également en instance de départ, nous rejoignent pour un dîner animé. Jean-Marie, mon co-équipier s'accoutume progressivement aux ardeurs du soleil Saint-Martinois... dans la douleur !!...
Les coups de soleil se suivent et sont tous plus cuisants les uns que les autres !! Une pommade miraculeuse, portant le doux nom de Biafine, est appliquée tous les soirs, sur les épaules et le dos meurtris du malheureux second, par la main apaisante et réconfortante d'un capitaine attentif...
Engoncés dans nos combinaisons blanches, tels des spationautes posant les pieds sur une terre brûlante, nous observons Blue Wave évoluer dans les airs, maintenus par les sangles d'une grue géante, le transportant sur sa future zone de transformation.
Un employé du chantier lave le bateau au karscher. Nous peaufinons le travail en grattant et rabotant les nombreux coquillages et anatifes restant agglutinés, amassés sous la coque. Un ponçage minutieux des aspérités donnent déjà meilleure allure à l'ensemble.
Un des ouvriers du chantier trace, à notre demande, une démarcation bien nette, afin de remonter la ligne de flottaison... Le bateau sera chargé pour le retour, cette précaution semble nécessaire...
Quelques pauses indispensables, ponctuent nos manoeuvres. Les équipages amis viennent se faire offrir un café ou simplement discuter, prendre des nouvelles, prodiguer des encouragements... Ca donne du coeur à l'ouvrage...
Cette première journée de carénage fut particulièrement éprouvante.
La chaleur, plus intense d'heure en heure, pèse comme un couvercle. Le vent d'alizé jusqu'ici omniprésent, est inscrit depuis plusieurs jours, aux abonnés absents.
Ca y est, la première couche d'antifouling vient d'être étalée, d'une main de maître.
Après cette longue journée da galérien, à évoluer dans la poussière, la touffeur d'un air moite, nous nous écroulons sans avoir la force de prolonger la soirée...

 














 























Dés le lendemain, et sans attendre, nous mettons la dernière main aux travaux et réglons les ultimes détails.
La deuxième couche d'antifouling vient d'être étalée.
La coque d'un blanc renouvelé, rutile au soleil... Nous venons d'y appliquer un produit à base de jus de citron effaçant les taches d'une douteuse couleur jaune .
Une mauvaise surprise, nous venons de retrouver l'annexe que nous avions laissée en stand bye sur le ponton du chantier, endommagée par un gros trou sur son boudin gauche. Ces pontons, négligés au niveau de l'entretien, sont truffés de planches de bois effritées, coupantes et de bouts de ferraille rouillée.
Décidément c'est la scoumoune avec les annexes...
Il va falloir réparer cet accroc dans la journée...
Blue Wave s'élève de nouveau dans les airs, avec bien meilleure apparence
cette fois-ci.
Le fier navire est aussi beau qu'au premier jour...
Nouvel avatar dans la liste qui continue de s'allonger. Après sa remise à l'eau, le moteur ne veut plus démarrer...
Je schinte donc la batterie moteur sur les batteries service. Le moteur sollicité par ce traitement de choc, ronfle de nouveau. Toutefois, une conséquence néfaste, plus ou moins prévisible... La batterie moteur est dorénavant à ranger aux accessoires des instruments à remplacer. Il ne reste plus qu'à en acheter une nouvelle.... Bernard m'emmène acheter cet outil indispensable à bord de son dinghy impeccable. C'est la cinquième batterie depuis le départ...
Etant à proximité de la pompe, nous faisons les pleins de gasoil dans le réservoir et remplissons les bidons d'appoint.
Profitant de ma présence à la pompe, je remplis, par la même occasion, les bidons du bateau Paréo, 200 litres. Je retourne faire ma livraison au mouillage. Blue Wave, transformé pour l'occasion en véritable pétrolier...
Au terme de ces journées de dur labeur, intenses en émotions, nous sommes épuisés. La chaleur d'étuve, les positions dans lesquelles nous n'avons pas l'habitude d'évoluer...
Nous reprenons notre place au mouillage. L'équipage de Lady Jo. annonce qu'il rentre au port dés vendredi, emplacement stratégique pour préparer le départ.
Un départ présumé pour mardi prochain. 
Sans certitude toutefois, le vent restant pour l'instant inexistant, un vague zéphyr évanescent... 
Après réflexion, nous décidons d'opter pour la même stratégie et nous installons au port, à couple de Lady Jo.
L'équipe se rend ensuite dans le supermarché local, le plus proche du port, pour régler l'avitaillement. Nous avions concocté la liste complète le matin même.
Le magasin s'occupe de faire la livraison gratuite de l'ensemble de nos achats. Cela nous convient pafaitement. Ainsi, nous ferons l'économie de la location d'une voiture. Intention prévue au départ...
Branle-bas de combat, effervescence... Le grand rangement s'organise dans la moindre des équipets disponibles du bateau. Chaque espace libre est investi, pris d'assaut par les boîtes de conserve et autres denrées indispensables....
Il ne reste plus que le frais à acheter... Démarche négociée au dernier moment...
Grand nettoyage et ménage de printemps. Etant au port, nous profitons de l'eau ainsi que des nombreuses facilités et commodités pour organiser les ultimes préparatifs. Bientôt prêts pour entamer la "Grande Traversée".
Le mouillage de Marigot Bay se remplit de bateaux de jour en jour. Les équipages attendent le vent favorable pour partir et patientent comme nous tous...
Jusqu'à quand ?...
Depuis le 25, il pleut... Les orages tournent, quelques éclairs zèbrent un ciel noir d'encre... Ce temps sombre et frais, inhabituel aux Antilles, rappelle une journée vécue aux Virgin, dans un des mouillages de l'île de Jost Van Dyke.
Nous venons de festoyer sur le bateau Paréo. Jean et Sophie, les amis belges, rencontrés sur le bateau de Bernard, ont préparé des plats locaux accompagnés d'un vin à se pâmer. Digestif pour faire couler... La vie est douce...
Ces dernières mises au point sur le bateau annoncent la fin d'une aventure...
Jacky et moi avons maintenant hâte de partir... Il est temps de se lancer, proue en avant. Des retrouvailles avec l'Atlantique... Que nous espérons "pacifiques"...   
   

