Le 17 Mai 2008
Les marins sont arrivés à Horta, à 8 H UTC, ce matin...
Les détails et descriptifs de l'arrivée... ne sauraient tarder...
Le 17 Mai 2008
Les marins sont arrivés à Horta, à 8 H UTC, ce matin...
Les détails et descriptifs de l'arrivée... ne sauraient tarder...
Les 13, 14 Mai 2008
Position à 17H30 UTC : 36.29 N ; 35.10 O. Cap 70 °.
La route se poursuit, accompagnée d'un coktail de vent, roulis perpétuel, épuisant, humidité constante qu'on soit à l'extérieur ou à l'intérieur. Rien ne sèche !!
Malgré ces aléas, il faut bien l'avouer, propres à l'océan... Nous faisons un bon cap, toujours en direction de l'île de Faial. Il reste 335 milles à courir devant l'étrave.
Le GPS prévoit une arrivée dans la nuit de vendredi à samedi.
Accosterons-nous dans le port, en plein coeur de l'obscurité ?... Nous verrons, l'heure à laquelle, nous apercevrons le terre.
Nous bénéficions, actuellement, d'un bon vent d'Ouest d'environ 15 noeuds. Et avançons à 5, 6 noeuds sous génois seul. Nous avons préféré enlever la Grand Voile pour éviter de rouler
exagérément. En effet, nous sommes plein vent arrière.
Nous tirons de grands bords de largue de tribord à bâbord et venons juste de bénéficier de la bascule d'Ouest. Position idéale pour filer en direct sur Horta.
Mais, il est fort possible que l'on finisse au moteur jeudi et vendredi prochains, car la consultation attentive des fichiers météo, nous met face à un constat... peu de vent sur notre
route. L'élément rassurant, se profilant à l'horizon, c'est qu'aucune autre dépression n'est annoncée... Ouf !!...
Depuis le passage de cette deuxième dépression, perturbatrice, au point que le soleil n'est pas réapparu, le paysage hésite entre le gris métallisé, le vert tirant sur le noir, le noir
en fusion !!... L'ensemble dégage une impression d'abandon total, de morosité absolue...
Parmi les péripéties survenues à bord, plusieurs frissons et véritables angoisses.
Notre deuxième vache à eau (rappelons que la première a éclaté au début de la traversée) fuit abondamment. Pour finir, notre périple, il reste dans les soutes 24 bouteilles d'eau de source.
Ca devrait suffire...
Le pain et la viande sous vide ne restent plus que de bons souvenirs.
Nous allons donc goûter aux charmes de la nourriture en conserve au moins jusqu'à samedi prochain.
Nous avons bien vécu, malgré tout, car nous avions prévu en quantité suffisante.Mais, de nouvelles aventures malencontreuses ont créé un climat de véritable angoisse.
Vers 23 H, la nuit dernière, alors que Jean-Marie effectuait son quart, un choc sourd, mou, percute violemment le bateau, qui se couche sur le flanc, sous l'impact.
Nous avons tout de suite vu qu'il s'agissait d'une baleine. Cette immense créature devait dormir entre deux eaux, et n'a pas détecté notre présence...
Immédiatement, nous avons pensé à un trou, une voie d'eau... Le safran brisé, arraché, réduits en morceaux...!!
Après un tour d'horizon attentif et de nombreuses vérifications, nous sommes rassurés et louons la solidité de ce vaillant Gladiateur... Aucun dommage préjudiciable n'est constaté.
La même nuit, plus tard, alors que je veille sur le pont, vers 2 H du matin... Une vague énorme, puissante submerge le bateau avec une violence inouïe. Blue Wave se couche de nouveau sur le
flanc...
Je suis projeté contre un des cagnards, dans ce terrible coup de gîte... Heureusement que j'étais attaché... Mais, mon gilet gonflable automatique s'est déclenché sous ce déluge d'eau
qui s'est abattu sur moi tel un torrent glacial... je me suis retrouvé comprimé au point que j'avais l'impression d'étouffer...
Face à ce genre de situation, on a vraiment hâte d'arriver...
La fatigue pèse sur nos épaules. Nous dormons, par petites tranches de deux, trois heures durant la journée... Effectuons des quarts de quatre heures, la nuit... dont on a l'impression
qu'ils s'éternisent... dans une attente monotone... Monochrome, à l'identique de la couleur de l'océan...
Nous savons déjà, qu'avant d'entreprendre la fin de notre périple... des travaux, réfections, remises en état seront à l'ordre du jour, sous le soleil d'Horta...
En attendant, de fouler le sol du pied, nous filons... bousculés par les lames... entraînés par les flots chaotiques...
Les 11, 12, 13 Mai 2008,
Position à 20H UTC : 34.56 N ; 39.54 O. Cap 70
Après les péripéties survenues récemment, nous n'avons pas eu le temps de souffler car la deuxième dépression nous a rattrapés, traînant après elle, tout un cortège de gros nuages menaçants,
crachant sur le bateau une bruine hostile et persistante. Le vent souffle de Sud-Sud-Ouest, entre 25 et 30 noeuds, soulevant une mer tourmentée, creuse, cruelle.
Nous escaladons les lames sans faillir, les unes après les autres.
La voilure est adaptée pour faire face à ce nouvel affront venu du ciel.
Il est prévu qu'il vire Ouest, dés demain matin, (le 13 mai).
Nous risquons de nous trouver confrontés à une baisse de vent dans les heures qui viennent. Cela veut-il dire que nous serons dans l'obligation de mettre le moteur ? Pour l'instant, il est
difficile de se prononcer.
Nous nous situons dans un couloir avec d'un côté, à notre tribord, les hautes pressions des Açores, et de l'autre côté, à notre babord, les dépressions qui se suivent et se poursuivent
inlassablement.
La météo est surveillée heure par heure afin que nous puissions suivre une trajectoire nous permettant de rester dans ce fameux couloir, mais à la lisière, à la limite des dépressions.
Nous poursuivons à belle allure, et faisons route directe sur l'île de Faial, plus précisément, vers le port tant attendue, d'Horta.
Les vagues cinglent l'étrave. Nous ne sommes plus qu'à 584 milles de l'arrivée.
Hier, (le 11 mai), la journée fut absolument magnifique et restera marquée dans les annales des beaux souvenirs de navigation. Nous avons carburé de 6 H le matin à minuit à 7 noeuds de
moyenne. En observant le compteur à minuit, nous constatons que nous avons parcouru une distance de 150 milles. Si nous maintenons ce rythme, nous devrions de nouveau inscrire 150
milles dans notre journal de bord des Records, et ceci dans les prochaines heures.
Nous pensons atteindre Horta, vendredi en fin de soirée.
Mon co-équipier, à force de se cogner en réalisant les manoeuvres, est couvert de bleus. Le Cap'tain n'est guère en meilleure forme, puisque le mal au dos reste constant, les
cervicales, endolories, tirent dans la nuque...
Le matériel souffre dans les ruades océaniques. Une porte de séparation entre le carré et la cabine avant est sortie de son axe, et s'est cassée.
Les bruits se répercutent en écho, et sont comme amplifiés. On entend le matériel gémir, grincer, couiner.
L'humidité imprègne tout le bateau, les cristaux de sel scintillent au moindre rayon de soleil et s'accrochent sur toutes les parcelle de notre petit univers.
Lady Jo. poursuit son chemin derrière nous, sur une route située légèrement plus au Sud.
Les 8, 9, 10 Mai 2008,
Position à 18 H UTC : 32.56.581 N ; 45.29.065 W
La navigation, ces derniers jours, reste difficile, laborieuse. Comme prévu, nous avons essuyé la fameuse dépression, annoncée par les bulletins météo. Nous avons subi, de plein
fouet,
ces assauts répétés de
5 H du matin à 15 H l'après-midi (le 8 mai). Celle-ci que nous avions estimée sinon inconséquente, du moins juste un peu échevelée, s'est révélée plus sauvage que prévu.