par Joêl publié dans : Nouvelles du bateau
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Vendredi 25 avril 2008

Les 17, 18, 19, 20 avril 2008,

Les jours sont maintenant comptés sur le calendrier. Les pages  du temps se détachent avec désinvolture les unes après les autres Décidément, les heures passent trop vite... Bientôt, il faudra quitter ce chapelet d'îles colorées... Cette terre insolite, partagée entre deux nations, la France et les Pays-Bas, appelée également "Friendly Island"...
Nous allons chercher, le futur co-équipier de Joël à l'aéroport "Princess Juliana".
Dernières visites, promenades, achats... Soirées amicales, autour de verres de rhum arrangé... Ultimes carresses du vent chaud, sur la peau... Des regrets et nostalgies s'inscrivent en creux...au fond de la mémoire...
Avant de partir, peut-être aurons-nous l'occasion d'aller assister à une fête du Carnaval !
Ces festivités symbolisent l'âme de la Caraïbe. Il s'agit de la fête la plus populaire à Saint-Martin. Elles se déroulent sur une semaine à Marigot et Grand case, débutant en février, le jour du Carême... Et se prolongent un mois entier, en avril, à Sint-Maarteen. Un spectacle clotûre la saison avec le défilé des Grandes Parades. Les rues de Philisburg se remplissent de paillettes, de plumes géantes multicolores...
Cet évènement rivalise avec celui d'Antigua et de Trinidad.
La participation de toutes les communautés des populations insulaires enrichit ce déploiement de danses, de démonstrations débordantes.
Attirés par la perspective d'un spectacle précédant le défilé, nous filons tous à Philipsburg en bus... Mais, nous n'aurons pas l'occasion d'assister aux préparatifs et répétitions dans la rue... Un groupe de danseurs de Capoiera affine leur chorégraphie sur une place. Les terrasses débordantes d'animation déversent des flots de musique... Une halte conviviale, autour d'un verre, nous réunit tous. Nous trinquons dans l'air tropical aux souvenirs, aux projets, aux départs imminents, aux voyages... Avant de repartir sur Marigot pour d'autres réjouissances...
Le 19, le zinc du mousse fend le ciel de son museau effilé. Retour chagrin vers la métropole.
Les deux co-équipiers, sur Blue-Wave, s'entendent comme larrons en foire. Une association active se met en place. Il y a fort à faire. Préparer le carénage.
Le rendez-vous est pris au chantier depuis déjà longtemps. Le matériel en attente dans les coffres du bateau.     

par Joêl publié dans : Souvenirs marquants
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Jeudi 24 avril 2008