Elle a croisé notre route et fondu sur nous de manière impitoyable.
Jacky, à bord de son Lady Jo. nous avait fait parvenir un mail quelques heures avant, en nous prévenant, de nous méfier et de tout préparer à bord en prévision de cette offensive, en utilisant
les termes suivants : "ça va barder ; la guerre va éclater". Voilà... Nous savions à quoi nous en tenir !!... Et l'attendions avec un pincement au coeur !
Nous avons pris, in extremis, trois ris dans la Grand Voile, installé la trinquette sur l'avant du bateau.
Le ciel s'est couvert de gros cumulus noirs, oppressants. Le temps change complètement de tournure.
La dépression ne se fait pas attendre. Des rafales à 40 à 45 noeuds prennent Blue Wave d'assaut. La pluie se déchaîne sur le pont, s'emmêle avec les
embruns dans des tourmentes de vent.
Au coeur de la dépression, impressionnés par la violence des éléments et pour restaurer une certaine stabilité à bord, nous finissons par affaler la Grand Voile afin de poursuivre
notre route sous trinquette seule.
Vers 14 H, nous virons plein nord, avec la ferme intention de nous éloigner de ces bourrasques coléreuses, de cette furie ambiante et surtout épuisante, éprouvante...
La mer reste forte, le pilote automatique ne résiste pas à ce traîtement, il ne tient plus la cadence. Nous nous attelons donc au régime de quart et quart et barrons alternativement.
Précisons qu'il est quasiment impossible de trouver le sommeil au milieu de ce paysage irascible...Et, surtout, de s'alimenter correctement. Nous prenons du stilnox, pour pouvoir
plonger dans de petites plages de sommeil réparatrices. Léger somnifère possédant la vertu de nous assommer pour quelques heures et de pouvoir résister ensuite le temps du quart sur le
pont...
Nous avons retrouvé plus loin, un espace épargné par les intempéries. Nous sortons de cette épreuve, vidés, exténués... Perclus de courbatures multiples. Comme assommés
de fatigue...
Beaucoup de dépressions se suivent sur la route maritime que nous empruntons, pour ce retour. D'où la nécessité de se tenir informés de l'évolution de la météo, à intervalles réguliers. Nous
interceptons les bulletins au moins deux fois par jour.
Le vent s'étant calmé, nous récupérons doucement. Le soleil, ce matin, fait une timide apparition, réchauffant nos muscles endoloris.
Nous avons adopté un rythme de quart de
4 H environ. Jean-Marie reste à pied d'oeuvre de 20 H à minuit. Ensuite, c'est moi qui prends la relève jusqu'à 4 H du matin. Puis, je dors jusqu'à 6 H. Programme commun de petit déjeuner et on
essaie d'adopter un rythme de 2 H au fur et à mesure du déroulement de la journée...
Belle progression et performance en vitesse. Les milles s'additionnent les uns aux autres. Actuellement, nous nous maintenons à 6 noeuds de moyenne. Et faisons route directement sur Horta en
suivant le Cap 50 °. Il reste 886 milles à parcourir. Une arrivée probable, vendredi ou samedi prochain, sur la terre ferme !!
En attendant de poser pied sur terre, nous ferraillons plein vent arrière. Position inconfortable, harassante !!
L'impression d'être seuls au monde, perdus au milieu de nulle part... Sur notre route, nous ne croisons aucun bateau, il n'y a pas âme qui vive depuis plusieurs jours. Lady
Jo. progresse derrière nous, il se situe à environ 120 Kms. Il suit la même route que la nôtre. Tout va bien à bord.
Demain, le 11 mai, une nouvelle dépression sévit au détour du chemin. Nous allons la croiser. Selon, nos estimations, elle serait moins virulente que la précédente... Un certain
scepticisme, malgré tout... Il n'y a plus que quelques heures à attendre avant de la rencontrer. Ensuite, "normalement" le beau temps nous accompagnera jusqu'à Horta.
L'arrivée sera la bienvenue, attendue, espérée pour récupérer ces esprits...Et trouver, enfin, le repos... Après ces nombreuses agitations, turbulences en continu !!
La mer est tellement agitée que le bruit autour de nous paraît effrayant. Les vagues cognent et culbutent en permanence sur la coque et le pont. Nous allons reprendre des ris dans la
Grand-Voile pour cette nuit... Essayer de trouver le sommeil... Pour l'instant, nous sommes accompagnés par un soleil pimpant, revigorant... Il faut se couvrir la nuit de chaudes polaires... Le
contraste est vraiment saisissant avec la chaleur que nous avons connue aux Antilles...
Les 6, 7 Mai 2008,
Position à 19H10 UTC : 28.44.339 N ; 10.151 W
Depuis 5 heures ce matin, nous avançons au rythme d'un tempo soutenu, toutes voiles dehors, poussés par un vent de Sud, dans une mer chaotique. Contrairement à la journée
précédente (le 6) où nous avons dû organiser en permanence une alternance moteur, voiles.... Voiles, moteur...Monotone et répétitive...
Nous patientons et attendons la dépression annoncée. Elle devrait arriver en fin de matinée, demain (le 8), souffler autour de 25 à 30 noeuds, selon les informations communiquées par un voilier,
rencontré sur la zone, et s'affaiblir ensuite dans la soirée.
C'est imminent, nous allons dépasser les 30° de latitude dés demain. Une fois ce cap franchi, nous serons en ligne directe vers les Açores et bénéficierons pour poursuivre notre parcours, d'un
vent portant, soufflant de Ouest-Nord-Ouest, à 20, 25 noeuds. Les milles vont s'accélérer au compteur... Nous prévoyons des avancées de 150 milles par jour, minimum...
Depuis notre départ, nous avons réalisé 976 milles, il reste environ 1265 milles avant d'atteindre notre but. (Faites vos calculs !)... Nous sommes à peine à mi-parcours.
Nous surveillons de près les communications Iridium.
Nous l'utilisons beaucoup, afin de recevoir les différents bulletins météo, et assurer la vacation avec l'équipage de Lady Jo. Ceux-ci font route plus au nord.
Peut-être, des changements en perspective, pour réceptionner la météo. Le mousse terrien, a rencontré, le directeur de la Transat La Rochelle-Québec. A l'issue d'une discussion au sujet des
conditions de navigation du retour, ce dernier se propose de faire parvenir directement les bulletins sur Blue-Wave. Proposition vraiment opportune. Ce mode de fonctionnement permettra
de réaliser des économies d'unités sur l'Iridium et garantira parallèlement la réception de bulletins fiables.
Actuellement, nous sommes trois voiliers à bourlinguer sur la zone. Tous sont partis de l'île de Saint-martin, à des dates plus ou moins identiques et rejoignent la métropole. Discussions
sur VHF.
Ce matin, spectacle insolite, plusieurs souffles de baleines, autour du bateau. Des ombres louvoient. Une mer, agitée, de soubresauts... Mais, nous ne pouvons prendre de photos, nous
sommes encore trop loin !!
Le bateau poursuit sa sarabande infernale. Il bouge, roule, tangue, se balance violemment au milieu des lames...
Au milieu de ces mouvements de balancier permament, nous organisons notre progression en peaufinant les manoeuvres. Nous allons prendre un deuxième ris dans la Grand-Voile,
installé un foc de route, avant d'affronter l'obscurité de la nuit qui commence à tomber.
Les 1er, 2, 3, 4, 5 mai 2008,
Position le 5 mai à 20H20 UTC : 26.44.565 N ; 54.55.409 W
Eh, bien oui, cette fois-ci, c'est parti pour de bon... Le grand air, les embruns s'envolant en saccades autour de la coque, le prés serré, avec la toile tendue à fond.