Les 15, 16 avril 2008,

Le soleil, ce matin, éclate de toute son ardeur...
Temps, configuration idéal pour plonger. Masque, tuba, palmes, nous partons tous en rangs serrés, louvoyer entre les poissons... L'approche du rivage réserve de nouveau des surprises éblouies. Les fonds tapissés de coraux, d'anémones de mer ondoient au rythme de la houle... D'innombrables poissons rayés, jaunes, bleus, translucides, mouchetés, avancent par brusques reptations ou alors glissent d'un air indifférent près de nous. Soudain, Bernard nous fait signe de le rejoindre, un requin dormeur avance doucement dans les profondeurs.... Vite, vite... Il faut se dépêcher si nous voulons le voir, il va s'enfuir, se cacher, disparaître au milieu de la végétation sous-marine.. Le requin, apeuré, par cette armada inattendue se réfugie entre deux rochers... Nous l'observons, il n'ose plus bouger. Au départ, côtoyer de si près un tel specimen impressionne. Mais, on nous a bien dit qu'en cas de rencontre, il ne fallait pas céder à la panique, ce poisson ne représentant quasiment aucun risque. Pour se conforter dans cet état d'esprit, il suffit de consulter sur le net les archives du Museum d'histoire naturelle de Floride. Depuis 1749, les requins ne sont responsables que de dix-huit attaques mortelles dans les Antilles, dont les dernières remontent à 1972...
Nous voilà quelque peu rassurés...
Une quantité vertigineuse de poissons frayent, se faufilent au milieu de la végétation ondoyante. Nous plongeons et avançons au milieu de nuages d'argent. On a presque peur que surgisse le prédateur affamé. En milieu de parcours, nous constatons que le courant a tendance à nous entraîner inexorablement vers l'océan. Nous préférons faire demi-tour, après avoir lutté un moment, contre ce puissant courant.
Pour se délasser, une halte s'impose sur une des plages miniatures au sable d'un blanc éclatant. Sur le rivage, l'eau transparente, irradiante roule de petites vagues caressantes. On roule dans l'eau, on se laisse glisser paresseusement sur le sable aux miroitements d'éclairs vers l'écume soyeuse. Nous sautons, bondissons, rendus par la grâce de cet instant magique à notre état primitif... Les poissons glissent entre les jambes.... Une tortue, plus loin, risque un oeil interrogatif...
Arrive le moment où il faut rejoindre le bord. Nous avons prévu de jeter l'ancre, en milieu de matinée, dans le mouillage de Great Harbor pour y souscrire les formalités de sortie des îles Vierges britanniques.
Alors que nous rejoignons le bateau à la nage, quelque peu éloigné de la plage, tout en observant les fonds, nous découvrons quelques gros poissons. 
Quand j'apprends qu'il s'agit de barracudas, mon sang ne fait qu'un tour, jamais ma natation n'a été si véloce (le mousse, pas le capitaine qui ne se laisse pas effrayer pour si peu). Ces poissons aux dents aiguisées et incisives possèdent une réputation de curiosité qui ne faillit pas à la règle. Ils nous suivent à distance respectueuse... S'arrêtent quand nous arrêtons, progressons derrière nous, quand nous nageons...  
Plus tard, nos équipages, dessalés, se retrouvent au grand complet pour une dernière navigation en duo. L'ancre levée, nous rejoignons le mouillage de Great Harbor. L'eau, couleur menthe verte intense, plombée par un soleil puissant, est tout simplement superbe. 
Bernard et Capt'ain Joe vont s'acquitter des formalités pendant que je prépare les bières glacées. Sitôt le déjeuner avalé, nous partirons. Il est déjà temps de rejoindre Saint-Martin. Jean-marie, le co-équipier de Joël arrive le 17 avril.
Dés 14 H, nous relevons l'ancre, et partons à regret de ce mouillage aux airs langoureux, tellement tentateur...
Nous aurions apprécier y jouer les prolongations...
Avant de rejoindre la haute mer, nous circulons, en tirant des bords, au milieu des îles au rythme d'un parcours pittoresque, nous faisant profiter une dernière fois de la splendeur de ces contrées au passé légendaire.
Génois à poste, Grand-Voile arisée, moteur pour avancer au près serré. C'est le déploiement des grands moyens... Nous voulons sortir de l'archipel avant la nuit, surveiller les passages difficiles, identifier les casiers à fleur d'eau... Nous laissons les lumières de Tortola sur notre bâbord et progressons au milieu de l'obscurité... La navigation ne va pas être de tout repos. Le vent, Sud-Est, est positionné en plein dans notre nez. Les vagues courtes et cassantes freinent considérablement notre progression. Nous établissons un programme. Nous virerons de bord toutes les demi-heures pour commencer et ensuite, nous allègerons la cadence et règlerons cette manoeuvre toutes les heures...
Le capitaine assure son quart, dans une mer difficile, pendant que le mousse commence à perdre ses moyens dans la nuit. Le mal de mer, pernicieux, insidieux, anéantit !!
 Le bateau poursuit sa route cahin-caha, poussé, cravaché, cinglé par la main experte d'un capitaine qui, lui aussi, va finir par se fatiguer par tant d'efforts, assumé seul. Sur la route de la houle, il faut de nouveau mettre le moteur, en complément des voiles pour se pousser, "envisager" d'avancer... Il faut même refaire le plein de gasoil, en plein océan... Attraper le bidon dans les coursives, préparer le matériel, verser le précieux liquide, sans en perdre une goutte, dans les soubresauts maritimes... Une sacrée paire de manche (renouvelée à deux reprises)... Non seulement le vent contraire, nous donne presque l'impression de reculer au lieu d'avancer, mais le courant contraire lui aussi s'en mêle... Quelle adversité... Puis, petit à petit, trés lentement... dans la soirée du 16, se précisent les contours de l'île d'Anguilla... Les lumières de Saint-Martin... dans la nuit noire...ponctuée d'étoiles.
L'approche du mouillage représente un soulagement extrême... Enfin la mer se calme.. Le vent ne nous repousse pas de sa main de fer implacable... En contournant les bateaux, nous croisons Notre-Dame des Flots et le saluons au passage.
Nous trouvons une place tout à fait correcte au milieu de la baie de Marigot (bon bien-sûr, ça n'est pas le lac procuré par la proximité de la digue, mais c'est mieux que ce que nous venons de traverser et de subir). L'ancre est lâchée... Nous goûtons à la paix, au repos... Quel contraste saisissant... avant d'aller s'écrouler dans un sommeil d'oubli total... 
141 milles effectués dans un prés serré (véritable partie de bras de fer)  en 27 heures.... 