L'étrave fend la vague et rebondit en craquant. Depuis le 2 mai, un bon vent soufflant de Nord-Est à 15, 20 noeuds optimise notre progression. Au matin, il s'oriente au nord. Le bateau face
au flot crapahute, vent dans le nez. Rebondissant en permanence, secoué, malmené... Une des vaches à eau (bâbord) explose dans un choc. Les 150 litres, en stock, prévus pour le voyage se
répandent dans le puisard et sous les planchers. Une certaine frayeur, au départ !! En effet, quand on voit une eau suspecte affleurer au niveau des planchers... Une seule pensée
jaillit.... Ca y est, une voie d'eau dans la coque... Après avoir goûté à celle-ci et vérifié qu'elle n'est pas salée, nous effectuons un tour d'inspection
minutieux, constatons rapidement d'où vient le problème. Ennuyeux, certes, mais loin d'être catastrophique... Pour ce qui est des réserves d'eau douce, les équipets sont
chargées en eau de source et nous avons de quoi tenir jusqu'aux Açores !!
D'autre part, il reste l'autre vache tribord. Nous devons toutefois modérer notre consommation.
Un frisson rétrospectif quand même, quand nous avons découvert que l'eau montait sans savoir d'où elle venait...!!
Le vent reste instable, change de direction. Ce retour ne ressemble en rien à ce que nous avons connu à l'aller, vers le Brésil. Depuis notre départ, nous avons beaucoup
fonctionné au moteur. Avec Lady Jo., nous commencions à nous poser des questions et étions inquiet à la perspective de puiser trop largement dans nos réserves de gasoil respectives.
Depuis, ce constat, le vent s'est de nouveau levé. La mer, trés agitée, rend notre allure inconfortable. Quelques cargos croisent notre route. D'où la nécessité de maintenir sa
vigilance, nuit et jour... L'activ'echo remplit son rôle et fonctionne parfaitement, d'autant mieux, depuis que nous l'avons rehaussé au niveau du balcon arrière. Nous comptons surtout sur lui,
depuis que le radar donne de sérieux signes de faiblesse. Encore un poste technique qu'il faudra faire réviser en revenant au port d'attache. Là-bas, vers la lointaine... La
Rochelle....
Au milieu de cette alternance, de calme intermittent, d'océan pertubé, nous nous organisons de petits gueuletons. Nos repas restent équilibrés. L'ambiance animée...
Le vent s'éloigne de nouveau... Le bateau se retrouve encalminé, une fois de plus, au milieu d'un immense désert liquide. Personne !! Pas âme qui vive... Minuscule
entité, balancée, ballotée par une houle paresseuse, Blue Wave, roule doucement. Nous faisons le plein de gasoil pour la deuxième fois depuis le départ et remettons le moteur.
Nous consultons les fichiers Grib sur l'Iridium. Nous devrions raccrocher du souffle vers le 8, 9 mai. Une dépression annoncée va pousser le bateau, dans la bonne direction, et va ainsi,
permettre de se rapprocher de l'archipel des Açores.
L'éloignement des Antilles se fait sentir. Dans la journée, le soleil réchauffe l'atmosphère. La chaleur reste agréable. A l'opposé, les nuits, vraiment fraîches, obligent à se
couvrir. Nous enfilons, polaires, vestes de quart.
Nous avons déjà parcouru une distance d'environ 675 milles depuis notre envolée de l'île de Saint-Martin. Il reste 1400 milles à courir devant l'étrave avant d'atteindre cet autre
archipel, perdu au milieu de l'océan.
Un rythme de quart s'organise progressivement.
Tiens, le vent va passer au Sud-Est au moment où la nuit tombe. Faible, certes... mais bien présent...
Peut-être, allons-nous installer les voiles... Et surtout, éteindre ce satané moteur dont les soubresauts et les fracas martèlent les tympans et empêchent de trouver un repos
complet...
Le 30 avril 2008,
Position : 20.19 Nord ; 62.05 Ouest
Le départ, après un aparté au moteur, pour débuter... se négocie, dorénavant, au près serré. Nous avançons, poussés, par un vent de 15 à 18 noeuds, face à des vagues récalcitrantes.
Première nuit sans sommeil !! Ajoutons, que le bateau tape violemment sur les lames. Arriver à s'assoupir au milieu des trépidations, du bruit incessant devient
impossible... Nous restons, tous les deux, à pied d'oeuvre sur le pont. Nous n'avons pas encore trouvé notre rythme. Eh, oui. Il faut s'amariner de nouveau.