 
    

 

par Joêl publié dans : Souvenirs marquants
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Jeudi 24 avril 2008

Les 12, 13, 14 avril 2008

Branle-bas de combat, au moment où le soleil jaillit de l'eau... Départ du mouillage pour progresser plus avant sur l'île de la Grosse Vierge, appelée aussi Vierge Large...
Nous filons sur Saint-Thomas, réaliser le protocole d'entrée dans les îles Vierges Britanniques...
Mouillage dans la baie, un peu rouleuse. Nous accostons en annexe sur le petit ponton près du port. Un centre-ville maniature, correctement desservi. Mini-markets, magasins d'articles sous-marins, hôtels, restaurants... Nous trouvons les bureaux de la douane/immigration pour la clearance à l'extrémité nord du quai... Kilomètres de papiers à remplir de nouveau...
Maintenant, nous sommes libres de gambader, comme bon nous semble et de nous laisser envoûter comme tant d'autres par les Baths...
Vocable, non évocateur, pour qualifier la merveille naturelle qui nous attend plus loin aux détours des routes en lacets et sentiers caillouteux...
A chaque coude de notre parcours, les vues sur l'océan et son puzzle d'îles saisissent et laissent sans voix...
Après avoir zigzagué au milieu des lianes, cactées aux formes saugrenues, fleurs tropicales langoureuses, rochers disséminés selon les hasards d'une nature fantasque, nous tombons en pâmoison, devant l'oeuvre d'un géant... D'immenses, énormes blocs de rochers, polis par l'érosion sont disséminés et distribués le long de l'océan miroitant... Au milieu de ce chaos granitique, une plage de sable blanc, directement sortie d'une carte postale, apparaît au détour du chemin. Nous nous lançons tels des enfants éblouis dans cette mer bleu cobalt... peuplée de poissons multicolores, de tortues, de coraux...
Nous déjeunons sous les arbres, sur un tapis de feuilles mortes craquantes, en essayant de protéger nos sandwichs des volatiles voleurs et quémandeurs, nous observant de leur oeil rond goguenard...
C'est dans ce labyrinthe de pierres géantes que nous poursuivons notre progression. Courbés en deux, à quatre pattes, gravissant les escaliers de pierre naturelle, de caves, en voûtes inclinées, de couloirs tortueux en venelles cyclindriques, de grottes ventrues en salles sombres où résonnent mille échos, nous découvrons une enclave d'eau de mer, lovée entre les roches. Une authentique piscine naturelle, parcourue de scintillements lumineux. La masse dominante des pierres crée un jeu d'ombre, les flèches du soleil ricochent et rebondissent entre chaque anfractuosité... Créant un phénomène de clair-obscur intermittent...  
Plus loin, nous retrouvons une longue plage de sable dorée, bordée de grands cocotiers en forme de sentinelles, au pied des rochers ronds.
La promenade se poursuit... Se prolonge... pour rien au monde, on n'aurait envie qu'elle ne s'arrête... Enchantement à répétition... L'envie démesurée d'arrêter le temps... Une halte sur la route de retour de Devil's Bay... Eclatement, poudroiement de soleil, lumière incandescente...
Puis, un retour vers les bateaux laissés à l'ancre, roulant nonchalemment dans l'air du soir...
Après cette merveilleuse escale dont nous ne sommes pas près d'oublier l'atmosphère, nous laissons derrière nous, tôt ce matin, les côtes de Virgin Gorda. Apercevons les foisonnements et frondaisons de l'île de Tortola. En face de nous, nous distinguons l'aéroport, avec son ballet de zincs évoluant dans le ciel, déjà, blanc de chaleur.
Au moteur, poussé par le génois, nous avançons à allure paisible et régulière, vers l'île de Guana (à l'est de Tortola). L'île tire son nom de son rocher, situé à la pointe Nord-Ouest, qui ressemble étrangement à une tête d'iguane.
Cette petite île a un aspect aride, sec, semée de cactus et de broussailles folâtres...
Comme cette île est privée, nous n'aurons pas la possibilité de mettre pied à terre... Ca n'est pas grave, il y a tant à voir sous la mer. Le site de snorkling aux dires de Bernard nous réserve tant de surprises...
Notre arrivée doit se faire prudemment, et comme sur la pointe des pieds, certaines parties du rivage, débordant de coraux. Nos deux bateaux mouillent au Sud, près de Monkey Point par quatre mètres de fond.
Et quelle chance nous avons, nous sommes les seuls habitants flottant des lieux... Quelle paix, quel silence...
Après avoir assuré nos navires sur les bouées réglementaires, nous n'avons de cesse que d'enfiler masque, tuba, palmes et plongeons vers les profondeurs. Une légère inquiétude quand l'équipage de Paréo signale la présence d'un petit requin sous la coque. Celui-ci se protège des ardeurs du soleil... Sous ces airs féroces, il n'est rien moins qu'inoffensif. En approchant du rivage, les poissons se font plus nombreux... Les carangues à l'air sage et sérieux, sont doublés par d'immenses bancs de poissons frétillants... Soudain, des ombres glissent autour de nous, nous observent, on a presque l'impression qu'ils nous fixent... des tarpons... Impressionnant...Le requin rôde toujours sous la coque de Paréo, nous n'osons poursuivre nos ébat aquatiques et rejoignons le reste de l'équipe à bord du dinghy...   
 De retour sur le pont, dans la chaleur, la douceur de l'alizé, caressant la peau, nous concoctons nos traditionnels ti-punch... Au parfun de citron vert... aux écorces de cannelle... à l'étirement du temps paresseux... aux échanges et confidences souriantes...
Nous allons bientôt saluer et quitter la tête de l'iguane. Une autre escale en perspective... Toujours guidés, par Bernard, fin connaisseur et fidèle pratiquant des lieux. C'est vers l'île de Jost Van Dyke que nous dirigeons la proue de Blue Wave. 
Dans le petit matin couleur frisson, le ciel est gris plombé... La pluie menace... Des grains courent dans le ciel et s'abattent violemment sur les îles proches.
Nous sommes pour l'instant épargnés par les gouttes...
Deux mouillages s'offrent à notre convoitise à Little Jost Van Dyke sur l'est de l'île, derrière Green Cay. L'un des deux est bien protégé et va permettre de belles plongées. Avant d'y accèder, il faut accomplir une grande boucle et arrondir le Sud de Green Cay, débordé par une zone de hauts-fonds.
En dinghy, nous allons visiter et nous dégourdir les jambes sur l'îlot de sable blond, occupé en son centre par une forêt de palétuviers...
Les pélicans plongent en piqué, de manière vertigineuse, droit sur l'eau, en bordure de la plage. Des myriades de poissons gros comme le doigt y frétillent dans des frémissements de vif argent... 
Les lourds nuages précisent leur menace, la pluie s'annonce en renfort. Les averses tambourinent sur le pont et dessalent par la même occasion, notre univers pailleté de cristaux blancs... C'est le moment idéal pour prendre une douche, et veiller ainsi à ne pas entamer les réserves d'eau douce du bateau...
Nous échangeons des photos avec Paréo sur l'ordinateur portable du Maramu.
Le soir, au moment de l'apéritif, nous voyons arriver nos voisins de bateau avec impers et un seul parapluie pour se protéger des bourrasques, sur l'annexe.
Un inédit, une exception en saison sèche dans ces contrées... Plusieurs orages se déchaînent... Les éclairs vrillent le ciel, les coups de tonnerre font vibrer l'océan, le vent vire, les bateaux ne sont plus protégés par la barrière de corail et sont malmenés par la houle... Le ciel et son eau nous tombent sur la tête. Nous n'osons plus bouger... Le ti-punch, la musique, les rires réchauffent l'atmosphère...
Demain, le soleil reviendra, c'est sûr... Nous nous promettons un grand snorkling en bande de poissons humains... 

 

     
   
  
  

 

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Jeudi 24 avril 2008

Les 10, 11 avril 2008,

Avant de foncer dans la nuit noire vers notre nouvelle destination, des préparatifs s'imposent, hormis l'avitaillement et quelques courses indispensables de dernière minute... Tout d'abord, une plongée stratégique sous le bateau, en apné, afin de gratter énergiquement, les anatifes et coquillages récalcitrants, qui s'agglutinent en pagaille sous la coque. Un fois, ce premier travail achevé, il s'agit de remonter l'annexe, de la faire basculer et d'enlever les mousses et algues qui adhèrent au niveau de la partie immergée. L'eau, d'une température de 26° favorise ce genre de phénomène. Ces agglomérats freinent la progression des embarcations, petites ou grandes... Ces précautions prises, nous escamotons l'annexe sur le pont. Il n'est pas envisageable de la garder maintenue par un bout derrière le bateau, durant la totalité du parcours, d'environ 80 milles...
Aux alentours de 19 H, nous relevons l'ancre en même temps que Paréo et louvoyons entre les nombreuses coques au mouillage. Nous laissons derrière nous, les multiples points lumineux. La côte s'éloigne progressivement... Un bon vent de Nord-Est, établi à 15-20 noeuds favorise une allure plus qu'honorable. Peu de va et vient au coeur de cette nuit sombre, faiblement éclairée par un timide croissant de lune. Nous surveillons les évolutions d'une plate-forme pétrolière tractées par deux gros remorqueurs.
Nous percevons des cris mystérieux. Peut-être, les baleines à bosse ? Elles s'accouplent de janvier à mai et l'on peut entendre les longues mélodies, douces et harmonieuses, de leurs chants sous-marins. Les chanteurs, toujours mâles, peuvent ainsi vocaliser sous l'eau une demi-heure d'affilée avant de reprendre leur souffle à l'air libre. Nous guettons les signes d'une présence. Mais, nous n'aurons pas l'occasion de surprendre la danse de leurs bonds prodigieux... 
Le bateau roule, balance et bourlingue. Les vagues puissantes propulsent Blue Wave sur l'arrière. Nous progressons à environ 5 noeuds de moyenne et voyons apparaître, petit à petit, dans la clarté du jour qui se lève, les pentes escapées et arides de Virgin Gorda. Nous surveillons notre route de trés près, en suivant les indications du logiciel Maxsea. Pour accèder au mouillage de Gorda Sound, situé dans une baie immense, nous devons emprunter un passage précis, bien arrondir et déborder au sud en raison de la présence de récifs coralliens. Nous empruntons la voie située au nord de Mosquito island et Colquhoun Reef, qui est le passage quasi obligatoire pour les navires à fort tirant d'eau.  12 H après notre départ de Saint-Martin, nous déroulons l'ancre dans une eau transparente, aux reflets vert ondoyant. Des régates sur le plan d'eau. De nombreuses voiles se croisent et s'entrecroisent avant de fondre à l'horizon au milieu du bleu intense de la mer des Caraïbes.
Ainsi, nous voilà, installés au milieu de ces mythiques îles Vierges...
Situées, au nord de l'arc antillais, elles regroupent une soixantaine d'îles et d'îlots extrêmement rapprochés les uns des autres. Les Vierges Britanniques, disposées en rectangle, forment une véritable petite mer intérieure.
A l'origine, ces îles furent peuplées par des tribus Arawak et Carib, renommées par Christophe Colomb qui les découvrit, lors de son deuxième voyage en 1493. Elles sont, ensuite, délaissées par les Espagnols qui préfèrent coloniser des terres plus riches. Ces îles recèlant d'innombrables criques et baies trés abritées deviennent rapidement le repère des pirates et boucaniers de tout poil, attaquant les galions espagnols, en route pour l'Europe, chargés de l'or inca.
Nous humons ce parfum d'aventure et imaginons la présence cruelle de ces forbans, dont le drapeau noir claquait dans le vent des alizés. De nombreux navires de plaisance, anglais et américains, arbore cet illustre et sinistre fanion ostensiblement. 
Nous rêvons du Trésor caché...!! 
Après une nuit sans sommeil, nous nous laissons bercer par la torpeur du climat local. Climat subtropical doux. Les températures moyennes se situant autour de 29 degrés Celsius.
Visite à terre, avec l'annexe, gonflée de nouveau... en compagnie de Paréo. 
Cette première découverte laisse songeur... Que de beautés réunies en un seul lieu...
Il faut savoir que dans ces îles, les différences de précipitations, de sol et d'ensoleillement favorisent une grande variété de végétation. On peut y trouver des endroits luxuriants où prospèrent des palmiers, de nombreux arbres fruitiers tropicaux et des collines quasi désertiques où se côtoient cactus, frangipaniers et tamariniers sauvages...
Dans les vallées, on admire les magnifiques fleurs tropicales, hibiscus, bougainvillées, flamboyants...
Après avoir longé le front de mer, nous entrons dans un "jardin extraordinaire", avant d'admirer le paysage de mangrove. Les bungalows, nichés dans la verdure, se fondent dans la végétation en respectant l'environnement. Pas de construction ni d'architecture ostentatoire... Quelques maisons aux toits en forme de chapeau chinois, au milieu de forêts de palétuviers...
Nous nous photographions mutuellement avec les copains, en faisant l'échange de nos appareils... Nous voulons conserver les beaux souvenirs...
Avant de rejoindre le bord, le coucher de soleil comme exalté de lumière, aussi cinglant qu'une langue de feu...   
  

par Joêl publié dans : Souvenirs marquants
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Mercredi 23 avril 2008

Ouverture d'un nouvel album : Vierges (îles)... Un avant goût des nombreuses autres photos à venir... afin de basculer dans l'atmosphère vibrante... de beauté de ces îles (presque) paradisiaques...

par Joêl publié dans : Souvenirs marquants
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Mardi 22 avril 2008


Les 5, 6, 7, 8, 9 avril 2008,

En attendant de surfer au gré de l'histoire en train de se vivre au jour le jour.... Quelques photos de plus dans l'album "Saint-Martin"...
La suite après la photo du mouillage...