Depuis, ce premier matin, tout neuf, découvert au large...les vagues se sont calmées .
Le temps montre un visage plus serein. Nous profiterons de cette rémission, dans la journée, pour se délasser alternativement, et basculer dans le confort d'une sieste
réparatrice... indispensable.
Nous présumons déjà qu'il faudra faire du moteur cette prochaine nuit qui s'annonce et certainement demain. Pas ou trés peu de vent sur la zone que nous nous apprêtons à franchir. Lady Jo.
navigue derrière nous, une distance d'environ 18 miles nous sépare. Nous communiquons nos positions respectives, par VHF, 3 à 4 fois par jour.
Actuellement, nous marchons selon un cap de 20 degré. Allure performante et tout à fait honorable. Pourvu que ça dure !!!
Hier, une légère mésaventure. Nous avons fait l'erreur d'oublier de fermer le hublot du carré. Ce qui devait arriver, arriva... Une vague intempestive s'est invitée à bord ! Elle a
copieusement arrosée, l'une des deux couchettes, du carré... Que nous retrouvons trempée, salée... La mer tient à nous rappeler, par la même occasion, à une roborative humidité. Ce
matin, dés les premiers rayons du soleil, nous avons sorti le matériel pour le faire sécher... Vent et chaleur devraient nous aider à réparer les dégâts...
Les poissons volants planent sur l'eau dans des reflets d'argent, peu de visites d'habitants marins pour l'instant...
Une longue route à tracer... encore... devant nous...
Les 27, 28, 29 avril 2008,
Tout est près pour affronter la traversée... La cambuse, pleine à ras bord... Nous venons juste de terminer les achats de frais : légumes ; fruits ; viande, achetée sous vide, chez le
boucher du coin ; pain cuit exprès pour l'occasion chez le boulanger, en face du mouillage.
Derniers adieux, fin des conversations.... Larmes au coin de l'oeil... Une certaine nostalgie va nous accompagner durant ces premiers milles...
Nous laissons, derrière nous, ces belles et luxuriantes îles des Antilles dont le souvenir restera inscrit profondément dans nos mémoires...
Lady Jo. largue ses amarres en même temps que nous... D'autres navires prennent le large... Nous ne serons pas seuls en mer.... Même si nous nous perdons de vue, rapidement...
A 11 H, nous doublons la pointe de l'île de Saint-Martin.
La Grand-voile est hissée, le moteur ronfle gaillardement...
Mer, d'un bleu intense... Soleil, complice, au zénith... Quelques nuages inoffensifs...
Entre l'île d'Anguilla et l'île de Saint-Martin, c'est un vent d'Est-Sud-Est, de 15 noeuds environ, que nous amorçons au près serré.
Selon nos pronostics, nous devrions rencontrer, essentiellement sur ce début de parcours, des vents d'Est-Nord-Est, faibles pour commencer... Le moteur sera réquisitionné pour nous
pousser plus avant sur notre trajectoire... Nous prévoyons de remonter au 30ème degré sous les Bermudes... Position nous permettant ensuite d'attraper des vents d'Ouest-Nord-Ouest, pour nous
guider ensuite vers l'archipel des Açores... En effet, pour revenir des Antilles, une constante, il faut aller chercher le vent beaucoup plus au nord.
Ca n'est plus la balade pleine d'aisance, poussée par un vent complice d'alizés...
Nous retroussons nos manches de marins et nous lançons dans l'aventure de cette longue Traversée... Vers le retour...
Les 21, 22, 23, 24, 25, 26 avril 2008
C'est lundi en début de soirée, que Blue Wave arrive, plus sale que jamais, s'installer sur le ponton du chantier. Afin d'y être grutté dés le lendemain à la première heure. Un
nettoyage en règle s'impose...
Une manoeuvre laborieuse, en raison du courant vigoureux, nous poussant et nous bousculant sur l'arrière.