 

 

 

 


























Retrouvailles émues dans l'ambiance tropicale de l'île de Saint-Martin.
A peine le tarmac foulé, en sortant de l'aéroport, on est happé, enveloppé par une brume de chaleur...
Quelques averses sporadiques sur la route, en taxi, avant d'atteindre le mouillage de Marigot Bay et de s'apprêter à monter en annexe... L'annexe avec son moteur flambant neuf...!!
Les navires se côtoient dans ce vaste espace, et oscillent doucement au bout de leur chaîne, installés dans une eau d'un vert saisissant, surréel. Les fonds de sable blanc donnent à l'océan cette coloration menthe à l'eau. 
Dans ce mouillage, protégé par la houle du nord, on coule des jours tranquilles, sereins, constamment éblouis, par l'intensité d'une lumière qui explose à la rétine et se répercute, le long d'un panorama ponctué de couleur...
Blue Wave, parfaitement à son aise, a trouvé un espace idéal, à proximité de la digue. La houle s'y fait discrète, le ponton des dinghies est tout proche, ce qui évite d'être arrosés à chaque navette entre la terre et le bateau.
Ce ponton dessert la gare maritime, qui assure un trafic intense entre l'île d'Anguilla et l'île de Saint-Barthélémy et permet d'accèder à un marché artisanal aux coloris chatoyants. On y trouve pêle-mêle, bijoux, poteries, vanneries, tissus, paréos ondoyant au rythme de la brise des alizés.
La marina, en plein coeur de la ville est à 5 minutes du mouillage, nous y retrouvons l'équipage de Lady Jo. autour d'un ti-punch réglementaire... Le soir, promenades le long du front de mer bordés de terrasses de café, de restaurants créoles, de commerces chics et luxueux.
De nombreux lieux d'excursion s'offrent à nous. Nous débutons par une escalade vers le Fort Louis, construit en 1789. De ce point culminant, on domine un vaste paysage, de mornes, de vallées, de maisons en pointillé de couleurs, de bateaux éparpillés sur l'immensité, d'océan aux tonalités d'un bleu profond, contrastant avec le vert d'une grande douceur aux abords de l'île.
On y aperçoit Anguilla. Nous prévoyons entre autres projets d'y aller en bateau. Des sites de snorkling de toute beauté, en perspective...
Toutefois, avant de s'adonner à un programme complet de balades paresseuses, de découvertes magiques, une installation s'impose... Celle du régulateur d'allure...
Le mousse, zélé et studieux, a ramené de La Rochelle, quelques clichés, pris en direct de l'atelier du fabricant. Précaution nécessaire afin que nous puissions déterminer la pièce qui pose problème, la remettre en l'état par nos propres moyens, ajuster ensuite les éléments au millimètre près (ça s'est moins sûr) et assembler ensuite les pièces (il faut pour cela outre une dextérité sans faille, une patience inébranlable...).
Opération, donc, plus longue, complexe et laborieuse qu'il n'y paraît au premier abord !!... Maintenant, il ne reste plus qu'à tester l'efficacité du régulateur... Les prochaines sorties en mer permettront de vérifier son bon fonctionnement de barreur...
Nous tremblons un peu, et sommes sceptiques quant au résultat...
A propos de sorties, il va falloir se décider... Nous étudions les cartes...  Que faisons-nous, où allons-nous ? Nous n'avons, il est vrai, que l'embarras du choix...
Ne serait-ce qu'à Saint-Martin où se multiplient à foison les mouillages tentateurs.
Friar's Bay ; Happy Bay ; Grand Case, qui est paraît-il "le" mouillage, le plus pittoresque de l'île, escale incontournable pour un premier ou dernier jour de croisière ; l'Anse Marcel, aux eaux, toutefois, légèrement rouleuses ; Pinel Island, haut lieu du tourisme Saint-Martinois. Ou alors, peut-être l'îlot Tintamarre aux eaux cristallines, parcourues de longs reflets turquoise. Ce petit bout de terre, en forme de mirage ou de miracle, c'est selon... fait partie de la Réserve naturelle. Son labyrinthe de coraux abrite des quantités impressionnantes de poissons tropicaux,  évoluant au coeur d'une végétation sous-marine, récupérant doucement des méfaits infligés par le cyclone Luis en 1995. Cette configuration est en fait un site de snorkeling impressionnant de beauté... selon les échos de mouillage et de ponton. Mais, ça n'est pas tout, Green Cay, située à proximité de la plage de la Baie Orientale, internationalement connue sous le nom d'Orient Beach, recèle également des merveilles sous-marines... Plus loin, le Rocher créole, nous tend les bras, ou alors Oyster Pond pour décoller en fin de parcours vers l'île de Saint-Barth...
Décidément, l'île de Saint-Martin regorge de trésors infinis. Elle regroupe trois grands écosystèmes caractérisés par la mangrove, les herbiers de phanérogames marins et les récifs coralliens...
Y circule une faune abondante et diversifiée. Le Parc marin de la Réserve naturelle est situé sur un important plateau qui s'étend de l'île d'Anguilla à Saint-Martin et à Saint-Barthélémy. La profondeur de cet espace ne dépasse pas trente mètres. C'est là que les mammifères marins comme les grands dauphins et les baleines à bosse ont établi leur zone de prédilection pour la chasse et les parades amoureuses.
Nous verrons, lors de nos promenades en mer, si nous avons la chance d'en croiser quelques uns sur notre route... Les tortues y font également quelques apparitions inédites... Mais, on rencontre plutôt celles-ci, au moment des plongées, au niveau des fonds rocheux...
Avant de se décider sur la conduite à tenir, nous filons en bus à Philisburg en compagnie de Bernard, devenu un inséparable complice...
Dans le centre-ville, on trouve quantité de boutiques "duty free", de nombreux produits hors taxe sont commercialisés à des prix défiant toute concurrence...
Farniente sur le front de mer face à Great Bay où nous constatons que les bateaux roulent et se dandinent en permanence sous l'impact de la houle...
La mer aux scintillements vert intense hypnotise, ensorcelle. Un soleil impitoyable darde ses rayons. Nous n'avons plus le courage de bouger et d'aller plus loin. Quelques bières fraîches plus tard, permettent de récupérer l'énergie suffisante pour déambuler sous les palmiers et les cocotiers bordant de leurs branches langoureuses, la longue promenade.
Coupe de cheveux indispensable pour les "garçons" chez un barbier local, oeuvrant avec grande dextérité. Dans la soirée, nous louvoyons entre les innombrables boutiques de bijoux pour rejoindre le bus. Cette prolifération de dorures, de gemmes, de pierres, de joyaux est pour le moins surprenante... Nous n'en avons jamais vu autant, concentré dans un espace aussi restreint. Y a t-il autant de touristes acheteurs, que de bijoux à vendre ?...  
Notre projet de destination s'affine, se profile avec plus de netteté... Bernard avec son grand sens de la persuasion, nous vante les charmes des îles Vierges britanniques, nous exhorte à y aller... Nous expliquant qu'il est impossible de venir ici à Saint-Martin sans aller découvrir ces merveilles de la nature... Son discours loin de nous laisser indifférents, fait battre en chamade, nos coeurs d'aventuriers, amateurs d'inconnu et de terres nouvelles.... Le hic, aurons-nous suffisamment de temps, pour profiter de notre séjour sur place, le co-équipier de Joël arrivant le jeudi 17 et sachant que pour revenir, nous allons nous retrouver confrontés à un prés serré, des plus inconfortables... 
En prévision de ces escapades, nous pourvoyons à l'avitaillement du bateau... Les équipets se remplissent... Eau douce, gasoil...
C'est autour d'un ti-punch, pris en commun avec les amis de Bernard, fraîchement débarqués de la Métropole, que nous prenons notre décision...
Les Vierges pèsent décidément trés lourd dans la balance de nos désirs de voyage...
Demain, jeudi à la tombée de la nuit, nous remonterons l'ancre en duo et filerons, poussés par un vent portant, sous les étoiles, vers ces îles tellement prometteuses.... 