Les copains marins, également en instance de départ, nous rejoignent pour un dîner animé. Jean-Marie, mon co-équipier s'accoutume progressivement aux ardeurs du soleil Saint-Martinois... dans la
douleur !!...
Les coups de soleil se suivent et sont tous plus cuisants les uns que les autres !! Une pommade miraculeuse, portant le doux nom de biafine, est appliquée tous les soirs, sur les
épaules et le dos meurtris du malheureux second, par la main apaisante et réconfortante du capitaine...
Cette première journée de carénage qui vient de se dérouler fut particulièrement éprouvante. La chaleur, plus intense d'heure en heure, pèse comme un couvercle. Le vent d'alizé jusqu'ici
omniprésent, est inscrit depuis plusieurs jours, aux abonnés absents.
Engoncés dans nos combinaisons blanches, tels des spationautes, posant les pieds sur une terre brûlante, nous observons Blue Wave évoluer dans les airs, maintenus par les sangles d'une grue
géante, le transportant sur sa future zone de transformation.
Un employé du chantier lave le bateau au karscher. Nous peaufinons le travail en grattant et rabotant les nombreux coquillages restant agglutinés, amassés sous la coque. Un
ponçage en règle des aspérités donnent déjà meilleure allure à l'ensemble.
Un des ouvriers du chantier trace, à notre demande, une démarcation bien nette, afin de remonter la ligne de flottaison... Le bateau étant chargé, cette précaution semble nécessaire...
Quelques pauses indispensables, ponctuent nos manoeuvres. Les équipages amis viennent se faire offrir un café ou simplement discuter, prendre des nouvelles, prodiguer des encouragements...
Ca donne du coeur à l'ouvrage...
Ca y est, la première couche d'antifouling vient d'être étalée, d'une main de maître.
Après cette première journée dans la poussière, la touffeur d'un air moite, nous nous écroulons sans avoir la force de prolonger la soirée...
Les 17, 18, 19, 20 avril 2008,
Les jours sont maintenant comptés sur le calendrier. Décidément, ça va trop vite... Bientôt, il faudra quitter ce chapelet d'îles colorées... Cette terre insolite, partagée entre deux
nations, la France et les Pays-Bas, appelée également "Friendly Island"...
Nous allons chercher, le futur co-équipier de Joël à l'aéroport "Princess Juliana".
Dernières visites, promenades, achats... Soirées amicales, autour de verres de rhum arrangé... Ultimes carresses du vent chaud, sur la peau... Des regrets et nostalgies s'inscrivent en creux...au
fond de la mémoire...
Avant de partir, peut-être aurons-nous l'occasion d'aller assister à une fête du Carnaval !
Ces festivités symbolisent l'âme de la Caraïbe. Il s'agit de la fête la plus populaire à Saint-Martin. Elles se déroulent sur une semaine à Marigot et Grand case, débutant en février, le
jour du Carême... Et se prolongent un mois entier, en avril, à Sint-Maarteen. Un spectacle clotûre la saison avec le défilé des Grandes Parades. Les rues de Philisburg se remplissent de
paillettes, de plumes géantes multicolores...
Cet évènement rivalise avec celui d'Antigua et de Trinidad.
La participation de toutes les communautés des populations insulaires enrichit ce déploiement de danses, de démonstrations débordantes.
Attirés par la perspective d'un spectacle précédant le défilé, nous filons tous à Philipsburg en bus... Mais, nous n'aurons pas l'occasion d'assister aux préparatifs et répétitions
dans la rue... Un groupe de danseurs de Capoiera affine leur chorégraphie sur une place. Les terrasses débordantes, déversent des flots de musique... Une halte conviviale... Avant de repartir sur
Marigot pour d'autres réjouissances...
Le 19, le zinc du mousse fend le ciel de son museau effilé. Retour chagrin vers la métropole.
Les deux co-équipiers s'entendent comme larrons en foire. Une association active se met en place. Il y a fort à faire. Préparer le carénage, le rendez-vous est pris au chantier depuis déjà
longtemps. Le matériel en attente.