 
par Joêl publié dans : Rencontres et Découvertes
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Jeudi 3 avril 2008

Les 1, 2, 3 avril 2008,

Entre ombre et soleil, vent et rafales, trépidances et mouvances... Actuellement un long souffle de 15 à 20 noeuds balaie la baie, précédé d'une série intermittente de grains, entrecoupés des courbes parfaites d'arcs en ciel, zébrant le ciel noir d'immenses doigts de couleur...
Une grosse houle, de 4 à 5 mètres, est de nouveau annoncée. Le mouillage et le port sont combles, archi-complets...Chacun cherche à se protéger des intempéries...
La mer, trés agitée, bouleverse le paysage sur toute la Caraïbe, depuis plusieurs semaines maintenant. Ces phénomènes inhabituels seraient la conséquence de tempêtes et de mauvais temps sous les latitudes canadiennes...

Sans nous laisser troubler par ces conditions contraires, nous poursuivons le chapitre, déjà largement entamé, des manutentions variées.
Nous venons, à l'instant, de remonter l'éolienne de Bernard sur son petit mât. Opération laborieuse qui a nécessité l'aide d'un voisin secourable. Le poids de l'éolienne, le vent qui s'en mêle... Mais après quelques efforts, beaucoup de savoir-faire et de technique de la part d'une équipe de navigateurs de choc, nous sommes tous arrivés à installer et stabiliser ce délicat matériel !!
Mais, une fois qu'on en a terminé d'un côté, il faut poursuivre, sans faillir, de l'autre... 
Parmi les éléments à observer d'un oeil attentif, à réparer rapidement : le régulateur d'allure. Je l'ai démonté. Celui-ci  ne fonctionnait plus de manière optimum avec sa précision habituelle... Un constat ennuyeux qui me préoccupe, une pièce tordue à l'intérieur du gros tube nécessite une réparation pointilleuse. Le mousse, à La Rochelle a rencontré l'ingénieur, inventeur du système. Pour remonter les pièces dans le bon ordre, elle a pris quelques photos du processus, pris des notes. 
A nous d'agir maintenant...
D'autre part, le radar donne, lui aussi, de sérieux signes de faiblesse. Des problèmes de connexion ?... Dans les jours qui viennent, deux nouvelles batteries vont être installées dans les compartiments. Un rendez-vous a été pris pour le carénage... avant la Grande traversée...
Mais avant la poursuite de ces nombreuses activités... Un temps de repos, de sérénité... le mousse arrive de loin... visiter son cap'tain...
Le blog va certainement connaîre une petite période de vacances... Que nos lecteurs ne s'en offusquent pas... Il y aura ensuite de nouvelles pages réactualisées...
De nombreuses photos pour faire rêver...


par Joêl publié dans : Humeurs du Capitaine
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